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GLOSSAIRE
DE LA
LANGUE ROMANE
TOME PREMIER.
Les deux éxeûiplaîres prescrits p^ la loi ont été déposés à la Bibliothèque Impériale.*
On a tiré de cet Ouvrage des exemplaires sur papier fin, et 18 seulement sur papier yélin.
Lé Relieur placera la planche gravée en lettres, tn r^ava de la page XX du Discours préluninaire.
GLOSSAIRE
DE LA
LANGUE ROMANE,
Rédké d'après les Manuscrits de la Bibliothèque Impériale, et d'après ce qui a été imprimé de plus complet eu ce genre ;
Qmtenant l'étymologie et la dgnification des mots usités dans les xi, XII, xin, xrv, xv et xn® siècles, avec de nombreux exemples puisés dans les mêmes sources ; et précédé d'un Discours sur l'origine, les progrès et les rariations de la Langue françoise.
Oarrage utile à ceux qui Tondront consulter ou connoitre les Écrits des
premiers Auteurs françois.
DÉDIÉ A SA MAJESTÉ JOSEPH NAPOLÉON,
aOI DE NAPLES ET DE SICILE.
Par J. B. B. ROQUEFORT.
TOME PREMIER.
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A PARIS,
Chez B. "Warêb oncle, Libraire, quai des Augustins, n* i3.
DE L'IMPRIMERIE DE CRAP^ELET.
M DCCC vni.
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•A SA MAJESTE
JOSEPH NAPOLEON,
ROI DE NAPLES ET DE SICILE.
K 1
• r
Sire,
Le -plus beau titre où je pusse prétendre, en entrant dans Ut carrière des Lettres, étoit d^ obtenir de J^otrb MjiJBSTÈ y que 1^ Ouvrage que f ai Vhonneurde luipré^ senter parût sous ses auspices.
Consacré spécialement à faciliter la lecture et V étude des nombreux Écrits des xi, xii, xiii, xir et xr^ siè^ clea, ce irupail appartient, en quelque sorte, à tous
ceux que leur goût entraîne vers notre LilLérature aru^ienne.
Vous avez daigné y Sirb , en agréer r hommage y et le nom illustre de Fotre M^J^BSTÉ , pUwé en tête y prouvera au Monde savant y qu^au milieu des soins de vos États y les Lettres VLont rien perdu de la protection que vous leur avez toujours accordée.
Je suis avec un profond respect y
SiREy
JDS Votre Majesté y
Le très-immblfi c$ três-obéUsant serviteur ,
J. JB. B. Moque FORT.
PREFACE.
±jE désir de connoître l'histoîre de inon pays, el so^ ançienQ/9 littérature , m'a eugagé dès lua jeunesse à faire une élude toute particulière de la langue françoise, dont j*ai dû suivre )e$ Tariations et les progrès depuis son origine ^ ou plutôt depuis le x^ siècle , époque à laquelle nos nionuxuens historiques çt littéraires commencent à devenir plus npmbi'eu:! el plus cer- tains , jusqu'au règne dé François i*^*^, qui mérita le glprieu^ surnom de Père des Lettres ; mais , dès les premiers pas ,, j'^i été arrêté par TinsufEsance des Dictionnaires du Vieux Langage, et y aï senti la nécessité de former un Glossaire plus CQmp|ç(, qm put me faciliter l'intelligence de nos ancieniiçs' çhropiquef et de nos premiers écrivains.
Entraîné par le but que je me proposois , dans de^ rccber- ches longues et pénibles , j'ai pensé qu'un ouvrage , entrepris d'abord pour nxoi seul, pouvoit être utile à ceux qui suivroieut la même route ; et quoique les compilations exigeât beaucoup de patience et de courage , et rapportent peu de gloirç , quoi- que notre siècle peut-être les ait trop déprimées, je n'ai pas cm qu'il m'appartînt de dédaigner une carrière qu'oui bpuoréç les Ramus , les Etienne , les Ménage , les Pucange , et tant d'autres qui se sont dévoués à des travaux du même genre.
Parmi les auteurs qui m'ont précédé , je dois citer Pierre Borel, médecin, Laconibe, et Dom Jçan Fraqçois, religieux de la Congrégation de S. Maur. Lç premi-er éloit à peine âgé de trente-cinq ans lorsqu'il publia , en i655 , le Trésor des Antiquités Françoises; et s'il faut l'en crçire, il avoit (Jéjà composé un très-grand nombre d'ouvrages. Laconibe fît pa<^ roître , en 1 766 , un Dictionnaire du Vieux Langage , extrait de ceux de Trévoux , de Le Roux , des Glossoircç placés à 1^ fin de rOrdene de Chevalerie , de Joînville , et des Chansons du Roi de Navarre. Peu de temps ^près Je même ^gieqr donqa un supplément à cet ouvrage, tiré de D. Carneniier el du Diç^ tionnaire Languedocien de l'Abbé des Saiivagcs. Enfîq , D, Jean François donna au public, en 17771 un vol. iu-^^^ sous le
iY PRÉFACE.
titre de Dictionnaire Roman, Walon, Tudesque, qu'il tîra de Boret et de TEssai «ur le Patois Lorrain , par Oberlin. Plus instruit que le précèdent, cet auteur s*est attaché à faire con- npf tre , dans son ouvrage , quantité de coutumes et d'usages anciens, curieux, et particuliers au Duché de Lorraine et aux Pays-Bas. Le Trésor des Antiquités françoises offre les imper- fections qu'on devoit nécessairement attendre d'un premier essai, et une foule de mots essentiels y sont omis. Le Diction- naire de Lacombe , quoique postérieur , donne lieu à des l-eproches très -graves; et indépendamment de beaucoup de mots , ou mal lus , ou pris dans de mauvais manuscrits , qu'on y rencontre presque à chaque page , la plupart des citations en sont à peine reconnoissables. L'ouvrage de D. Jean François est , sous beaucoup de rapports , tros-estimable ; mais le but particulier qu'il s'est proposé l'a sans doute empêché de donner a son Glossaire tous les développemens qu'il auroit exigés , pour devenir d'une utilité générale.
Pour ne pas tomber dans les mêines fautes que mes devan- ciers , il falloit me livrer entièrement à la lecture des ouvrages manuscrits des écrivains et des poètes françois de tous les âges , puisque c'étoit le seiil moyen de connoître la véritable accep- tion des mots qu'ils ont employés , et d'en donner une expli- cation satisfaisante. Ce travail fastidieux devint donc mon étude conthiuelle; mais plus j'avançai, plus j'apperçus com- bien j'avois de difficultés à vaincre. Cependant l'assurance que me donnèrent plusieurs savans de l'utilité de mon travail , et la promesse qu'ils me firent de m'aider de leurs conseils , m'ins- pirèrent un nouveau courage , et m'engagèrent à terminer ce Glossaire, que j'avois entrepris depuis long- temps.
Barbazan , qui avoit passé une partie de sa vie à étudier la langue des anciens François dans les Manuscrits, avoit fait un Glossaire dont l'impression fut proposée au public dans un avis en tête de VOrdene de Chevalerie; mais instruit que M. de Sainte-Palaye alloit en faire paroitre un lui-même , il retira son Manuscrit des mains du libraire. On n imprima qu'une partie du premier yoluine de l'ouvrage. de M. de Sainte-Palaye, la Révolution eu ayant arrêté les travaux. Feu M. Mouchet, qui en étoit tm des collaborateurs^ a bien voulu m'éclairer de ses
PRÉFACE. T
conseOs : c'est un hommage que je me fais ici un devoir de rendre à la mémoire de ce savant et laborieux écrivain.
Si quelquefois j'ai jugé à propos de m'étendrc sur difierens mots qui ont entièrement changé de significations, si avec le secours de Tétymologie j'ai rapproché de leur origine quel- ques-uns. de ceux que l'usage en a le plus éloignés , c'est que j'ai toujours pensé que , comme l'enseiguc Platon , la connois» sance des mots conduit à celle des choses. Le célèbre acadé-> micien Falconet ne croit pas que y sans Tétymologie , on puisse arriver à la parfaite connoissance d'une langue. « L'art éty- » mologique , dit-il y est celui de débrouiller ce qui déguise » les mots , de les dépouiller de ce qui , pour ainsi dire y leur » est étranger 9 et par ce moyen , les ramener à la simplicité n qii*ik ont tous daus l'origine » • J'ai aussi cherché à aécou- vrir la signification d'anciens noms propres y d'en indiquer les diverses variantes orthographiques , d'en suivre , pour ainsi dire y la généalogie ^ et d'en marquer la descendance ; et j'ai tâché de rapprocher les difierens idiomes y patois et jargons de DOS provinces , en remontant à leurs mots primitifs.
Elnfin si je me suis prononcé ouV^ertement contre la pré- tendae langue celtique et le sentiment de tous les Bas-Bretons, c'est que la raison et l'histoire se refusent également à croire que ce soit du jargon de Quimpercorentin que toutes les lan- gues tirent leur origine; ce système faux et bizarre, qu'on a tenté de ressusciter de nos jours y péchera toujours par ses fondemens. Les amateurs de cette chimère disent que cette prétendue langue se retrouve dans la Bretagne et dans la prin- cipauté de Galles. Ignorent-ils donc les révolutions qu'ont éprouvées ces deux pays? ignorent-ils que leurs anciens habi- tans n'ont jamais rien écrit, et qu'il est probable qu'ils ne connurent les caractères de l'écriture, qu'après que les Romains eurent conquis leur patrie, et y eurent propagé la langue laiine ; et qu'elle fut la seule en usage , tant pour le culte et les chartes , que pour les autres écrits? Ne savenirils donc pas que la Bre- tagne, après avoir été l'asyle des Gaulois fuyant les Romains, non-seulement celui de ces vainqueurs, lorsqu'à leur tour furent diassés par les Barbares ; mais encore que plusieurs
peuples s'en emparèrent ; que le latin y fut en usage , et que
3
▼j PREFACE.
SOUS la dominallon des ÀDglois ils furent obligea de parler le Roman? Ne lit-on pas même que les Eooles bretonnes se dis- tinguèrent, particulièrement dans les xi et xii^ siècles^ et que c'est dans leur sein que se formèrent tant d'illustres élèves ? on y remarque sur-lout , Roscelin ; le docle Pierre Abelard ; Gualon, èvéque de S. Paul de Léon; Geoffroi, archeYeque de Kouen , dont Ordric Vital disoit , eloquentia et eruditione poU* lens ; Gilbert , qui devint évéque de Londres , et qui fut sur- nommé V Universel, à cause de Tétendue de ses connoissances ; Gui^ évéque du Mans; Adam de Saint Victor; Joscius, évéque de Saint-Brieux; Etienne dé Fougères, évéque de Rennes; Robert d'Arbriscelle , fondateur de Fonievraud ; Olivier, pro- fesseur qui enseigna publiquement à Paris en i r43 ; Bernard, évéque de Quiniper, et son frère Tbierri; en6n aux savans qui ont bonoré la Bretagne^ j'ajouterai qu'au xii® siècle TElglise Compta , parmi ^% cardinaux , Yves de S. Victor, Bernard de Rennes, Melior^ et Rolland , doyen de la catbédrale d'Avran- cbes, tous quatre Bretons.
Voilà une assez belle porliott de gloire pour la Bretagne, sans qu'on cberche encore à râugmeuler par une supposition dénuée de fondement; car, je le répèle, on n'a pas un seul monument breton à citer, pas une inscription , pas un titre , pas un ma<» nuscrit; rien enfin qui constate l'identité du jargon breton avec la langue des Celtes , puisque la pièce la plus ancienne en leur langue est un monument de i45o, cité par D. le Pelletier; or le lecteur avouera qu'un pareil titre est bien foible, pour ne pas dire nul , quand il s'agit d'établir l'antiquité d'une langue qu'on prétend être mère de toutes les autres. Parlerai-j« des écrivains qui ont fait venir dans les Gaules , Gomer, fils de Japhet? Mais si quelques savans présument que ses descen- dans ont peuplé l'Europe , il ne s'ensuit pas que Gomer soit venu lui-même en cette contrée. Une opinion aussi singu*- Uère , pour ne pas dire aussi ridicule , doit être mise à côté de celle de Partheuius , qui fait Hercule père des Gaulois , ou de celle de D. Pezron, qui les fait descendre de Dis, frère de Jupiter, fils d'un Urane, Roi des Titans. Au reste, la connoix" sance du bas-breton a procuré les résultats les plus curieux ; elle nous a appris que le nom propre Louis signifioit la gloire de
PRÉFACE. Tij
Tauge ou du baquet ; que Lanjuinais youlolt dire, jeune homme^ poutre ou aolWeau de son pajs ; Lutèce, Ftle aux corbeaux ; Lyon , Im ville aux corbeaux , ainsi que beaucoup d'autres signi* fications vagues aussi bien réfléchies que celles que je viens de rapporter. Enfin elle nous a enseigné qu'on ne pouvoit apprendre les langues , tant anciennes que modernes , sans le secours du jargon de la Basse-Bretagne : Risum teneatis, amici.
Le preujier auteur du sjstéme celte , et celui qui le réduisit en doctrine y est D. Peuron, ne à Hennebon , homme très-savant d'ailleurs , mais doué d'une imagination ardente , et à qui l'amour de la patrie tourna la tête* Il prit si fort à cœur cette uuifonnité de langage entre les Bas-Bretons et les anciens Gau- lois , disent les savans Editeurs de l'Histoire Littéraire de là France 9 qu'il crut devoir composer un livre pour le persuader aux autres ; « mais , continuent -ils , il y a deux puissantes n objections à faire contre son système ; la première , que » Tacite ne dit point que la langue des Gaulois et celle des n anciens Bretons fussent entièrement les mêmes, mais seule- D ment qu'elle^ n'avoient pas beaucoup de différence entr'elles. n II y avoit donc dès-lors assez de différence entre Tune et » l'autre , pour les distinguer et ne pas les confondre. Et quelle n étrange différence n'y aura pas introduite , depuis Tacite , Il l'espace de seize siècles ! L'autre objection se prend des an- n ciens mots celtiques ou gaulois que nous ont conservés les M anciens auteurs , et que nos Bas-Bretons n'entendent point. M Nous ne l'avançons qu'après en avoir fait nous-mêmes » l'épreuve. Que conclure de là? sinon qu'il seroit plus con- » forme à la vérité de dire seulement que le jargon des Bas- ji Bretons n'est tout au plus qu'un dialecte de notrç ancien » celtique. D. Pezron n'est pas mieux fondé à nous donner la J9 langue celtique pour une langue matrice , en ce qu'elle a B fourni une infinité de mois aux langues grecque , latine et j» tentonne; mais tous ces mots n'iront pas à une infinité, et j» n'égaleront pas le nopibre de ceux que le gaulois a pris lui- » même des autres langues pour s'enrichir » .
BuUet^ en 1756, composa ses Mémoires sur cette langue; il a réuni tant de significations différentes sur le même mot celtique ou prétendu tel , que Tapplication eu devient arbi*
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Tiy PRÉFACE.
traire. Il donne quelques centaines de mots pour signifier, eau, rivière , naontagne , colline , etc. et tout cela pour se donner le plaisir de fabriquer des étymologies plus mauvaises les unes que les autres. Par exemple, il explique le mot bar, par lance, aiguillon ^ mouvement d'impatience, de colère ; colline, cime d'une monta^^ne, abondance, branche ou rameau d'arbre, barre à fermer les portes, grappe de raisin , balai, maléfice, crime, tache , bateau, barque , action de manger, de couper ; les verbes faire, agir, etc. etc. Je pense que cette explication doit con- tenter tout le monde , et que BuUet en donne pour tous les goûts. A cet auteur ont succède Le Brigant et la Tour d'Au- vergne. Ces ètymologistes , trop systématiques, ont donné des interprétations forcées aux mots qu'ils ont employés , et par-là ont rendu leurs significations si arbitraires et si opposées , que souvent ils ne se sont point entendus entr'eux.
Il n'y a point de langue qui n'ait puisé quelques mots dans une autre langue. Â mesure qu'un peuple acquiert des lu- mières , ou qu'il s'occupe de nouveaux objets , le besoin de les exprimer lui fait créer aes mots jusqu'alors inconnus chez lui , ou bien les lui fait emprunter de ses voisins qui les possèdent déjà. C'est ainsi que pendant les Croisades ,- et par les relations commerciales avec l'Orient, les François prirent des Arabes les mots , assassin , magasin , amiral , foison , chiffre , besan , truchement, avanie, tambour, jarre, mosquée j et par suite, café , etc. etc. »
Mais si la langue françoise , lorsqu'elle s'est formée , fut comme toutes les langues naissantes , remarquable par cette naïveté d'expression qui se contente de peindre simplement et fortement les objets , par la propriété des termes , bientôt les arts et les sciences lui fournirent une nombreuse série de mots figurés qui y introduisirent l'abondance , avant que le luxe et la mollesse lui eussent donné de Télégànce. C'est de cette abon- dance que sont venus les composés et les figurés qui ont si souvent exercé la patience des étym^ogistes et de ceux qui ont écrit sur les langues. Peut-être auroient-ils eu moins de peine s'ils avoient consulté les écrits de nos anciens auteurs , car je pense que ce n'est que chez eux qu'on peut bien décou- vrir l'origine de certains mots. Par exemple ^ de simul se sont
PRÉFACE. ix
formés les mots , assemblage , assembl(^e , assembler ; d*hora on a fait heureux, dont les composés sont, bonheur, bienheu-^ reux , malheur, malheureux ; de quadratus sont Venus, carreau, carreler, carreleiu*; d^uhrà agere, outrager; de caput, chef, capitaine, chapeau, chaperon, capeline, chapelier, chevecier, capitation, capiteux, caporal, etc.; enfin Z^mAiV/uj^ célèbre professeur et long commentateur, a fourni- les mots , lambin et lambiner; et Pathelin ne s'est dit, dans la suite, que pour désigner un homme fin et rusé.
Je ne me flatte point d'avoir rassemblé dans ce Glossaire tous les mots de Tancien langage, je crois la chose presqu'impossible, mais au moins ai-je fait tous mes efforts ,pour qu à Taide de ce Glossaire on puisse comprendre les anciens auteurs françois. J'y aï principalement inséré les mots les plus difficiles à entendre, et ceux qu'on rencontre le plus fréquemment dans les écrivains des XI, XII, XIII, XIV et xv^ siècles. J'ose assurer qu'on y trouvera au moins vingt-cinq à trente mille articles nouveaux, de plus que dans aucun autre ouvrage du même genre. Je les ai
Eris en grande partie dans les plus anciens Manuscrits de notre tngue ; à la plupart de ces articles j'ai ajouté une ou plusieurs citations , qui attestent la justesse de la signification que je donne à chacun d'eux. Parmi ces citations ou ces exemples, on en trouvera beaucoup que j'ai tirés de S. Bernard, Mss. des Feaillans, des Dialogues de S. Grégoire , Mss. fonds de l'Eglise de Paris, A , n^ 3, et enfin des plus anciennes traductions ma- nuscrites de la Bible , soit de la Bibliothèque Impériale , soit de divers Cabinets particuliers : presque toutes celles insérées d'après ces derniers ouvrages, sont suivies du texte latin, moyen le plus sûr pour assigner à chaque mot sa véritable signification.
Enfin , pour donner à cet Ouvrage tout l'intérêt dont il est susceptible , j'ai , d'après les avis de quelques gens-de-lettres , donné l'étymologie d'un grand nombre de mots , parce que la voie la plus sûre pour parvenir à la parfaite connoissance d'une langue, est d'en rechercher l'origine dans les étymologies. J'en ai écarté celles qui sont hasardées ou douteuses, pour n'y in- sérer que celles qui m'ont paru les meilleures, ou au moins les plus vraisemblanles. Si je n'ai pas toujours réussi dans celles
X PRÉFACE.
<)ue je présente , je réclame rindulgence du lecteur, et le pré** viens que la plupart sont tirées des meilleurs auteurs qui ont écrit sur cette partie, tels que Henri Estienne , Bonamy, Borel, Tripault , Ménage , Guichart , Lancelot , de la Monnoye , le Duchat, Morin, Barbazan, etc. (J'en ai emprunté beaucoup de ce dernier.) Parmi celles qui ne sont point de ces auteurs, plusieurs m'ont été communiquées par divers savans qui m'ont fait part de leurs lumières, et m'ont en quelque sorte dirigé dans la composition de cet Ouvrage. Je ne terminerai point sans les nommer : je dois beaucoup à MM. les Conservateurs , tant aux Manuscrits qu'aux Imprimés de la Bibliothèque Impériale , qui , en m'aidant de leurs conseils , ont bien voulu faciliter les immenses recherches qu'exigeoit un aussi pénible travaiL
Plusieurs autres Littérateurs ont également droit à ma re- connoissance : M. Clavier, savant Helléniste, traducteur de la Bibliothèque d'Apollodore et de Pausanias ; MM. Haz, Lépine, Ohezi, et enfin M. Méon , très «versé dans notre ancienne littérature. Celui-ci, outre les articles qu'il m'a fournis, et qui sont insérés dans ce Glossaire, a bien voulu encore me corn- muniquer ses Manuscrits du Roman de la Rose, de ses Fabliaux et Contes, des xi, xii, xiii, xiv et xv* siècles (i). J'y ai puisé beaucoup de citations ; celles du Roman de la Rose sont indiquées par un astérique *, de même que quelques-unes des Fabliaux , les autres étant assez reconnoissables par l'indication du vers de la pièce d'où chacpie citation est tirée. C'est au zèle de ces savans , c'est à leurs complaisances multipliées que je suis redevable de nombre de notes intéressantes. Je les prie d'agréer ici l'hommage public de ma reconnoissance.
(i) Ce dernier OaTrage Tient de paroitre, en 4 yo\. in-8. , chez le même Libraife.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
XJLPRfcs le latia et le grec, là langue françoise a toujours été, et est aujourdliui, plus que jamais , la plus universelle; présenter le tableau de 8oa enfance > de ses variations ^ de ses progris, tel est le but de cet cavrage.
Ayant rinvasion des Romains dans les Gaules, la France éloit partagée en plusieurs ëlats (cipitateê)^ et ces états eu pays (/Mr^î),qui avoient chacun leurs loix et leurs coutumes particulières.
La Gaule ëtoit divisée en trois parties (i) , qui différoient essentiel* lement de moeurs, de gouvernement, de costumes et de langage (s) ; elle ëtoit bornée au septentrion par l'Océan Britannique, qui la séparoit de l'Angleterre; à l'orient par le Rhin, la Germanie, la Rhétie, et une partie des Alpes avec l'Italie ; ati midi par la Médi- f^rranée, les Pyrénées et FJBspagne; et à l'occident par l'Océan Occidental.
origine aux Phéniciens. Les Bébryces de Bithyi établis à Nai*bonne et à Montpellier : ils avoient donné le nom de mer Bébrycieune à cette partie de la Méditerranée qui baigne les côtes du Languedoc; enfin le Rhône tira son nom (Rhodanus) d'une colonie de Rbodiens qui s'étoient fixés sur 8e$ bords. Ces peuples apportèrent avec eux les arts et les connoi&sances de leur patrie, et préparèrent en quelque sorte les jours brillans qui dévoient illustrer les Gaules. Tel étoit l'état de ce pays, lorsque les Romains cherchèrent à Tenvahir. Ils n'a voient point oublié que les Gaulois, entrés deux fois dans Rome, avoient semé par-tout l'épouvante et l'effroi , et que, pour repousser d'aussi dangereux ennemis, ces maîtres du monde s^étoient vus forcés d'armer jusqu'aux minisires de leurs autels; depuis
(i) Gallia est omnis dÎTisa in partes très, quamm nnam incolnnt Belgœ; aliam Jquir- tant; terfiam qui ipsomm lingaA Celta, nottrâ Galli appellantar. fui. Oèsar, de BeUo Ca/fico, lié. i.
Le% Gaules se tliTisoient en Gallia Cis-Mpina ou Gallia Tbgala , et en GatKa Tram^ Alpina, qni formoit denx parties, GaUia Braccata et Gallia Comata; et% deux dernières furent séparées, et en formèreftt qtiatre, Nat6onemis, jéquitania, Celticd et Bflgica, qni 4 lenr toor fnrent subdivisées en dix-sept provincti^ sons lesquelles étoiei&t compris tons Ifs peuples de la Gaule. Strabo, lih, 4*
(a) Jul. (ktsar, Kh. i.
.'3; L*an de Roaae i54, la prctnièrc aanée de la 45* olympiade, 599 ans avant J. C. Dissertation de Carrj s^ Maneiikp^m^ %&^ Jmitimi UUmr, hhilipp., lib. 43, cap. 3, et Strabo, lia» 4*
xii DISCOURS
ce moment îls ne cberchoient que Toccasion de se venger, elle se présenta; ils la saisii*ent (i).
Après la défaite des Rois Congolitan et Aneroeste, sons le consulat de C. Attilius Regulus et de L. ^^ïlmilius Papus (3) , les vainqueurs songèrent à pénétrer de suite dans les Gaules : la Cisalpine fit une foible résistance (3), mais les Saliens et les Allobroges ne se rendirent qu'après une guerre de trois ans (4), qui fut terminée par le Consul M. }* ulvius Flaccus, vainqueur de l'armée de Bituit , Roi des Auver- gnats. II s'empara de la Narbonnoise, et y établit des colonies qui affermirent les conquêtes des Romains, et préparèrent les vasles desseins qui dévoient être un jour exécutés par Jules César.
On vit bientôt les colonies Marseilloises se multiplier le long des côtes de la Provence et du Languedoc ; c'est alors que le besoin de les entendre et de communiquer avec elles fit apprendre aux Gaulois la langue grecque , qui étoit tout-à-la-fois celle du commerce de la Méditerranée, de l'ifiilie inférieure, qu'on nommoitla GrandeGrèce, et de tout l'Orient (5) : cette étude leur inspira le désir de s'instroire. Pour la première fois ce peuple, jusqu'alors si gi*08sier, sentit le prix des beaux -arts et le charme des lettres; les nouveaux murs de Marseille attirèrent ses regards; cette ville qu'il avoit vu naître, et qui , terminée à peine , dominoit déjà la mer et une partie du continent où elle s'étoit élevée, le frappa d*étonnement. Bientôt l'esprit d'imita- tion qui lui étoit naturel , lui fit entourer ses villes et les fortifier ; chaque peuple voulut donner une idée de sa puissance, en bâtissant une ville plus ou moins grande, le feu de l'émulation pénétra par-tout, et en moins d'un siècle, ces vastes contrées présentèrent une nouvelle face (6). Les Gaulois apprirent des Marseillois l'art utile de l'agricul- ture ; pour la première fois la charrue déchira le sein de leurs terres, qui rendirent avec prodigalité le grain qu*on leur avoit confié ; et pour la première fois aussi , les pampres verdoyans couronnèrent ces coteaux devenus depuis si célèbres (7). ,
On ignore communément quelle a été la langue particulière aux Gaulois, par la raison qu'ils n'ont jamais écrit dans leur langue primitive; et le mélange de diffi^rens peuples avec eux, tant dans
I
i) jippUm. Alex, > lib. a.
a) 3a5 ans avant J. C.
3) L'an de Rome 639, taivant Florns, isS ans avant J. C
4^ L*an de Rome 633, selon Entrope.
'5^ Justîni Hist. Philipp., fib, 43, cap. 4.
^6) Discoon de rAboe Ailland, sur T Ancienneté de Marseille, page a3.
(7) Fomea Massilis ponere vina potes.
Mare. , hb. 1 3 , Bpig. i »3. Vd eocta fîimis mnsta Maaailiams.
Idem, lib, 3, Mfig' S»<
1
PRÉLIMINAIRE. ]iuj
leurs émigrations que dons leurs transmigrations , avoit dû nëces- sairement la corrompre de bonne heui^. S'ils n'avoient qu'une seule langue pour une si grande étendue de pays, elle devoît être divisée en une infinité de dialectes particuliers, ayant chacun Ieui*s mots propres et différens des autres. Beaucoup de Germains s'étoicnt éla- Uis dans la Gaule orientale : eu y apportant leurs mœurs et de nou- reaux usages, ik dikrent aussi y apporter de nouveaux mots. Bochart , dans son Phideg, assure que les Gaulois avoient emprunté du plié- nicieny les noms de leurs divinités, ceux de leurs Princes, de leurs magistrats, de leurs armes, de leurs vêtemens, des animaux, des plantes indigènes, et enfin des contrées de la Gaule qui et oient eu relation avec les étrangers. Strabon remarque que les Aquitains difiëroient des autres Gaulois par leurs manières et encore plus par leur langage, qui avoit beaucoup d'analogie et de confoimité avec celui des Espagnols voisins des Pyrénées : il est présumable que ce changement de dialectes avoit Ueu dans toutes les exti*émiiés des Gaules qui leur servoient de frontières* Un traité de commerce fut conclu entre les Romains et les Gaulois Cisalpins et Transalpins : le latin devint alors la langue nécessaire pour les i*elations commerciales; la république de Marseille contracta avec celle de Rome une alliance intime (i), qui rendit communs les usages, les arts et les langages des deux Etats (2}. Les langues grecque, latine et gauloise étoient tellement fiunilières aux Marseillois, qu'ils furent appelés, par Var- ron. Trilingues ou Triglottea , k cause de l'usage qu'ils faisoient de ces trois langues (3)«
Cette première propagation du latin dans les Gaules y dut être bien plus considérable, quand, aprèis quelques siècles, les Romains eurent soumis et réduit en provinces, la Savoie, le Dauphiné, le Languedoc, la Provence et le Roussillon (4), où ils portèrent en même temps leurs coutumes et leur langage (0); car réduii^e un pays €K>nqnis en province, c'étoit, chez les Romains, le gouverner et y rendre la justice suivant les loix de Rome, sans égard à celles des vaincus.
Elnfin Jules César parut. Après neuf ans entiers de combats et
(i^ Hist. Litt. de la France, tom. i, pag. 43-47 et 56.
(al Les Maneiilois firent présent aux Romains d'nne atatne de Diane, qni ftit placée vu le Mont-ATentin. Artoùid, Discours sur les Loix de Alarseiile.
^3; S. Hieronjrmi prœfiuio secunda, in secundum librum Coinmentariorum in Epittolam md Galatkas,
(4) L*an 633 de Borne. Fajrez l*Hist. crit. de la Gaule Narbonnoise, par Manda jors. Paris, 1733, in-ia.
(5; S. jâugustin. de Cantate Dei, îib. 5, cap. 17, et lib. 7, cap. 7; Fal, Màximiu, lik. a, csp. a, êtJ)MMmg9, Clost,prtef.^ %, si.
«ÎT DISCOURS
de gloire (i), il aiMijiStit les Gaulois, détruisit leur culte barbare, réduisit le reste des Gaules en provinces, et y établit des Gouyemcur^ pour y entretenir et lever des troupes, et faire exécuter les ioix romaines. Cette conquête fut l'époque de la grande révolution des mœurs des Gaulois; ils semblèrent ne plus former qu'un peuple avec les Romains (3) y ils se dépouillèrent de leur rudesse pour se plier au^joug des arts, aux caprices du luxe et des modes ; enfin dans les sciences et les plaisirs, ib se monti*érent les rivaux de leurs maîti*es. Les vainqueurs divisèrent les quatre parties du pays conquis en dix- sept provinces (3) , qui eurent chacune des magisti*ats chargés de ▼^ler au bien des peuples et è l'administration de la justice. Des légions distribuées oans l'intérieur et sur les frontières , prévinrent ks révoltes au-dedans, et protégèrent l'Ëtat au-dehoi*s; chaque capitale vit s'élever dans son sein des écoles célèbres (4); les belles- lettres prirent un essor qui étonna Tltalie et la Grèce elle-même; les écoles de Marseille rivalisèrent avec celles d'Athènes (5), et les sur- passèi^nt, par le grand nombre de protesseurs qu'elles fournirent aux autres villes. Lies histoiîens parlent avec éloge des écoles de Lyon, Autun, Besançon, Narbonne, Toulouse, Bordeaux, Poitiers, Clermont, etc. etc. (6k d'où sortirent Ausone, Fronton, Eumènes, Exupère, qui furent honosrés du consulat ou d'emplois publics; et une foule infinie d'autres savans aussi recommandables (7), dont on trouvera les noms et les ouvrages dans la France Littéraire, et l'Histoire de la Littérature Françoise.
(i) JuUns Oesar Gtllitm aoBO Urbis oonditc 696 (5S amo. «ntè J. C.}» admiiii»frare cœpit, ac noTem annis rexit. Pctayiu$ Ration, Temp,, part, i, Uk. 4, fx Sa^tonio in Juâo, aip, a5.
it) Cieero, lib. 9, Epist, i5, ad famitiares, 3) Ammian. BlarceUiims, lib. il, ctitmerarium Jmtonmi AttgustL
(4) JuTcnal, satire 7, vers i47> >« plaignant de ce qoe Téloquenoe étoit néglige à Kome , conseille k cenx qui vonaront se perfectionner dans cet art , de passer dans le» Ganlet on en AfHque.
•. Accipiat te
Gallia , vel potias nntricola canssidicomm Africa.
(5) Adeôqne magnna et hominibus et rebns impositns est nitor, at non Grapcia in Gallia emigrasse , sed Gallia in Graeciam translaU videretnr. Justwi Hist, Phiiipp. , Ub. 43, cap. 4>
(6) Sola Gallia monatra non habnit , aed yiria semper fortibas et eloquentiasimis abandavit. S. Hieronjrm. , advenus Figilantium,
(7) Clandien a cm qn*il ne ponToit faire pins dlionnenr à l'Empereur Honoriaa, qae de lui donner pour cortège les Savans de« Ganlcs et le Sénat de Rome.
Te Gallia doctis
Civibnt, et loto stinarit Roma Sénatu. Claud, de tW Consufatu Monorti Amgusti Panegpis, rerf. 58a.
PRÉLIMINAIRE. ^ xy
Tandis qae les iuccès des ëcoles gauloises se multiplioient de tOQies parts 9 une foule de prëdicateuycs ë'vangëliques ^ passant de FAûe en Europe , vint y jelei* les premières aemwc^ du cbri^tia- aime; elles se fécoadèrent, et dès le ii® siècle la religion chrétienne
'
sang badm à Paris la première église de cette capitale- La puretë de la morale de l'ëvangile, la fermelé de Tespërance des Chrétiens, qui leur feisoit souffiîr avec joie les plus afliHîux tour^ mens, la décence de leurs mœurs, la paix et l'union qui régnoient entr^eax, opérèrent une révolution dans les esprits, qui, semblable i l'étincelle électrique, se communiqua bientôt à tous les habitaiis de cette partie de la Gaule. Ces premiers Apôtres se serviix^nt des langoea grecque et latine pour annoncer la divine parole, former la lîtnrgie et étanlir la religion. C'eat en grec que sont écrits les Actes des premiers Martyrs de Lyon (3); il en est de même des Instructions de 8* Irenée, second évéque de cette ville, quoiqu'il les eût écrites principalement pour des femmes {3)9 ainsi qu'il nous l'apprend inîrBiefne*
Ceux qui prichèi*ent la foi dans les autres parties de cette vaste contrëe, se servirent de la langue latine, par la raison qu'elle étoit la langue des Romains, dont les Gaulois faisoient alors partie. Attale et le fuiacre Sancte , qui , dans le il® siècle , souffinrent le martyre à Lyon , forcés de parler pendant leurs tonrmens, le firent toujours en la- tin (4) ; les lettres que S. Jérôme écrivit à des dames gauloises (f») , celles de S. Hilaire de Poitiers à sa fille, de Sulpice-Sévère k sa sœur et à sa belle-mère, et enfin de S. A vit de Vienne à sa sœur, sont en latin.* Sidoine Apollinaire (6), parlant des livres à l'usage du beau sexe de son temps, cite ceux de S. Augustin, Prudence, Van*on et Horace. Comment les femmes auroient-elles entendu le latin , si celte langue n'eût été vulgaire chez les Gaulois? Mamerlin Claudlen rapporte, dans son Epître à Sapaude (7) , qu'on avoit honte de parler latin devant les barbares qui envahirent les Gaules. Le latin éloit
!i^ Meseray, arant CIotis, page 408. 91 Cm Actes ne bmu ont été oonserrét ^*eii grec, m«ia il est probable qa'iU aToieiM fié ecriu en latin. .
(3) Hist. Littér. de la France, tome i*', nartie i**, pages 59, 137 , 2^8, et S. Frenœi Epis- C9fi iMgdunensù, Epistolm, àk, i, cap. i3, J* 7*
(4) MMMeki^, A*. 5, cap. 1.
(5^ Hieronjrmtu , tom. 4, Epistolœ ad Hedibitun et ad Algasiam»
(6) Sidonius ApoUmans, hh. a, Epiit. 9.
(7) Suph, Baùuii Uiscellanêa, totm. 6, pt^. Si6.
xTj Discouns
donc le langage ordinaire du peuple, puisqu'il s agit ici de diflcours familiers y et de Tidiome qu'on y employoit.
L'Empire Romain sembloit alors couvrir la terre de sa puissance; mais ses révolutions perpétuelles, ses guerres civiles, le changement de ses Princes, la dévastation de ses provinces, tout annonçoit sa mine prochaine* Ce peuple colosse, semblable à un rocher contre lequel viennent se briser les flots d'une mer agitée, a voit résisté long-temps et repoussé, par la discipline de ses légions, les hordes de barbares, qui, séduits par ses richesses, avoient jusqu'alors vaine- ment essayé de l'entamer; mais son règne éloit passé, et à la force de l'âge viril commençoiL à succéder une vieillesse agitée. Déj^ Constantin a voit ébranlé son Empire : il hâta sa révolution en ren« ▼ersant de sages principes qu'il eût dû respeotei*. Ses successeurs, élevés dans la mollesse et dans la débauche, avilirent le pouvoir, en abandonnant à de vib eunuques l'art important et di£GiciIe de régner. Les Gouverneurs des provinces gauloises, avides de richesses et sûrs de rimpunilé, ne l'espectèrent rien. Le Gaulois libi*e, mis par eux au rang des esclaves, ne vit dans ces proconsuls que d'exécrables tyrans; aussi, quand les barbares s'emparèrent de leur patrie opprimée^ ces guerriers qui avoient fait trembler Rome et assiégé le Capitole, ne firent aucun effort pour repousser de nouveaux maîtres, qui ne pou- Yoient être plus cruels que les premiers. Théodose acheva de porter le dernier coup à ce corps si violemment ébranlé, en partageant, sans réflexion, les provii^ces de l'Empire entre ses enfans. Julien avoit arrêté les incursions des barbares, mais sa mort, arrivée lan 365, leur donna l'espérance de conquérir les Gaules, et de les partager.
Ce fut le dernier jour de l'an 4o6, que trois nations puissantes, les Alains, les Suèves et les Vandales, soutenus par des corps de Huns, de Sarmates^ de Saxons, de Quades, de Turulinges et «d'au- tres peuples barbares, passèrent le Rhin, tenant d'une main le ièr de la destruction , et de l'autre celui du fanatisme ; U'alnaut à leur suite la brutalité, le carnage, le sacrilège et la désolation. La Ger* manie, la première et la seconde Belgique, furent saccagées d'une manière horrible. L'Océan débordé, dit un auteur contemporain, n'eût pas causé tant de désasU'es que le fer de ces barbares. Mar- seille, cette ville illustre, dont les forces avoient arrêté César et flétrï ses lauriers , Marseille fut entièrement détruite. Ils ravagèrent également les deux Aquitaines, la Novcmpopulanie et les deux Narbonnoises (i). Le succès de cette irruption, que rien n*avoit arrêtée, fut suivi de nouvelles invasions, qui réussirent .comme la
(x) liistoire crit de U Ganlt Narboonoitt^ a* partir. ,
PRÉLIMINAIRE. xvlj
première. Les Allemands et les Bourguignons (i) traversent le Rhin pour la secoflde fois en 4i3| s'emparent de l'Iielvctie, du territoire des Sequanoisy de celui des Eduens, du Lyonnois et du Dauphiné (2) ; enfiii les Francs, peuples habitans de Fautif côte du Rhin, voulurent anflsi partager les dépouilles sauglantcs de la Gaule; ils y p<^ni.'trérent Tei*s Tan ésS, sous la conduite de Clodion, un de leurs capitaines, et sVtablireut sur les confins du diocèse de Tongies, près Bru- xelles (3). Je ne m'appc-sautirai point sur la suite de leurs conquêtes, ni sur le caractère de leurs cheis, celte partie de leur iHstoire <?tant ëtraugère au sujet que je traite ; je continuerai seulement à pailler des changemens arrives à la langue commune à la France- Avant la révolution que je viens d'esquisser, des asyles consa-* crës à la celraile et à la pratique des veilus s'ëtoient élevés ; de
fieux cénobites, dans le fond de leurs solitudes, s'étoient dévoués à édification des peuples, à la défense de la foi et à la conservation des belles-lettres. Dans ces jours de deuil, le ciel sembloit veiller sur les cbe&-d*œuvre des anciens, en inspirant à ces vertueux solitaires le désir d*en multiplier les copies (4}. « Les sublimes productions des
• plus grands génies de Rome et d'Athènes, dit un savant estima- I» ble (5), trouvèrent un asyle assuré dans les retraites de la religion,
• et c'est de là qu'elles ont passé de siècle en siècle jusqu'à nous. à L'Eglise qui avoit adopté les langues grecque et latine, les parla itoujoars, et sans elle l'ignorance eût prévalu; mais il falloit des
• hommes retirés du monde, consacrés à la i*etraite par choix, à
> l'étude par goût, au travail par devoir, animés du même esprit et >du même zâe, vivant en commun sous un même régime, qui
• voulussent employer les loisirs de leurs solitudes à lu lastidieuse ••occupation de transcrire sans cesse. C'est pour le bonheur des
• sciences et des lettres que ces corps ont subsisté ; jamais des parti- "caliers, dissipés par les afiaii*es domestiques, détournés par celles » du dehors, n*auroient pu se livrer à un travail si long et si pénible, "^ et c'est un des grands avantages qu'on ait tiré de ces laborieux et
> savans solitaires, qui, du fond de leur retraite, éclairoient le monde » qu^ils avoient quitté ».
Les vainqueurs d*une nation lui donnent ordinairement leurs
t\) TillemODt, Hist. des Emp^renn, tome 5, page tii6, 1/1-4. (ij Choricr, Hist. da Daaphiné, Iît. 4* $• >4f l^tg^ ^i^'* r3^ Tillemont, Hiat. des Emperenn, tome 5, page C38, m-4.
ti) Mabillon. Annah Ordinu S, BenedicL, loin, 4 . pag. 47 ; Frodoart. , lib. 4 , c/j'7. a ; Hnirv, DÎMoars m sur THist. Ecclés., $. laa; Histoire Liuér. de la Fraiici*, toiutr 3,
p«-3i,n*4i.
#. Kignlry de JoTigny, Discoan fvr les Progrès de.« lettres en France, page l/ï.
font, 178 a y inA.
1. f»
r^vL?
iTÎij DISCOURS
xnœnrs, lear langage et leurs leix , lorsqu'ils sont plus avancés, k cet diflfêrens égards, que les peuples qu'ils soumettent : c'e4 ce qui arriva aux Romains dans les Gaules , quand ils en fireht la conquête; au contraire, si les vainqueurs sont plus grossiers, et coridéquémment moios instruits que les peuples soumis, ils adoptent, en d'jr ëtablis-^ sant, ce qu'ils trouvent chez eux de meilleur. Ce que j'avance ici, j'en trouve la preuve dans les Francs, les Bourgiiighons (i), et chez les autres peuples qui vinrent s'emparer des Gaules, après cti avoir chassé les premiers barbares qui les a voient envahies; ils s'in- corporèrent avec les habitans , et bien loin de les forcer à parler leur langage tudesque ('i) , ils s'accoutumèrent à celui des Gaulois, c'est- à-dnne , à la langue latine.
Cependant les Francs, paisibles possesseurs d'une partie de^ Gaules, élurent des Rois. Clovis abjura le paganisme, à la prière de la Reine Clotilde son épouse , et reçut le baptême des mains de S. Remi , archevêque de Rheims (3). A peine ce Souverain eut-il embrassé le christianisme, que les Bourguignons, les Visigots et quelques autres , peuples , qui jusqu'alors avoient été imbus des erreurs de l'arianisme, | miitérent son exemple. Les vertus du Clergé revoient rendu respec- | table, et Tadmiration du peuple pour lui s'accrut en raison de Fesprit q de sagesse , de science et de piété de ce corps. Constantin lui hdi*essa \ une requête, tendante à obtenir quelques-uns de ses membi*es pour ^ juges du schisme qui divisoit les églises d'Orient (4). Uès-lors le latin conserva la supériorité qu'il s'étoit acquise; les conciles, les loix, tes ^ ordonnances, les jugemens, les chartes , les diplômes et autres actes ^ publics, furent rédigés en cette langue. Au vi* siècle S. Césaire d'Arles , s'en servit pour composer ses F ilxhortations, et Fortunat, ses Poèmes (5). ^ "La Reine Radegonde écrivit en latin aux Pères du second Concile de ^ Tours, qui eut lieu en âGG, ainsi qu'à Sainte Césaine, abbesse à Arles, qui lui répondit dans la même langue (6). Nous avons la vie de cette < Reine, écrite en latin, par une religieuse nommée Haudonovie,et <
Îu'on préfère à celle composée par Fortunat ; enfin les Instructions l 'Archénéfrede, mère de S. Rustique, et de S. Didier, évêque de ■-
(i) Hist. Littér. de la France, tome a, page a6; Udtprand Hist.,li6. 4 , cap, aa; PajnK ] le Masson, Annales, liv. i*% page 48.
(là) Il est Trai qne leii Tainquears n*étoient qn'oue poignée d^hommes, comparatiTe- ment à ces peuples nombreox. répandos dans nos provinces, et dont les descendans ont , '. malgré les révolntions arrivées dans le cours de treize siècles, conservé un si grand nombre de mots latins ; tels sont encore les patois , idiomes et jargons de nos prbviuees méridionales; d'où seroient venues à ces peapkt tant d'expressions latines, si la langue des Romains nVtoit restée vulgaire parmi eux ?
r3) Le Oointe , Annal. Eccks. sub ann, 4g6.
[^) Optât,, lib. I.
[5^ Fortunat,, lib, 8, carmen 1,
[ê) Martfne, Thesaunu anecdotorum, tom. i^pag.'Z,
Si
PRÉLIHIUAI&Ë. xix
Cfthors, aont aassî en latin (i). Xouteâ les autorités que je vien» do eîter proaTent, je cron, d'une manière irrëcosabley que la langoe btine fat parlée Talgairement dans le^Gaules pendant un long espace it temps; mais le langage des barbares qui les eaTabii»e»C altéra iu- aosibleTnent, d'abord chez le peuple^ et ensuite dan» les- rangs pkis âevés, la langue des Horace et de» Virgile : un jargon composé d& mots tudesques et romains la remplaça , et fi^rmcl^pety à peu la tangue fomanè {2) , qui a ta gloire d'aroir été mère de 1» langue franfcn*», anjoard'hai la plus répandue ches tes peuples civilisés de TËurope^
Chilperic, an témoignage de Grégoire de Tours (5)et d^Aimoin (4), icndît pluflieors ordonnances en latin, relatiteatfenV àk fcmgoe S&it^ sa deroit &ire usage; maïs ce latin se ressent lui-même da s^om^ et ià règne des barbares. Il s'altéra encore davantage dans- tes sièolea mwmaMy et cette altération s'étendit jusan'à Rome, où , dès^le vi^siè^ de, par une corruption diflRérente , elle toriM la langae italienne (5) , oomme le prouve S. Grégoire (6) dans ses Dialogué^, qu^it écrivoif en 593. Le concile tenn k Anxen*e en 598, défendit ée faire chanter Ams les églises , par de jeunes filles , des chansons et des cantiques entremêlés de latm et db roman* Grégoire de Tours, qui écn'Tvoit ivant 553, se plaint que les letti'es sont méprisées. « Un rhéteui:' philosophe, dit-il, a peu d'auditeurs : on court en foule enlendre un rastique (7) ». 1^ troisième concile tenu à Tours ordonne, au septième canon, que les évêqnes s'occuperont de traduire en langue vulgaire, certaines prières et pseaumes, pour que le peuple puisse les entendre. Celui de Kheims, de la même année, contient un semblable règle- ment; et le concile de Mayence, tenu en 847, ne fit que copier le décret de celui de Tours (8).
Charlemagne parut; soutien des sciences et des lettres, il tenta
(il Lmàè€, Bibiiotheea iiomi Mst, tom, i%pdg. 70«.
(i) UMgua romana nudca , ou nmplement nutica, galUca , vufguris, simptex , ruralis,
mmiîsg piehtïm, et jamais y^oncrcii, eomme Font dit Ja Pin et lu RavalUèrc, k moins
fm r<m n*eii détermine la signification comme ^nibert de Nogent, lil>. 7, cap. a et 5< imgma fnutcica ne signifie point, langue rrançoise, mab langiie todesqn*, tbéotis<in# •■ allemande, «{ai étoit celle des anciens Francs.
f)) Lib. 5, cap. 44 et 45.
hS Lié. 3, cap. 40.
fS) Jml, Ctts. Scaiiger, an ignoras , liugnam galUcam , italicam , kîspanicam , lingnu; Isma abortom eue? et iyucmmge, prœf. Glouar,
SJJé. %^ cap. iS. Pkiheophmtnem rhetorem, inielfigtmt pûuei , loquentem rusiivum inuîiù (S) Comeiiia, tom. 7, |)ag. 1^49, ia56, cap. i5, pa^. ia63, cap. 17. Le» Concile.^ de Hiiîmi et de Toors representoient l*Eglise entière de TErapire FrunçoÏM, qui comprenoit ilors les Gaules et la Germanie. L'ordonnance est en c.en ternies : •< Et ut ensdem homUias^ •Masque aperte transjèrre studeat in mslicam roroanam iinguutn, aut tlreotiscam, quo pdtriu emneû pouint inteUigere qtut dicunttir». Dans les siècles sa i vans ces Ordonna nrrs knmi rvaouTciMa. f^4^«s m mime Ouvrage, tome S, page 42, rbap. a.
'i
u DISCOURS
vainement de rëtablir la langue latine dans toute sa puretë , en org£ nisant de nouvelles ëcoles. Son règne fut, il est vrai, illustre pa Walafride Strabon, Florus, Ëginhart, Thëodulfe, Alcuin, Th€ gan, Ermoldas, Nigelus, Raban, Frothaire, Hincmar, Aldnin Gotliescale , etc. ; mais il ne put parvenir à rendre la langue latin vulgaire y ainsi qu'elle Tavoit été ^ et elle commença, sous son règne à devenir langue savante.
Je touche à l'époque d'un des plus anciens titres de la langa romane, et qui porte avec lui tous les caractères de l'altération d latin. Je veux parler du serment que Charles-le-Chauve, et son fret liOuis-le-Germanique, se prêtèrent à Strasbourg, le 16 des kalendi de mars 842. Plusieurs auteurs l'ont publié, mais toujours avec d( difEërences; pour le donner correctement, j'en ai tiré une copi figurée sur le manuscrit original, que je joins ici : le lecteur ; reconnoitra la langue latine déjà fort altérée, mais sans aucun mélang de mots celtes ou gaulois. Charles le fit aux Allemands en langu tudesque, et Louis le fit aux François en langue romane (i).
Cùnique Karolus hœc eadem romana lingua perorassct, Lodhu vicus quoniam major natu erat , prior hsec deinde se servaturur testatus est«
Serment de Louis y Roi de Germanie.
Pro Deo amur , et pro Christian poplo, et nostro commun salvâ ment, dîst di en avant, in quant Deus savir et podir me dunat , . salvara jeo cist meon fradre Karlo, et in adjudha, et in cadliun cosa, si cum om per dreit son firadra salvar dist, in o quid il mi alti si fazet, et ab Ludher nul plaid numquam prindrai , qui meon v< cist meon fi:adre Karle in damno sit.
Quod cùm Ludhuvicus explesset , Karolus teudisca lingua , s hœc eadem verba teslatus est.
(i) Ergo zn kalende marsii , cam Lodhnyicas et Karolns in civitate , qnse oli Argentaria Yocabatar, nanc aatera Strazburg vnlgô dicitur, et sacramenta qase subt notata sant Lodbavicas romana , Karolos verà teudisca lingua juravemnt , ac sic an sacramenta circumfnsam plebem, alter teudisca, alter romana lingua alloquuti sni Nithardus, Mu* fol, la, V* ; Codex Fatic,, n* 1964, ft Historiœ Francorvm, apud * Chesne, tom. ^^pag. a;4.
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liAw Jemcle jéfmuuvW JJ ro 35 dmut* 4^ uxp'i jj
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et
PRÉLIMINAIRE. xig
Serment de Charleâ-le^Chaui^.
In Godes miyia indHethes (indintbes) chiistlanes folches ind unser bedhero gealt nissi (juâsi) fon (son) thesenioda ge frammor dessô &am so mir Got geuyiz ci (ei) indi madh furgibit so faald ihtes an minan bruodher soso manmit rehtu sinan bruher scal inthi ^juthi) utha zermigsoso (soson) maduo, in dimit lueren in noihe in ait hing nege ganga (gango) zheminam vuillon imo ces cadhen yuerhen.
Le même Serment en langue latine, suivant Bonamy.
Pro Dei amore^ et pro cbristiano poplo et nostro communi salva*- mento , de ista.die in abantc, in quantum Deus sapere et potere mi douai, si salvaro ego eccistum meum fratrem Karlum , et in adjutmn ero in quftque una causa, sic quomodo homo per directum suum fratrem salvare débet, in hoc quid iUe mî alteioim sic faceret , et ab Lothario nullnm placitum numquam prendero quod meo yolle cccisti meo iratri Karlo in damno sit«
Traduction.
Pour Tamour de Dieu et pour le peuple chrétien, et notre commun
]our), autant que Dieu i mon frère Charles, ici
^ ^ _^ , qu'un homme, par droit
et justice, doit défendre son frère, en tout ce qu'il feroii de ta même manière pour moi; et je ne ferai jamais avec Lothaire aucun accord fn, par ma ydlonté, porteroit dommage à mon frire Charles, que Toici.
Sacramentum autpm quod utrocumque populus quique propria lingua iestatus est, romana lingua sie (sic) sehabet.
Serment des Seigneurs françois , et sujets de CJiarles-le^Chauvem ,
Si Lodhuvigs jBagrament que son fradre Karlo jurât, conservât, \ et Karlus meos sendra de suo part non lo stanit, si jo returnar non I lint pois, ne jo, ne neuls cuieo returnar int pois in nuUa adjudha ; contra Loduwig nun li juer.
I Tendisca autem lingua.
paii DISCOURS
Serment des JSeigneuré ti 9U^U de LofuUA^Germanique.
Oba Karl Uien «id , then «r ^e no "brue^ber HSdimimîge "(Ludr Imwige) g€0iior « geleifli^, indi (îad) Ludbawig mm herro , iSien tx dmo gesâor, fi^rbrihchit, obi iiiaa nés imTeiidenii^ ^^^%i noK ih, moh tbeoa, «oh iiein tiienfhes kuvendea ^mstf^ tu iébar Kiu:le imo ce fsAm tine iwMlhft*
/^ même Serment en langue latine, suivant Bonamy.
Si Ludovicus sacramentum quod 8uu8 frater Karlus jurais conaer- •i«rt,et S^iAns^meiia^Seniorde Wf^rte non iHvdleneret^^î ^o retoiy» dMiseinon. illnm ii^de pofisamyDeC'^o, n60«i]Uus<{aera ego retomara onde pKsum, in «uUo «djiHo <xmlra Ludofîeam iion illi iuero.
^^^ducii^m.
Si Louis observe le sermeniqn^aanfiière •Charles lai juvey-etque Charles mon Seigneur, de son côte, ne le tint point, si je ne puis' détourner Charles de cette .i^kihfcl(k»L, iù moi, ni aucuns que je puis ' dëtourner, ne serons en aide à Charles contre Louis. '
à
•Quibus p^r-f^ti^ JLo^hi^wjpw Am^ f^nu^^pivfMn let K^olus joata ' .Wftô^um $^ y,Hi^zp;i^m:g WainiHii^MP iter iftiwawfr. - !
;Bon^p:i/ (\(ë0fioif:e3 de l'Afr^A- d^ iQ^î|\.^ MW^ M? pf^g*.^o«)i doupe la|i:^4^c;tion de c^ .sfp7nenL|.,ea Ii^ue wm^^fi^ 4^ xu^^iàcdiei^ je k transcris seulement .<i)^prgHel^Vi|â9 j^èrea lOWl^ti^t^Ps %Me l'uî crues nécessaires.
Por Di^ amor^ et por .cjiri^n jpople^t.^npst^e^^QIIWua ealya* ment, de cest jor ia a,va^t en k^t A)eus iHf^v^e^* c^ p^pir^medopa» si sulverai jeo cist meon frère Karle, et en ajudhe seroi en cascune cose si Qum um p^ dreit sun ii:eire saluer dikt i^.P t^ il fs^ Mti^ faset , et à Lothaiie nul plaid n'onques prindrai qui par mon voil à cist moun frère Ka^le en ç^mfi seit.
ns lo sagrameiiL '^ke sun irev^ 'Kfirie jure , cunsei*ye , et eon Seuhorde sue part non lo teni^t^ jBe géo no l'en ugia..
'Se Looîs Karles meon
ne jeo, ne nulz ki jeo retorner en pois, ea nid ajudhe Loois nun li 6erai«
"^ PRÉLIMINAIRE. xxiij
Ce monument constate de la manière la plus authentique, l'état de la langue romane au ix' siècle , et prouve qu'elle est entièrement tirëe du latin. J'invoquerai à cet égaixl l'aveu d'un zélé partisan de celte gonyerite (i), qui, après avoir mis en latin ce fameux ser* ment , le compare avec Tonginal , et s'exprime ainsi : « Si quelque 1 personne, de celles qui se piquent de bien savoir le latin, se don- » noit la pe|ue de connt>nter ces cfeux textes, à quelques altérations » près dans la colonne oiî est le roman, elle yerrpit sûrement Tiden- 1» titë dans le sens et dans les mots; car il n'est aucunement à craindre * qu'une ressemblance si frappante soit d*e$pèce à n'être pas apper- » çue ». J'ajoute que ce monument prouve aussi que le latin n^étoit plus entendu du peuple, mais on n'a p^ droit d'en conclure que le tadesque dominât la langue, ainsi que Tofi^ prétendu plusieurs sa vans; et Ton peut prëe^imer que dès cette époque on fit des traductions, puis- que le Tiii^sièc^ pffire déj^ des vestiges di& la langue romane, qui com- mençoit à se former* Mabillon (3), dans l'un de ses ouvrages, donne répitaphe d'une Ëusèbie, abbease à Arles, et une lettre tout-à-fait rastiqùe (5), présentée par des moines à Charlemagne , au commen- cement de son i*ègne ; on y vpit l'article le, ainsi que les expressions suivantes, qui se trouvent aussi dans les litanies en usage à la Cour de ce Prince, avant qu'il fût Empereur : Ora pro nos, tu lojui^a (4).
Mais la protection que Charlemagne et quelques-uns de ses suc- cesseurs a voient accordée aux lettres, ne les empêcha point de suc- comber pendant les guerres civiles dont la France fut déchirée. Le goût de l'étude s'éteignit, et le Clergé lui-même, jusqu'alors fidèle conservateur des sciences, les abandonna honteusement pour se livrer aux plaisirs du siècle (5). Tant de désordres engagèient les évoques et plusieurs personnes remplies de zèle et de lumières, à travailler à la réformation des monastères où s*étoient introduits le lel&chement et Toubli des règles. Plus de quatre-vingts conciles furent tenus en France dans le cours du Xi® siècle, pour rétablir la discipline et Tordre des études ; bientôt à la faveur de la réforme , les écoles monastiques se multiplièrent, les évèques prirent sur-tout soin de dix*i- ger celles qui étoient destinées k l'enseignement des hautes sciences. Le désir d'instruire étoit si grand chez ces respectables religieux, que, bien loin d'exiger un salaire des étudians, ils poussèrent la générosité jusqu'à nourrir ceux de leurs élèves qui étoient dans l'indigence ;
(1) Le Brig4nt, Déuchement de la Langue primitiTe, page 1 3 de la seconde partie.
!a) jtnmoL Ordinû S. Bénédictin lUf. ai , /i* lo, etConcuia, tom, Q^ pag, 17S0. 3) D. RiTet, Hiat. Littér. de la France, tome 7 , pré£ice, page zxxiv. 41 Anmal, Ont. S, Bened,, tom. a, aag. 682-684. 5) Bahtxii' MîtceO. , tom. 'j^ pag.S^\ Concilia, tom. 9, pag. 5ia-664y 866 , 104 x- 1049, "^9 ^^^7 > ^^ Gt^li^ Christ, nova, tom. i, pag. 10. •
4
xlir DISCOURS •
d'autres forent employés à multiplier les copies des bons auteurs pour les faire coonoilre; un point capital de l'Ordre des Chartreux, ëtoit d'annoncer la parole de Dieu par les livres, puisque leur règle dëfendoit de le faire de vive voix, et de les transcrire pour en augmenter le nombre. La reforme du Clergë et le goût pour les bonnes études pénétrèrent dans l^s provinces, où s'élevèrent de nouvelles maisons destinées à l'instruction : tant d'efibrts réunis furent couronnés d*un ëclatant succès, et l'Histoii^e Littéraire de la France n'eut plus d'in- terrègne à' décrire.
Plusieurs savans concoururent aussi , dans les deux siècles dont je parle (i) , à tirer la France de son ignorance, et à réparer les perles qu'elle a voit faites de ses livres les plus précieux, par les irruptions, les pillages et les incendies des Sarrazins, des Normands, des Hon4 grois et des Bulgares. Ces hommes instruits cherchèrent à rendre Tétude des sciences moins aride ; parmi eux l'on distingue encore Gerbert et Abbon de Fleuri. Trois Souverains tentèrent ausû de ranimer la culture des lettres : Robert n, fils de 'Hugues Capet, Guillaume v, Comte de Poitiers et Duc d'Aquitaine (2), qui, s'il n'eût point été connu comme Prince, se seroit fait un nom distingué comme auteur; enfin Guillaume le Conquérant , qui les favorisa de toute sa puissance, en donnant à l'Angleterre des loix écrites dans la langue qu'on parloit en France, et en obligeant ses sujets à l'em- ployer dans tous les actes , afin de la rendre aussi commune qu*en Normandie ; de l'Angleterre elle passa en Ecosse ; sous Edouard le Confesseur, dont le règne commença en io45, elle étoit celle de la Cour (5). Ce Prince a voit été élevé dans la Normandie (4) , il en avoit appris la langue ; et lorsqu'il revint en Angleterre prendre possession de ses Etats, il y amena plusieurs Normands qu'il combla de biens et de dignités, pour tâcher de leur faire substituer la langue et les usages françois à ceux de ses Etats (5).
Les Allemands eux-mêmes connui*ent la langue romane , et s'en servirent quelquefois (6). Le Roi Louis d'Outremer ne parloit point d'autre langue : les évéques en firent usage pour haranguer les con- ciles. Aymon, évêque de Verdun, chargé du discerna d'ouverture de celui qui eut lieu en 995 (7)9 à Mouson-sur- Meuse, le fit en
(1) Les X* et xi* siècles.
(7.) Qoi, en 993, saccéda à Gnillaame son pérc, samommé Bns-de-Fer. P. Pithou, Hisiorici Franciœ , tom, i.
(3) Guibtrt, ab Novigent., lié. 3, cap. 9.
(4) Du Chesne, Hist. Franeor., tom. 3, pae. 370.
(5) Ingulfus, H*tt. Crojrlatui., pag, %^. Cœpit crgo, tota terra snb Rege et sub aliit IVormanais introdnctis Anglicos ritus dimittcre, et Franconun mores in mnltis imitari.
Î6) ChronicWt Abbat. Uspergensis, «nu. 937. ; — ■■■
[7) Concilia, tam. 9ip<tg- 747-
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PRÉLIMINAIRE. x^r
làngae romane^ il y reproche à Âmoulf , archevêque de Rheims, d'avoir feit ouvrir les porUs de cette ville à Charles de Lorraine , et d*avoir conclu un traité d'association (en François) avec les ennemis du Roi (i).
J'ai dit plus haut qu'en différens conciles , les ëvèques firent des ordonnances pour la traduction des livres sainte 3n langue vulgaire. Outre les conciles de Rheims et de Tours en 8i5; de Muyence en 847, et d'Arles en 85 1 ^ l'on connoît encore plusieurs autres man- démens et ordonnances sur le même sujet (s). Le xi* siècle offiît ^ plus de monumens remarquables que celui qui Ta voit pi^cédé ^ plu^ siears traductions d'ouvrages importans, parmi lesquels on distingue les Quatre Livres des Rois et ceux des Machabées, ouvrage mêlé de prose et de vers (5) , un Commentaii*e sur le Pseautier (4) , le Can- tiq^ae de S. Athanase (5) , les Morales et les Dialogues de S. Gré* gou?e (6), le Sermon anonyme sur la Sagesse (7), voilà une partie des ouvrages qu'il produisit* Un moine du Mont-Cassin traduisit l'Histoire de GeofiEroi de Malaterra, et la dédia à Didier son abbé, qui fut élevé au Pontificat le 34 mai 1086, sous le nom de Vic- tor m (8). L'Abbé le Beuf (9) fixe à cette époque Torigine de» premières traductions dans les Pays-Bas^ parce que la langue vul- gaire y étoit plus éloignée du latin que dans les provinces méridio- nales du royaume, et qu'ils furent, pour ainsi dire, le point où se rendirent d^abord les étrangers venus du Nord* Ce savant critique pense que la Normandie possédoit, au xi* siècle, plusieurs Vies des oaints, qu'un poète avoit mises en vers vulgaires* Ce qui peut for- tifier cette opinion, c'est que S* Norbert prêcha en fi^ançois dans la seconde Belgique, ainsi que S* Vital de Savigny, en plusieurs pro- vinces du Nord (10)* Mabillon (11) assure avoir vu, dans l'abbaye de Lagny, un manuscrit fi:ançois contenant l'histoire de deux trans- lations de S* Thibaud de Provins, dont la dernière eut lieu en 1078,
(1) Addcbant ctiam de pActif et constituds in ynlgari lingoa, cam codem habitii. Depotith jimulfit oaud du CKesne, lom. 4 , pag. i lo.
λ) Hitt. Lin. de la Fk^ace, tome 6, page 370. 3) Siblioihèqoe de rArtenal; Barbaxan en a donne one Notice dans le Discoors qni précède tes FabÛaox.
i4) BiUioth. Impér., n* Si 77, ûi-S. 5) BiikUoth. de rAnenal.
(6) Biblioth. Impér., |ii-4.y fonda de l'Eglise de Paris.
(7) /^û/.
!S) Bîblioth. Impér., in-foL, fonds de Colbert. Ce Mis. a appartenu A dn Chesne. 9)»État des Sciences en France, depuis le Roi Robert jnsqn'i Pbilippe-le-BeL Dis- tertadoms, tome, a , page 3S.
10^ BoUand., Acta Sànct, , 6 jnin , pag. S27, n* 24 } Fleuri , Hist. Ecclta. , lir. 67 , n* 10. si) Jeta Sonet., tmn, 9, pag, iSj, rr^
i
DISCOURS
et cet ouvrage lui paroissoit avoir précédé les e:9:emplaires latins. Dans un autre endroit du même ouvrage, il nomme (i) plusieurs poètes erotiques qui composèrent des chansons en langue vulgaire. C'est en 1066, à la fameuse bataille de Hastîng contre Harold, qui y fut défait, qu'pn chanta pour la dernière fois la célèbre chanson de noland. N'oublions pas que les Anglois envoyoient ]eui*s enfans en France y tant pour y làire leurs étpdes et se former à Part militaire , que pour se défaire de la grossièreté et de la rudesse de leur langue naturelle, et y apprendre Ta romane, qui étoit alors réputée la plus douce et la piQs polie (3).
Le' xii* siècle présente également des traductions^ mais il oSîe de plus un grand nombre d'ouvrages d'invention. Un Comte de Guines (5) fisiit traduite par Landrv de Vallanio, Godefroy et Simon de Boulogne , différens livres de piété, d'histoire et de physique; le poëme de Marbode est mis en vjers^ S. Bernard prêche ses Sermons en langue vulgaire; Abeilard compose des chansons galantes dont il &it la musique, et que, suivant les historiejis, tout le monde retint; S. Bernard Iui-n;iême fut soupçonné d'avoir composé quelques chan- sons dans sa jeunesse ; Hélin^nd ^rit ses différeus ouvragiess ; Pierre de Vemon donne les Enseignemens d' Aristote , et Robert-grosse- Tête le Roman des Romans; les Romans du Brut et du Rou paroissent, l'un en 11 55, et l'autre en 11 65; enfin ceux de la con- quête d'Outremer et de Guillaume au court Nez, qui contient l'His- toire travestie de S. Guâlaume de Gellone, les suivirent de près. Cet apperçu des ouvrages considérables fournis par le xii^ siècle , doit fajre présumer qu'ik avoient ét^ précédés d'autres moins impor- taiis , qui leijir servirent en quelque soi'te de modèle. Il n'appartient qu'à Jupiter de faire sortir de sa tête une Minerve totale armée.
La restauration des écoles et l'ardeur avec laquelle on les suivit dans le cours du siècle précédent, prépai*èrent les succès de celui que nous allons parcourir rapidement; en effet, il seroit plus aisé de compter les fleurs qu'un printemps fait éclore, que de nommer ici les poètes en tous genres qui écrivirent au xiii'' siècle , et dont les ouvrages nous sont parvenus. Une ép^déi^ie poétique, si je piis ^n'exprimer ainsi, se répandit diez les François; et semblables a ce peuple dont le soleil avoit échauffé les têtes à la représentation d'une tragédie d'Euripide, ils ne parlèrent plus qu'en vers.X)utre les tra- ductions des livres saints, on rima des Commentaires sur l'Ecriture
Ti^ Jeta Sanci., tpip. 3, pa^. 37B; etjiimàL, lUf. Çp, ;i* 4i*
(a) Ob osam armoram , et ad lin^iue nativae barbarien joUcndain ? Du Chesnt ,
(3) Le Bcaf, Disi., tome a, part, a, page 38,
PRÉLIMINAIRE. xxv^
Sainte y des ouTragea de théologie, de morale et de philosophie , des légendes, des histoires sacrées et pro&nes; enfin la Coi;it;i;ime de Nor- mandie et la Règle de S- 3enoit . fureiM n^ses en vers. On composa des satires, des historiettes^.des fabjuaux^ des contes ddy ots et badins, des romans de chevalede, die fé^e.et.d'amçtVtr ;^t4:e fut alors que paru- rent les premiers essais dans la poésie épique et dramatique. La chan- son prit un tour pjlus fia et plus délicat^ quelques persqnnes illustres, des SouTer^ins même, ne dédai^èr^t po^vt^'^jçi 'Composer et de sy iaire remarquer. Thibaut*, Roi de Navarre, ^ntreç^eui le premier avec ordi'e les rimes fi^inines et masculines, et ^onna par là à ses chansons une grace inconnue jusqu'alctrsji I^PP^^^neuriG^e JBrulez, Monseigneur 'rhibaut de Blazon, les-Chigitelains deCouci et d'Arras, le Comte d'Anjou, le Duc de ft*abant, le Vidamede Chartres, les Messires Gautier d'Aq;ies, Hugues de ^ersi^, Raoul de âoinons, Robert de Mai4>erole8, Jacques de Chison, etc. brillèrent dans le même genre de composition, ,c^ fui;e9t plficés ^ar la postérité au nombre des auteurs les plus agréables de ce temps-là.
Cest une 6hose digne de p$u[parqae,.que ce soit pendant le règne du plus saint de nos Rois, que la romancqiîe ait^t le plus de progrès, et que le nombre des conteura et des cbansonniç^rs soit oevenu si grand ; car ce ne fut pas seulement dans la capitale qu'on écrivit i en pro- Tiuoe des poètes se distinguèrent dai;i^ les dialectes picard, walon, normand, parisien, bourguignon, gascon et proyençal; dans ce der- nier sont compris le languedocien ^ le dauphinois, le bourdelois, et ceux des autres provinces méridionales situées au-delà de la Loire. Mais tous ces rimeurs, sans exception ^ négligèrêiit du plus au moins le yrai et le naturel ; au contraicç., les moyeijis merveilleux et ex- ti-aordinaires eurent pour ei^x un charme puisaaiit. Peut-être Ten- thoudiasme général de la nation pour la chevalerie , fit-il entrevoir comme des choses possible des fiiitjB invraisemblables? Quoi qu'il en •oit, les fables f^t ]a fiction jurent ^ seules divinités inspiratrices des
qui aerv.ent cuvent à la peindre. Par .exemple, dans les vignettes a un iQi^MSGrit où les auteurs et les peinû^s ont représenté Alexan* dre, ce Roi e)t vâtu d'un surcot; sa Cour est composée de Barons, de Pairs et d'Évèques, et son palais est un çhAteau-iort, accompagné de tours. Dans un autre manuscrit 6n a peint les funérailles de Jules César ; son corps , précédé de la croix et de l'eau bénite , est entouré de religieux , etc. Je craîndrois de fatiguer le lecteur, si je lui retraçoi^ toutes les erreurs où sont tomba nos premiers écrivains^ sous le
xxvîij DISCOURS
rapport de l'antiquité et de Tordre chronologique; il suffit qu'il soit instruit que les connoissances de quelques-uns d'éntr'eux ne remon- toient point au-delà d'un siècle : il raut cependant excepter de ce nombre Ville-Hardouin, Guillaume Guiart, Guillaume de Nangis et Joinyille , tous quatre fort instruits pour leur temps , et recom- mandables par leurs ouvrages ou par d^excellentes traductions. Leur style est simple et attachant , sur-tout celui de Joinville, qui, présent à tous les événemens qu'il décrit , les rapporte avec une naïveté qui charme, et dont le seci*et paroit perdu.
Ce fut dans le cours du xiii* siècle que les iimem*s françoîs es- sayèœnt d'ouvrir la carrière théâtrale ; Rutebeuf , Adam de la Halle, surnommé le Boçu dCArras, et Jehan Bçdel, sont les pre- miers auteurs dont il nous reste des ouvrages dialogues : le siècle lïrécédent en avoit cependant produit plusieurs en vers latins. L'Abbé le Beuf (i), parlant des pièces profanes rimées, s'exprime ainsi : <( On trouve souvent, dit-il, dans les manuscrits de toutes les grandes » bibliothèques, des ti^gédies en rimes latines. Du Boulay fait men-. » tion de celle de Sainte Catherine à l'an ii46 : on peut voir ailleurs » celles de l'Abbaye de S. Benoit. Dans celle de Saint Martial de » Limoges, sous le Roi Henri i, Virgile se trouve associé avec les » Prophètes qui viennent à l'adoration du Messie nouveau-né , et il )> mêle sa voix avec la leur pour chanter un long benedicamus rimé, D par lequel finit la pièce ». ,« Nous ne trouvons point cependant » de vestiges , disent les sa vans auteurs de l'Histoire Littéraire de la » France (2), qu'on fit représenter ces tragédies avec appareil et » décoration ». De Rutebeuf à Corneille l'intervalle est immense et ne peut se mesurer; mais les informes essais du premiei* contribuèrent peut-être à préparer les chefi-d'œuvre du second.
Cependant la langue et la littérature françoises, en s'agrandissant, sembloient être devenues celles de toute l'Europe. Outre les jeunes gens envoyés en France pour y &ireleurs études, les étrangers parloient et écri voient chez eux en roman. Brunetto La tini, Florentin, fuyant sa patrie déchirée par l'usurpateur Mainfi:oi, en 1 260, se réfugia en France, y composa un Traité des Etudes qu'il écrivit en firançois (3) ,
Îiarce qu'il trouva cette langue la plus harmonieuse de toutes (4). în Angleterre Richard i*' attû*a à sa Cour, par l'appât de fortes récompenses, nos poètes et nos conteurs; il s'en répandit également dans l'Italie , 011 il paroit que leurs succès furent grands^ car Muratori
Disfeit. déjà citée , page 65.
Tome 7, page 127.
Mcm. de TAcad. des Inscrip. , tome 7 , ûi-4.
Fq^ez ce Glossaire au mot PjjLLÎu&t.
PRÉLIMINAIRE. ixîx
npporte (i) un rëglement des officiers launicipaux de Bologne^ fait eu 13389 par lequel il est défendu aux chanteurs françois de s'arrêter dans les places publiques. Saint Louis encouragea les lettres et les sciences, et fit ses effi>rts pour qu'elles brillassent de tout Téclat qui les euTironnoit sous ses prëdëcesseurs. L'Uniyersitë , déjà dëcorée de plusieurs privilèges par Philippe-Auguste, en reçut d'autres de Saint Louis, et acquit un nouveau lustre. Le nombi^e des collèges fut augmenté à Paris $ Robert de Sorbon (2) , entr'autres, chanoine de Cambray et confesseur du Roi, en fonda un, auquel il donna son nom, qui est devenu si célèbre depuis. L'art de la médecine ne fut point négligé, il entra dans le nouveau plan d'études, et Hippocrate et Galien devinrent des auteurs classiques. Horace, Virgile, et sur« toat Ovide, furent lus et souvent cités, quoiqu'alors le latin fut bien certainement langue savante, ce qui^ prouve les progrès qu'avoient £dts les études, et combien les sciences et les lettres avoient gagné en peu d'années.
Me voici parvenu au xrv* siècle ; il ne présente pas autant dé" poètes que les deux précédens ; cependant on y voit les noms d'£us- Uche Deschamps et de Guillaume de Machault : leurs écrits se res* sentent au moins un peu de la lecture qu'ils avoient faite des bons autears. Les ouvrages du premier sont fort intéressans, en ce qu'ils traitent des habitudes et des mœurs privées des François, dont l'au- teur &it souvent la satire ; il s'y permet aussi quelquefois ce qu'on trouve firéquemment chez ses prédécesseurs, c'est-à-dire, des termes obscènes ; car tout y est nommé. Machault, plus réservé, ne s'occupe dans ses vers que d'aventures amoureuses et de sa maîtresse ; il la compare à une harpe sur laquelle vingt -cinq cordes sont tendues, et chaque corde est l'emblème d'une qualité de l'objet chéri. D'autres poètes, contemporains des deux que je viens de citer, étendirent la route que Rutebeuf et ses confrères leur avoient foiblement tracée; ils transformèrent l'Histoire Sainte^ les Actes des Saints et des Martyrs en dialogues, auxquels ils donnèrent le nom de Mystères. Ce nouveau genre en fit écloi^e trois autres, la moralilé, la farce et la sottie, tous ouvrages sans plan ni conduite, et qui se ressentent encore de la longue enfance des lettres, mais auxqueb on doit peut- être, comme je l'ai déjà observé, d'avoir frayé la carrière théâtrale, que tant de grands hommes ont illusti*ée depuis.
Une antre branche de la httérature , la plus* nécessaire de toutes , puisqu'elle est destinée à transmettre aux hommes des évéuemens
(x) Jntiq. IttJ,, tom, a, D. ig.
(a) Ainsi nomme do lieu de sa ntiisance : Sorbon est an petit village prci Je Rhetel-*
m fitSCOUftS
passes, et à coûsetver le souTenir de» belles actions, PhistoiVe prit OU' style plus élevé y et plus conforme èta caractère de vérité qui lui é^n-' vient. Froissart l'écrivit d'une maidère jusqu'alors inconnue ckefdes François; sous le ré^ne du Roi Jean, Pierre Bèroheure a voit traduit les Décades de Tite-Li ve. Les malheurs de la France , pendant qu'elle fut gouvernée par ce Roi, arrêtèrent un moment l'essor qu'avoient pris les lettres et les sciences ; mais sous le règne de Charles v elles reparurent plus brillantes que jamais, et pour ne plus s'éteindre. Ce Prince , que la prudence de son gouvernement et son amour pour les sciences firent surnommer le Sage, fit traduire une partie des livres saints et des auteur» latins. Les oQ?rages de Jehan de Vignay, Raoul de Praelles, Vasque de Lucetie, Jehan Corbichon, augmentèrent la bibliothèque du Monarque. En iS^S Gilles Mallet, qui en avoit la carde , fit l'inventaire des livres qu'elle contenoit : il s'y trouva neuf cent dix volumes, quantité considérable pour un temps oii l'on ne connoissoit point l'imprimerie. Cette pi*écieuse collection fut déposée dans une totïr du château du Louvre, qu'on nomma pour celte raison, tour de la Librairie : ce fut là le premier fonds de la Bibliothèque Impériale, aujourd'hui la plus complète de l'Europe. Ce siècle fut celut des prosateurs; il y en eut qui tradui- sirent en prose les longs et ennuyeux romans que les poètes avoient composés dans le cours des deux précédens. Christine dé Pisan com- mença à écrii*e, Guillaume Alexis donna ses Poésies, et Guillaume Guilleville ses Pèlerinages.
Deux événemens également célèbres dans les annales de l'esprit humain , concoururent , dans le ^v* siècle , à réparer les maux qu'avoient faits aux lettres le déplorable état de Charles VI , et les haines héréditaires qui divisèrent si long-temps les maisons de Bour- gogne et d'Orléans.
Je veux parler d^abord de l'invention de l'imprimerie , dont les
1)remiers essais parurent vers i45o. Assez d'autres avant moi ont ait sentir les avantages de cette précieuse découverte , qui , en répan- dant les ouvrages des meilleurs écrivains, a multiplié et facilité les moyens d'insti-uction. Je me borne donc à répéter ici que c'est à Yart de l'imprimerie que l'Europe est redevable des vastes coiinoissances et des lumières des savans de tous les âges.
Le second événement est la conquête de la Grèce et de Constan- tinople par les Turcs. Tout ce qui tenoit aux letti^es s'enfuit devant le vainqueur, et eut le bonheur de l'enconlrer en Italie une teiTC hospitahère. Les Médicis, protecteurs nés des sciences, leur ofiOrirent un asyle, et ils en recueillirent les premiers fruits. La France voulut
PRÉLIMiïfAIRE. xxi|
«osai fl^enrichir de cette conquête. Louis xij Cliarïes Yiii et Louis XII, attirèreut par leurs libéralitës un grand noïdbre de ces sarans : l^amour des sciences se ralluma comme pa^ enchantement, tons les genres de littérature furent cultives $ les écoles derinrent aussi florissantes que celles des Gaulois sous les Romains : l'Uuivèr* aitë de Paris compta jusque vingt-ciiiq mille étudians (i). Les rayons de ce soleil naissant se répandirent sur toute la France; on apporta plus d*ordre et de méthode dans Tétude des langues mortes, on lut- arec irait les anciens, on les commenta, et on s'enrichit de leurs
Tel étott l'état des lettres lorsque François i*^ parvint au trône. Ce Prince magnanime, galant et magnifique à sa Cour, brave à Ja guerre jusqu'à la témérité, loyal, généreux; également estimable par ks qualités de l'esprit et du cœur, ce Prince , dis-je, ne négligea aucun des avantages que lui offiroient les circonstances, pom^ fixer les lettres dans ses Etats. Des collèges richement dotés y enseignèrent les hautes sciences; il créa des chaires pour les langues grecque et hébraïque^ et récompensa les savans les plus distingués par des pensions hono- rables; de ce nombi'e furent, Bertin, Budée, Genebrard^ Va- table, etc. etc. La lecture des anciens devint alors tellement &milière, qu'on fit passer leurs meilleurs ouvrages dans notre langue ; et à mesure que le domaine des sciences s'agrandit, il se présenta des hommes dignes de le parcourir. Les deux Marot, BaïF, S. Gelais, du Bellai, Theorenus et Sannazar, écrivirent leuts poésies; Amyot fit paroitre ses Traductions; Montaigne cooaposttf ses Écrits philo- sophiques; Rabelais, son Pantagruel; eufiù, Dolèt, Henri et Robert Estienne, Paul Emile, du TiUet, Turnebe, du Mouliti, etc. se fii^nt remarquer par leur science et leur profonde érudition. C'est ainsi qu'à la voix du Souverain, les artà, s'élança ht de leur berceati et quittant leur en&nce, s'élevèrent en très-peu de teitips à un degré
premier Dientait qu Ici se termine la tAche que je ih'étois imposée ; j'ai parcouru d^un œil rapide les siècles les plus reculés, j'ai fait sentie les varia ticais du langage, et j ai indiqué les auteurs qtie chaque âiècle atoit produits : je m'arrête donc ici. Les nombi*eux écrivains qui, depuis François i**", ont répandu sur la France le flambeau des llimières, sont trop g^néraleinent connus, pour que j'aie besoin de les citer. Enfin Malherbe pinl
(i) Eisait Uist. snr ParU| ptr Swiiil-Foix, tome a, pag« 14O.
xxxij DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
L'éditeur de ce Glossaire n'ayant rien de plus à cœur que de per* fectionner les ouvrages qu'il publie , prie MM. les Gens-nde-Leltres qui remarqueront dans celui-ci des fautes ou omissions, de vouloir bien lui adi*esser leurs uotes^ celles qui tendront au perfectionnement de cet Ouvrage, seront reçues avec reconnoissance, et insérées avec les noms des personnes qui les auront fourni^, dans le cas où cette première édition seroit assez goûtée pour espérer d'en publier une seconde*
Soua presse, pour paroitre chez le même Libraire dans le cou- rant de juillet ou août 1808. Dictionnaire Étymologique des mots françois dérivés du grec, par J. B. MoRiN, enrichi de Notes par M. d'Ansse de Villoison, seconde édition, 2 voL in-Z. , imprimé à l'Imprimerie Impériale. L'accueil favorable qu'a reçu la première édition, la rapidité avec laquelle elle s'est épuisée, sont de sûrs garans du succès de celle-ci. L'auteur a profité des observations que lui ont faites plusieurs sa vans, pour étendre son travail et le rendi*e d'une utilité plus générale. Cette édition contiendra à -peu -près une fois autant d'articles que la première.
Le même Libraire est aussi propriétaire d'un manuscrit ayant pour titre : Dictionnaire grec et françois, par M. Belin de Bal lu, membre de l'ancienne Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , et associé de l'Institut. Cet Ouvrage ne doit pas être confondu avec les deux Dictionnaires grecs et françois, dont l'un a déjà paru , et l'autre s'imprime actuellement. Sans prétendre juger leurs auteurs, on peut avancer qu'ils ne se sont pas fait connoitre dans la Littérature grecque, comme M. Belin de Ballu, dont la traduction d'Oppieu et celle de Lucie/i sont justement estimées. D'un auti*e côté , ces deux nouveaux Dictionnaires doivent se ressentir nécessairement de la précipitation avec laquelle ils ont été en même temps rédigés et im- primés, tandis que celui de M. Belin de Ballu, &uit d'un travail de vingt ans, comme le savent ses amis, a été mûri dans le silence du cabinet, et retouché à plusieurs reprises. Les personnes qu'un ouvrage de cette importance intéresseroit assez pour en désirer la publication, peuvent se faire inscrire, à Paris, chez B. Warée oncle, Libraii*e, quai dès Augustins, n"* i3. On ne demande rien d'avance; on desii^e seulement avoir un nombre de souscripteurs suffisant pour assurer la moitié des dépenses qu'exige cette enli-eprise. Ceux qui souscriront d'ici au premier novembre 1808, jouiront, d'après le prix qui sera fixé , d'une remise de cinq francs par chaque exemplaire.
\
GLOSSAIRE
DE LÀ
VNGUE ROMANE.
Molta rena»ceiitar , quse jam cecidere : cadentque» Qq» nnnc sunt lu honore Tocabula.
JHoRjâT, Are, Poet,
la , au , avez , chez , de , est , our , sur , dans , il y a , lous le , à la fois , en une fois.
riz a moi , apprenez par moi; a me.
Serm, de S. Bernard»
Lvec.
1 en sa tente qui as ( «checs joiut ie Cliaudok qai noblement régna.
'e Bert. du Guesclin, />arCuTSuia«
1 brile Euriant et tontte sa Route se cbemin.
Bom. de Girard de Neyen, !ontre , envers.
rt, Toulex-Ttf iib combattre a un abbé ?
Bom. de Jehan de Sainrré, Cod, Bickelieu , 68.
h î exclamation j vers , contre, , auprès.
e , Eres , aléa î ît r «t djtcb li , le a moi et ne lait mie (Et qu'il n'y
? pa» ) ♦
: voel (je Teux) lui et &*amic.
Bom, d^Ere* ei dEnide,
AAG
A ce que : Parce que ; a i7 : il y a , y a-t-il.
A que f cure? Pourquoi faire?
Aacau , acauy a-cau : Secrètement, en cachette.
Aachement : Amorce, appât, ruse, stratagème.
A AGEE a , aachier, aacliir : Attirer, engager, forcer à faire une chose.
Aachis ( estre ) : Etre perclus de quelqu'un de ses membres.
AàGE , aaige : Age , durée ordi- naire de la vie de Thomme , majorité ^ vieillesse , durée , époque de chaque chose; ievum; non-aage, minorité.
Et se £1 n'est cheraber, quant il fait U preuve de son ae^e , 6C il fait que sages , il dira au scignor : Sire , doues moi on resplc rcsnablc de moi faire dieralier
Assis, de Jérusalem ,ch.ij5 ^foU 578.
Aàcé , aagié , aagiés , aa^'ez , aaiffi^, aaigié : Majeur , qui a Tûge , âgé , très- vieux ; (Tafgiatio , majorité , formé (Vœvittis,
Ce mot ne $JgniGe pas dettes , obli*
Vf9^
xxxij DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
L'éditeur de ce Glossaii*e n'ayant rien de plus à cœur que de per* fecdonner les ouvrages qu'il publie, prie MM. les Gens-de-Leltres qui remarqueront dans celui-ci des fautes ou omLisions; de vouloir bien lui adi*esser leurs uotes^ celles qui tendront au perfectionnement de cet Ouvrage, seront reçues avec reconnoissance, et insérées avec les noms des personnes qui les auront fourni^, dans le cas où cette première édition seroit assez goûtée pour espérer d'en publier une seconde*
Sous presse y pour paroitre chez le même Libraire dans le cou- rant de juillet ou août 1808. Dictionnaire Étymologique des mots françois dérivés du grec, par !• B. MoRiN, enrichi de Notes par M. d'Ansse de Villoison, seconde édition, 2 vol. m-8. , imprimé à l'Imprimerie Impériale. L'accueil favorable qu'a reçu la pi^miére édition, la rapidité avec laquelle elle s'est épuisée, sont de sûrs garans du succès de celle-ci. L'auteur a profité des observations que lui ont £siites plusieurs sa vans, pour étendre son travail et le rendi*e d'une utilité plus générale* Cette édition contiendra à -peu -près une fois autant d'articles que la première.
Le même Libraire est aussi propriétaire d'un manuscrit ayant pour titre : Dictionnaire grec etjrançois, par M. Belin de Bal lu, membre de l'ancienne Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , et associé de l'Institut. Cet Ouvrage ne doit pas être confondu avec les deux Dictionnaires grecs et françois, dont l'un a déjà paru , et l'autre s'imprime actuellement. Sans prétendre juger leurs auteurs, on peut avancer qu'ils ne se sont pas fait connoitre dans la Littérature grecque, comme M. Belin de Ballu, dont la traduction d'Oppien et celle de Lucie/i sont justement estimées. D'un autL*e côté , ces deux nouveaux Dictionnaires doivent se ressentir nécessairement de la précipitation avec laquelle ils ont été en même temps rédigés et im- primés, tandis que celui de M. Belin de Ballu, &uit d'un travail de vingt ans, comme le savent ses amis, a été mûri dans le silence du cabinet, et retouché à plusieurs reprises. Les personnes qu'un ouvrage de cette importance intéresseroit assez pour en désirer la publication, peuvent se faire inscrire, à Paris, chez B. Warée oncle, Libraii*e, ' quai dès Augustins, n"* i3. On ne demande rien d'avance; on désire seulement avoir un nombre de souscripteurs suffisant pour assurer la moitié des dépenses qu'exige cette enti*eprise. Ceux qui souscriront d'ici au premier novembre 1808, jouiront, d'après le prix qui sera fixé , d'une remise de cinq francs par chaque exemplaire.
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GLOSSAIRE
DE LA
A.NGUE ROMANE.
Malta reniBcentnr , qu» jam cecidere : cadentque» Qaa noue sont lu honore rocabula.
JHoRjâT, Are, Pœc.
la, au, avez, chez, de, est, )our , sur , dans , il y a , iDus 3le , à la fois , en une fois.
iciz a moi, apprenez par moi; e a ine,
Serm. de S. Bernard»
Avec.
u en ta tente qui as < «chect joua de Ciiaudob qui noblement régna.
tic Bcrt. du Cuesclin, par CvYEUEM.^
la lirlle Euriant et tontte ta Route te ( cliemin.
J?om. de Gérard de Neyen, Contre , envers.
art, Toulex'Toiis combattre a un abbé ?
Rom. de Jehan de Saintré. Cod Richelieu , 68.
k.h î exclamation j vers , contre, , auprès.
le , Ere» , aléa i
Jlrr et dite» li ,
;ne a moi et ne lait mie (Et qu*il n^y
le pas ) ,
•c voel (je Teiix) lui et s*amie.
Rom, dErtt et dEnide,
AAG
A cff que z Parce que ; a iV : il y a , y a-l-il,
A que faire ? Pourquoi faire ?
Aacau , acauy a-cau : Secrètement^ en cachette.
Aachement : Amorce, appât, ruse, stratagème.
AACHEa , aacJiier, aachir : Attirer, engager, forcer à faire une chose.
Aachis ( estre ) : Etre perclus de quelqu'un de ses membres.
AàOE , aae'ge : Age , durt^e ordi- naire de la vie de Thomme , majorité ^ vieillesse , durée , époque de chaque diosej ievum; non-aage, minorité.
Et se il n*est chevalier, quant il fait U preuve de son aage , ne il fait que sages , il dira au seiguor : Sire , doues moi on respic rcsnablc de moi faire chevalier
Assis, de Jérusalem , ch, ijS ^fol, 378.
Aagi£ , aagié , aagivs , aaf^iez , anigë, aaiç;ié : Majeur , qui a Tâge , âge , très- vieux ; à'œgiatio , majorité , formé iVœviftis,
Ce mot ne signifie pas dettes , obli*
2 AAI
gâtions , intérêts , comme le pense l'auteur du Glossaire du Roman de la Rose. Fojrez Acié.
ICommer ne ponrrolt nillz tant fait enlaogagîez, En comgraat redevance liomt s*estoit engagiez; Car de cinq cens mondes n*en payast les
aagiez , fie le fib de Dieu oaesroe ne s*cn fiist ostagies. CodicUe de Jehan de Meung,
. Aucun homme , fdt-il le plus savant , ne pourroit exprimer combien Thomme s*étoit endetté , entaché de péchés : Tâge , la vie de cinq cens mondes u*auroient pu l'acquitter, •À le fils de Dieu ne sVn fût rendu caution.
AiCEMENT : Majorité , âge où Ton peut disposer de sa personne et de ses biens , à^œgiatio»
Aagee , aagier : Déclarer majeur , émanciper.
Aagner : Contredire, contrarier, contester avec chaleur.
Aainneesche , acdnsneche , oins-- neage , ainsneesse y aisneage : Droit d'aînesse , du mot ainsné ^ antê natus; en bas. la t. ainescia y enecea, œnes^ tia. Voyez Ains,
Se villenage vient à enfans en descendant en en eschoite ; il n*y a point à^euùnsneche , ains emporte autant li mains -nez corne U fins-nez.
Coût, de Beauvotsis, chap, x4.
Aaisans : Commode , aisé , con- tent , heureux ; dû grec aizios.
A aise , aaisement ,' aaisie : Faci- lité , contentement , utilité , conve- nance , secours que Ton tire d'un ami \ en bas. lat. aaisientia.
11 leur donroit assez plus que U n*avoient la , et s croient plus à honour et k greignour oaise. Guillaume de Tjr,
Aaisie : Soulagé, reposé, à qui rien ne manque ; du grec aizios*
Icelle nnlt se sont bien aaisiez , Dot qa*al demain que II fu esclarîeXf .
Roman de Ggrin,
Aaisier, {uiisery aassiery aeiser^ aezer, aezier, aiser, aisier : Mettre à' raîic , soulager, aider, causer du plai-
AA*
sir , satisfaire, faire du bien, consof 1er, secourir.
Une heure se mésaaisoit , l'or lui à tousjours aaisier*
Le Reclus de Molient.
Aales , aeles, Voy. Aïdelatte.
AkijOVO^^^aalongner, aalonguer? Différer, prolonger, retarder; elorf^ gare.
Ahisi ni avient il souvent que Tune besoigne tout l'autre aak/nge , si doit chil penre garde qui a afere de plusieurs quereks en une court , le meilleure voie , ou dealer à court pour tonte la journée , ou de contremander , ou de ttr soniM'.
Coût, de Btauvoisis , ch, 5, fol. 37.
Aaxplement : Accomplissement.
Ve s*abast mies solement desoz les devan« triens, mais nés assi desoz les plus jouenes; et c>st U perfections d'umilitelt et H aatnple» menz de justlse.
Serm, de S. Bernard, fol» a64«
F0jr. Aemplir.
A ANCRER : Jeter Tancre ; au figuré, tenir ferme; ô*anciora,
Aarbrer : Grandir tout d'un coup; monter, grimper sur un arbre; d*ar- bor; en Langued. avalbra»
Et se voyant ainsi porsis
A €tarhrer de paour se sont mis.
Rom, de Perceval, fol, 9, parlant de gens qui étoient poursuivis dans une forêt.
Aarbrer (s*) : Se dresser; se ca- brer, en parlant d*un cheval.
Aarder, aardir, aardre : Saisir, enlever, s'attacher, joindre ; adhcs'^ rere,
M'âmc fkaardie , ce est , se prîst après toî. Comm, sur le Sautier, Ps. 6a , vers, 8«
Aasu EMENT : Estimation , juge- ment , pensée i œstimatio.
Ensi acrast assî en mi et dolor et crlmor Il aasmemenz de la medîcine.
Serm, de S. Bernard, fol, 20, o^.
•Stic et medicînœ aestlmatle et doloris m et timons exageratio est*
•i ♦
i
L.
ABA
AjitXBm : Penser, croire, présu- mer , juger ; œsdmure.
Aasti , iuUi: Animé, pressé , ai- guillonné , brûlé , rôli.
Aastik , aatir y ahasùr y ahater ^ ahatir : Animer, presser, aiguillon- ner , irriter , disputer ; échauffer , brûler, griller ; d'astare, et au second sens à^hasta. Voyez Haste.
Aate , aie : Habile, capable , pro- portionné , ajusté ; aptus.
Aatib, aasiie, aastine , aathie, catine , ahasiine , ahatie , ahatine , chauve , atie , atine , hostie y hastine, haùne : Haine, colère, aniroosité, courroux , querelle , bâte , dLigence , empressement.
Aatib , oaciter, pastîr: Se défier, t*empresser , disputer le prix , aigrir, chagriner ; et arranger , préparer , disposer; à'aptare. Voy. Aastir.
Aatisoh , aiison : Effort , gage , pgeure , défi.
h poorroîe bien m^trt ma teste en athon, ^{mc f«rc Bc peus»eft âu«ti graat mespruon.
Aatbie : Noirceur d*ame , méchan- ceté de caractère; à^aier*
Ab : Avec.
Aba , ahat: Abbé , supérieur d'un couvent ; d'abbas,
Ababbupte : A Fimproviste, à l'ins- tant même, sur4e^bamp ; ab abrupto.
Abacb , abacie , abaco ^ abacon , chaque : Buffet de service , petite ta- ble quarrée qui servoit , dans un fes- tin, â mettre les pots et les verres ; à^chacus. Ces mots étoient aussi em- ployés pour dé^gner une table sur ! laquelle on traçoit des figures et des Bombres d'arithmétique. Cette petite table ou ais, te nommoit table de Py thagore ; de-là vient que dans quel- qvet auteurs aucâeiUt abaco signifie arithmétique*
ABA S
Aracie : Comptoir , damier , buf- fet ; du grec ahax , abacus.
Araciner : Aveugler ; en bas. lat. abacinare* C'étoit en présentant aux yeux du condamné, un bassin ardent d'airain ( bacinum ) , qu'on le privoit de la vue.
Araciste : Arithméticien; aba-- dstus.
A RACOT : Ancien chapeau royal des rois d'Angleterre.
Aragteub : Ravisseur , voleur ; à!abactor,
Araeux , abaeuz , abaoux : Biens sans maîtres , ou vacaDS par la mort des propriétaires , et qui apparte- noient au seigneur lorsqu'il ne se irouvoit point d'héritiers connus.
Arahier : Aboyer; adbauclare ; mot encore fort en usage en Picardie.
Arahier , abahir : Etre surpris , étonné. I/ucing ben abahis : Ils fu- rent bien surpris. •
AraÎ , abajr, abbaîs, abbay, abbé, aboY : Aboyement d'un chien , situa- tion pénible , douloureuse.
A fabar, aux abois, à tont« extrémité j| tenir en abois , faire languir.
Araiakt : Jappant, aboyant.
Araiener , abaigner : Baigner j^ mettre dans le bain ; de balneare.
Araier , abiiyer y abbayety ab^ bayer y esbaùer, habaery habaier : Aboyer, être aux abois , aspirer ; ad- baudare.
Araier , esbaier : Ecouter aveo attention; baubari.
Ar Al ESSE , abaisse y abbeisse: Ab- besse , supérieure d'un couvent de religieuses : c'étoit encore la tenante d'un lieu de prostitution ; abbatissa; en bas Bret. abadcs,
Araiete , abaieur, aboiete : Ve- dette, sentinelle qui doit crierct aver- tir quand il eu est besoin.
4 ABA.
Abaillb , ahallie , ahoile, aboîHe, aboillie , aveille : Abeille ;apis, avi- €ula , apicula.
Abailler : Bien réussir, aller droit au but , atteindre son objet.
Abaiser , abaisser, abaissier, aba- sier , abesser y abessier : Appaiser , tranquilliser, baisser, humilier, di- xninuer ; à^abj'icere.
Abait : Aboie , qu'il aboie ; subj. prés, iïahaier,
Abaitre : Abattre, renverser; ad- vastare,
LaquelUe maxon (maison) fist abaitre,
Abali : Fuir , disparof tre , s'éva- nouir.
Abalourdir , abaubir : Hébéter , étourdir, étonner, déconcerter, trou- bler , rendre lourd et stupide par de mauvais traitemens; à*hebes; en Prov. abaoucha , abaouti : Ayolrla tête em- barrassée , se pâmer, se trouver mal.
Abandir (s' ) : S'attrouper, aller par bandes ; de bandum»
Abandon (se mettre) : S'exposer.
Abandon : Don abondant et sans restriction ; abundans donum ; en bas fret, aboun.
Abandon , adv, : Abondamment , promptement , à volonté , à plaisir , sans contrainte , sans balancer, sans hésiter, sans génc, sans délai; aburt- dantcr. Voy. Habandon.
Abandonkr : Donner à foison , avec profusion , prodigalité , permet- tre ; abundanter donare.
Abandonné : Libéral, qui donne abondamment.
Large et abandonné fustytantpor Deu que por ij- monde : Il douua beaucoup tant à Dieu qu^au prochain.
Ablv DOJH VEvzvT^abandonneement: Permission , licence , sans réserve , à ducrétion , librement , hardiment.
Aban DONNEUR : Qui abandonne 9 qui quitte.
ABA
Abaitdons : Sorte de coutume a&ûv lie par S. Louis, en 1260.
Abangue : Petite monnoie moin<» dre que la maille; ab^nga; en Prov» abhengo,
Abannation : Exil d'un an entier, qu'on faisoit subir à celui qui avoit commis un homicide involontaire.
Abannir : Défendre, prohibée* Voyez Ban.
Abaque. Voyez Abace.
Abare , noze abare : Noix cer-* neuse.
Abarimathie : Arimathie , nom propre de lieu ; Arimathia, Ce mot vient de Tignorance de nos anciens auteurs, qui , lisant dans le latin /o* seph ab Arimatliia, en ont formé ua seul.
£t 7 aToit aux! ung autre prendomme qui se appelloit Joseph de Abarimathie , lequel estoit seigneur d*UB lieu qui «^appelloit Aba^ riinatie,
HisL de la Passion de J. C.,foL r.
Abarrer : Empêcher l'effet , s'op» poser à l'exécution d'une chose com- mencée ; de vara.
Abarrot : Outil de tonnelier, vrille ou foret.
Abas : En bas.
Abassi : Abattu , tombé , renversé.
Abassir : Abattre, démolir, ren* verser ; advastare. *
Abastarder : Déclarer bâtard; en bas. lat. abastardarc.
Abastire, abatericy abateure, abé&y tire y abature. Voyez Abateis. Abastonne : Armé d'un bâton.
Abat : L'action d'abattre , dévas-v tation , abattable , qui peut être dé-* truit ; advastatio»
Abat- Chauve E : Laine médiocre^ de moindre qualité.
Abateis , abbatcis, abbatis : Des*- truction^ carnage y adyoitatiQ. Ce mo^ .<
i
ÀBB
ne signifie point une forêt ni on bois, comme Ta expliqué Borel.
Abatement, abatellement : Prise de possession , terme de chasse.
Abatlign E : Visite d*un pourceau pour voir s*il u*étoit pas ladre , et le droit dû an seigneur pour cette visite.
Abattis : Lieu où les bouchers tnoient et tuent leurs bestiaux; Tac- lion d*abattre , de renverser ; advas" taiio , d*advastare.
Abattison , abatoison : Démoli- tion , renversement , ruine ; advas-
UUiOm
Abattee, abattre (s*) en une terre : Cest s'en emparer.
Abattuees : Abattis , menus bois , choses qu'on abat ou qui sont abat- tues.
Abaubi , abaubisy aibaubi , ébaubi: Tout étonné , surpris , effrayé » fâ- ché ; en bas Bret. abaff^
Abaitbie , abaudiry ébaudir: Eton- ner, effrayer, déconcerter; adbau" dore y balbutire , baubari,
Abave , ahajcul : Bisaïeul ; d'aba-
PMS,
Abaxier : Appaiser; abaxicr les uoisejt : Appaiser les querelles.
Abay : Jappement de chien. Foy* Abaî.
Abatelart : Abailard , célèbre docteur du xii^ siècle , dont les ta- lens , l'amour et les malheurs inté- resseront toujours les cœurs sensi- bles ; Abœitardus,
Abater. Forez Abaier. Il veut dire aussi, bâiller; a6<77r/ff^ ils aboient, ils jappent , ils bâillent.
ABBATE,aÀa/o/i :Lieu inaccessible. '! Abbater : Aboyer , japper. ï Abbayette , abeie , abiete .• Ab- baye , couvent , maison abbatiale , ë*an abbé ; d^abbaticium^ abbatia,
£n etcris trois qa*eii Vabeie n« bèxnn SauTCur de Patle
ABE S
Ca en arrière eat un prieur , A peine trourast-on pieur.
Gautier de Coinsi, /iV. x , ch, y,
Abbays , esbays : Qui est tout sur- pris et saisi d*étonnement ; d*hebes*
AhhifLSSZ ^abaesse, abbaise^ abeej^ se, abese : Supérieure d'un couvent de religieuses. Ces mots désignent aussi une femme qui présidé aux lieux de prostitution ; d^abbatissa.
Abbei , abbe, albe ( ly ) : Le supé^ rieur, Tabbé d*un monastère; abbasf en bas Bret. abad.
Abbetkr. Voyez Abestir.
Abbusion : Abus de confiance , fraude , tromperie , friponnerie; abu* sus.
Abcis , abcisc : Coupé , taillé ; ab* cissus.
Abé , abhat, abbei, abei , abêti Père, titre donné aux personnes conSr tituées en dignité ; d*abbas.
Ani. : Avoir , donc , hé bien !
Abkce. Voyez Arace et Abacie.
Abécellé : Mis par ordre alpha«> bétique.
Abechemeict : Action de donner la becquée.
Abecher : Donner la becquée; en Prov. abeca ; en bas. lat. abbecare , de vectum , partie, de vehere,
A BÉE , ahbéc : Ouverture qui sert à faire passer. Tcau d'un ruisseau ou d'une rivière pour faire tourner un moulin ; c'est encore une ouverture qui peut se fermer avec des pales ou des lancoirs. Ce mol vient de baie.
Abéianck : Droit en abéiance ; c'est un droit qui est suspendu.
Abeielaoe, abeillage y alH>ilage , aboiliage , aboliaf^ : j^ssaim d'abeil- les, ruche; abellnrium ; en bas. ]at« abollagium ; en Prov. abië, apié , un rucher. Tous ces mots sont formée d'apis^
3
6 ABE
ÀBEiLLoir , abeilion : Essaim d'a- beilles ; d'apis.
Abejuyree. Voyez Abeyep.e.
A BEL 9 ahle : Habile , expert dans son art , capable , qui a de Tesprit , de la science ; en Angl. abie ; en bas Bret. abfl; d'habitis,
Abelan E : Aveline , amande qui a la coque tendre.
' Abelie, abbelir, abeUir, abielir: Plaire, être agréable , parer ; en Prov. ahela , polîr, rendre propre; en ItaL abelUrc.
Abeliser : Charmer , ravir quel- qu'un. Ce mot n*a pas existé ; Borel n'a pas senti que , dans la citation suivante , le mot abelisoit étoit le presque parfait d'abelir.
Si XDLohelisoit et feoit.
Roman de la Rose,
Abelliaitce : Attente d'une chose avec grand désir et impatience.
Abelly : Plut, ne trCabellj^ ne me plut , ne me convint,
Abeitder , abendeir : S'associer » •e liguer ; de bandum.
Abeitevis : Permission de détour- ner les eaux pour arroser des prés ou faire tourner un moulin ; en bas. lat. abenevisare , louer en cmphy- téose , du latin benê vis.
Abbkce , abengue. Voyez Aban-
CUE.
Abknste : Qui est obligé de s'ab- senter.
Abéoukadou : Abreuvoir; en bas Bret. abrvhuer. Voy. An'ÊnRACi.
Aber : Havre, embouchure de ri- "vière , ouverture ; apcrtura. Voyca Havreuse.
Abergi^ : Logé , auberge. Voyez Habergeoir.
Abiêson , abson, aublissoriy opson : Champignon.
Abests, abestùSy eubesie : L'amian-
ABE
te , pierre qui se réduit en filamenf « nue le feu ne sauroit altérer ; du Grec asbesfos,
Abestir, Jbester, abestier,abeter: Traiter quelqu'un avec mépris , abru- tir, duper , rendre stupide ; hebetem reddere.
Abet : Ruse » finesse , fraude ; ac- tion d'attendre , de guetter.
Abet, avet : Sapin, abies; en Ba»* que , abetoa.
Abeter , abederc : Sot » hébété ; à'hebes.
Abets : L'enveloppe du grain.
Abetter : Inciter, animer, exciter*
Abeura , lisez abevra; il abreuva » il but.
Abeuragi : Abreuvoir, lien où l'on mène boire les bestiaux ; de bibere.
Abeuron : Tasse, gobelet.
Abeuvrace : Droit de faire abreu* ver le bétail à une fontaine ; en bas* lat. aberagium ; de bibere.
Abeuvraige : Droit qu'on perce- voit sur le vin et les autres boissons exposées en vente dans le marché.
Abeuvron. Voy. Abuvroir.
Abeveter : Tromper , persifïler , donner le change, guetter, épier pour surprendre, prévenir, instruire.
Un TiUin ayant tué deux perdrix, commande à M femme de les apprêter pour son dîner i étant sorti pour vaquer à ses affaires, U femme les fait euire ; la bonne mine des per^ drlx la tente , elle en mange une , puis \
Adonc s*apensa, et si dlst Que lautre encore mengera ^ Muull très-hlen set qu*ele dira , •S^on li demande que devindrent, Ele dira que li cbat vindrent. Quant elc les ot arrier tretes , Tost U orent des miins retretes. Et chascuns la seue emporta ^ Ainsi se dist cschapera : Puis va enmî la rue ester , Por son mari aheveter.
Le dit des Perdrix,
Abevrer, abt^'uvrer, abeurer^ abc^
ABI
^btr^ aheverir, abeçrer, ahîprer, aboi-' pre, aboivrer, abovereir , ahovrer, aburery abuvrer^ embevrer: Abreuver, Ikire boire 9 désaltérer, imbiber, ar- roser; de bibere ; en bas. lat. abe- brare , abeuprare ; en bas Breton abeufryn*
Pd2s la miftt le henap à la bonohe et Vahevra, Jointnile, Vie de S. Louis.
Abetbiiement : L*action d*abreu- Ter.
Abetaitce : Attendre avec empres- sement quelque chose ou quelqu'un ; du -verbe béer, attendre et désirer une chose avec impatience.
ABHoaaEMENT , abhorrisement : Horreur , chose affreuse , abomina- tion ; ô^abhorrere,
Abial , a\n€U : Chemin fréquenté , battn , frayé ; de via. Voyez aussi AviAux ; il signifie le contraire , et YÎent à^avius,
ABiEnoB : L'avenir.
Abibhheab : Dépositaire.
Abienneur , abianneur : Commis- saire , dépositaire d*un bien saisi ; en bas Bret. abyenner, abyenneur.
Abigaut : Ancien titre de dignité chez les Sarrasins.
Abiceat : Larcin, enlèvement d*un troupeau de bétail , à dessein de se Tapproprier.
Abib : Songer, rêver; en ancien ProT. albir,
Abis : Habillement , costume , ha- bit.
li abis ne fait pas Tennîte , S*iiiu hom en henmîtage habite « C*il ekt de poures draz vestua. Je ne prise mie deux festus. Son habit , ne k» Teateure, C^îl ne maine Tie anaai pure Coume aes habis nona demonatre.
tt FabL de Freire Denise.
Abissa , abaissar : Détruire , abat- tre , démolir , abîmer ; à'abissus.
A B O 7
Abitehevt : Maison , demeure , habitation.; d*habiiatio*
Ablauee , ablaier, ablayer, em^ blayer : Ensemencer , emblaver una terre , la semer en bled , et par mb^ taphore, charger, accabler quelqu'un de coups; abladere , ablculiare; de bladum ; en Prov. abladar,
A EL Aïs, ahldonte y ablàos, ablaySy ahllez : Bleds coupés qui sont encore dans le champ , dépouille de bled ou de toutes sorte» de grains; de bla-^ dum.
Ablasmeb : BlAmer, condamner;' de blasphemare*
Ablatioh : Enlèvement; è^abla-* tum.
Ablectes , abletons : Soldats ro* mains d*élite.
Ablecassioun : Sorte de punition envers les eufans ; îïohUgatio*
Ablerét : Filet pour la pèche de petits poissons , et particulièrement des ables ; d*aibus , aiburnus,
Arlo : Cri d'exclamation qui vent dire vive ! courage ! allons ! ferme I
Ablochieb , abloquier : Asseoir sur des blocs de pierre ou de bois , consolider une statue ou un bâti- ment. Bien àbloquié : Solidement , bien construit.
Ablocquié : Rempli de bois , de broussailles.
Abloqui^ , abocquié , abocquis : Biens , héritages , lieu rempli de bois»
Aboby ou Abiht : Surpris , éton- né ; // /ut tout aboby ; il fut saisi d*étonnement, consterné. f.ABAiEB, Abiyer.
Aboc : Cri bourguignon qui se fait dans le tumulte.
Aboilige : Droit qu'ont les sei- gneurs de prendre les abeilles qui se- trouvent dans leurs dépendances; en bas. lat. aboUagium i à* apis. VoyeA AbejelaciE»
4
B ABO
Abotlb , ahoille. Voy. Abaille.
Aboivrk. yoy. Abevrer.
Aboi VREMK^T : Ce qu'on paie pour le droit de bien-venue ou de récep' tion dans une sociétc^, et qui s'em- ploie ordinairement dans un repas.
Abolan : Longue robe ou man- teau.
Abolé : Enflammé , amoureux.
Arollace. Voyez Abeielage et 'Aboilage.
Arominacion : Abomina tion, hor- reur; à'ahoîmnatio. Ce mot signiiîoit aussi dégoût ,' nausée.
La ni4^Dte conforte Pestomac , donne apetît de mangier, et oste abomination,
Liv. de Phjsique, mss.
Abominer , ahouminer : Avoir en liorreur, redouter; abominari.
Ta fureur perd ot extermine Finalement tou^ Ir» menteurs : Quant aux meurtriers et décepteurs» .Celui qui terre et riel domine , Les abomine,
Marot, Ps, 5 , vers. 7.
'Abommace , abbonement , abbo- nissement y abbornemcnt y abonna^e y aborna^e , nbournage , abournement : Droit d'abomage; en bas. lat. abo- jnagium , abonamentum ; de bonna , Lorne.
Abondable : Abondant ; à^abun-- dans,
AviOTxvF.Vi ^abonnir y abomcr, nbour- fier: Enclorre de murs, circonscrire, évaluer, fixer. On dit abonner un héritage pour y mettre des bornes, îe limiter : ce mot esl sans doute venu de bonna y (jui vouloit dire borne; en bas. lat. abonnarc.
Abonner : Changer , apprécier , estimer.
Abonst : Abonde ; abundet.
AnoR, aubor y aubour y aubourr , nnbourt: Aubier, bois tendre et blan- châtre, qui est entre Téc^îrce et le
ABO
corps d'un arbre. Ces mots étoîenf encore applicables à toute espèce de bois blanc ; à!alburnus.
Aborenrr , aborrener, abourcner: Dédaigner , haïr , abhorrer ; ' d*a6- horrerc,
Arortif , abortin , aborty : Avor- ton , forcé , qui est venu avant le terme ; abortivus , à'aborirL
Abosmé : Abattu, triste, accablé, déconcerté.
En la cité en est II criz tevez , Un cors d*jvoire fu en la tor sonez ^ Kn la TÏle ot trois cens Itomcs armes Que c*il laissa malades et navrez. Qui or rf'vient chaitis et abosmez Kn aleschaut lait tant de ses privez , Jamais li «lampncs ne sera restorez.
Bom. de Guillaume au court née p. fol. 5 , 1»".
Arosmer , affosmir : Abattre , affli- ger, abîmer.
Abot, aboulty aboùt : Fonds assi- gné à un créancier pour sa sûreté. Ces mots vouloient dire aussi hypo- thèque , assignation d*une rente sur un héritage particulier , et bout , ex- trémité , limite , borne ; de butum ; en bas. lat. abbotum, aboltamentum, aide , secours.
Tant ala qn*il vint à la porte , A tout le pet c*oa sac aporte , Kn enfer jette et sac et tout. Et li pez en sailli about.
Wabl, dou Pet au Vilaitî.
Aboti : Caché.
ABOiiCiiEMENT : Eutrclicn , con-* versation; de bucca.
Abouchir : Boucher, fermer.
Abouffer : Essouffler , ôler ou perdre la respiration.
Abotjeier , aboiivicr : Oter \e% bœufs de la charrue, de Técurie ; les mener au pâturage ; adjugarc bovcs.
Abouser , abouslcr: Détruire, ren- verser > devenir veuf; à^c^dvastare ; en Prov, abrousa.
ABR
Aboitte : Touche , joint.
Aboutee : Aboutir, toucher nn but , joindre ; de butum; en bas. lat. abbotare.
Abouvier. Fof, Abottfier.
Aboutei : Terre en friche.
ABbYEREiB ; Abreuver, faire boire; de bibere.
Si Mrons ahovertU del tnit de son deleit.
Serm, de S, Bernard,
Abr ADAifT : Qui racle , qui ratisse; iîubradcrr.
Abbahjuiides : Les descendans d'Abraham, les Israélites; à'Abra- ham.
Abbamas, abranas, abrava : Sorte de singe. Bochart le dérive de Fhé- breu àbranià,
Abbasem ENT : Démolition , des- traction, embrasement.
Abbaseb : Démolir, détruire , brû- ler; en anc. Prov. abraza,
Abbassa : Embrasser ; de bra-^ thium,
Abbat : Enflammé. Foy, Arol^.
Abbeeu , abreu y abrieu : Le mois d^avril, aprilis; en Langued. abrialy ûbriadon y abrion.
Abrev#. , abrevié y abr levé y àbrivé y Êbroié : Vif, prompt, alerte; em- pressé , hâté ; de brevis.
Abbeveb , abbregier f abrevier y nhridgiery abriefvery abriever y abri" pCTy ahrivcr : Dépécher , diminuer , dépérir , abaisser , humilier; ^abbre- tiare.
Chier ÎTtirt , oo quels fu li besoîgnepar kai t sire de Maiesteit s'umiliest et %abreviest
tAȔ.
Serm. de S, Bernard, foL xa5.
Abbeveter : Tromper, endormir qiif Iqu*un par des paroles flatteuses , fuf tter , épier pour surprendre.
Abbevicie : Sommaire , récapitu- blion ; abùreiWU'o,
ABR g
Abketiciiê , abreviegé : Abrégé » raccourci ; abbreviatus.
Abri, abn'c , abrii, abris, abrii, arbri : Abri , ombrage , couvert ; ^arbor; Ménage le dérive à^apricus*
Abricon , abricoun : Charlatan trompeur, séducteur; on a dit aussi bricon,
Abriconner , abriconeiry abrico* ner : Tromper , faire donner quel- qu'un dans un panneau comme un sot. Le poète parlant d'Ulysse qui obligea Clytemnestre à consentir que sa fille fût sacrifiée , dit :
Bien sot la inere ahriconer. Et faire esjouîr de noyant.
Ovide , mst.
En Ital. bricconc y fripon, sot; en Prov. abrifça.
Abriefvk : Abrégé , accourci , re- tranché ; de brevis,
AoRiKOKMEiirT : Abonnement d*un bien , d'une terre.
Abriemknt : Maison , logement ; du mot abri,
Abrier , abrisely arbrety arhroic :• Arbre, ombrage, couvert; d'arbor, Yoy. Abri.
Abrier , emberguery habriser: Pro- téger , défendre , mettre à l'abri , ap- prendre quelque chose à quelqu'un , couvrir ; on le fait venir à^ahrica , couverture : sa véritable étymologîe est arbor; en I^ngued. abriga.
Abrier , arbriery aubrier : Le filt d'une arbalète, arbre de pressoir, ^ arbor; Ménage Ir dérive à^apricari.
Abri F. VER , abridgery abriger : Ve- nir promplcnient, abréger ; de brevis, Voy. Abrkver.
Arrifol : Le voîle qui se met sur la tète (le ceux qu'on marie ; ce mot composé vient d'abriery couvrir.
AnRiGRXKNT : Diminution.
Abrii , abrixt : Ombrage, couvert; à' arbor. Voyez Abri.
lo A B s
AMKun^abrynceau, tirbresseaubs, arbret, arbriselet, arbroùel, arbrois- siaux , aubnssel : Arbrisseau 9 jeune arbre , arbuste ; à'arbon
Ab&ongher : Se courber en avant. Abroice : Aurone, plante médici- nale ; abrotonuml
Ab&oqukment : Brochure sur l'é- toffe 9 qui en distinguoit la qualité.
Abeoustu&e : Le droit de faire brouter certaines terres par le bétail « dans les temps marqués et aux con- étions convenues; en bas. lat. abros- titra.
Abrover. f^oy. Abetrer« Abruiner , abrunir : Brunir , ren- dre brun, en parlant du hàle.
Abrupts , abrupttment : A Tim- proviste , brusquement, rapidement ; abrupte.
Abscoh , abscons , absconse , abs^ consentent y abscont , abscount , es- conse : Cachette , secret , détour , dissimulation; absconsum.
Abscons : Secret , dissimulé ; ab^ conditusm
Absconse : Cachée , obscurcie ; lan- terne sourde.
Absgonser , abscondre , ascondrc, escondre^ esconser, escoser, escouser : Cacher , dissimuler , tenir secret ; â* absconsum, supin d^abscondere; en Ital. nascondere»
Abscouter : Ecouter , faire atten* tion , prêter Toreille ; à^auscuUare.
Absgule , abseulé : Abandonné , «éparé , privé ; de solus , soUtudo,
Absen TATiON , absentement : Ab-' •ence , retraite , éloignemeut ; ab- 4entia.
Absigte , absite : Espèce de pien*e précieuse de couleur noire, et veinée de rouge ; absictus.
Ahsiefes est neire et pesant, Veines a nages ouine saug.
Marbodus de Gem», art, Sa^p. 1674.
ABU
Absobke , absodre , absaUler, aB* solver : Absoudre , pardonner ; ab^ sohere.
Absoille : Qu'il absolve.
Absolir : Braver les loix, les usa- ges, prévariquer; payer entièrement une dette.
Absolte , absoultc , absoute , as* saute , assoulte : Absolution , indul' gence ; absolutio.
Absolu : Absous ; absolutus,
Absolutemen T : Absolument ; ah* soluté,
Abson. Voyez Abésow.
Absorbir , absorbeir y assorber , assorbir : Absorber , engloutir , dé- truire , anéantir ; absorhere,
Abstiner , atcnir : Aostenir , gê- ner , borner ; ahstincrcm
Abstr ACTEUR : Qui extrait une chose d'une autre , un alchimbte ; à^ahstrahere.
Abugher ; Heurter, frapper, clio»
quer.
Aduissement , abucJiementf abus* sal: Achoppement , chute en devant. On le croit formé de bucca ; dans le* Sermons de S. Bernard il répond à ojfendiculum du texte latin.
Peu est de gens, c*est vérité , Qui au siècle sauver se puissent A tant à^fdfuissement s'abuissent. Que leurs emmes perdent et damnent.
Gautier de Coiiui, Uv. I, ch. a^<
Abuissonn ER , abussonner : Abu- ser, tromper, séduire, duper; D. Car- pentier le dérive de busio, buse , pria dans le sens figuré, de dupe.
Abuleter : Donner ou recevoir un bulletin ; de bullcta,
A B u s I o N , ahidsion , abuisson : Abus , erreur ; A^abusiis,
Abuti^k : Fixée, arrêtée, convenue^ règlement , délibération ; abbocatio.
Abuter : Viser, tirer au but , join^ dre ; de butum ; en bas. lat. abbotare^
ÂCA
rrrzm : Abonner un droit , un ) i une somme ûxe , engager ; • la t. abbotare» rvaEMEHT. Foyez Aboiy&e-
▼ EKR , ahurer : Abreuver, faire de bibere.
>t amener eve non pas tant solement icr, mes por abuvrerhe%xe&.
Liv, de Jottice et de Plee,
▼moiR : Verre, tasse , gobelet.
, ça : Donc.
BAM £5s : Consommation, achè-
t.
CHER : Receler , soustraire ,
r aux regards.
lïfDRE , agironer: Ceindre, en- er , enclore ; de cingere. :wT : Environné, ceint ; dnctus, :?fTE , achainte : Enceinte , • , coin , lieu retiré ; cincturA, ncsÉ : Corbeau ou pierre en coupée en biais en dessus ou
iOUS.
!f ER , acanner : Dire des in-
en bas. lat. acanizure,
lAN : Etourdi, acariâtre; corn-
acer et caro.
lATioN, acarement y accaria--
Confrontation ; acarratio , de
face, visage; en Prov. aca-
1ER : Jeter des pierres, il si- aussi confronter, mettre en omparer ; en Prov. acaira ,
NER : Massacrer, tuer; de arnis,
EMEMT , acazement : Action ler en fief ou à rentes. ER , acazer, ascasser : Etablir e , inféoder , donner eu fief , à rentes; de casa; en bas. lat.
: Acbat, marché, accepta-
ACC Tt
tlon ; aceeptatio ; en bas. lat. €u^i^ tum , acapi€igium,
AcATs , acaste , achate : Agate , pierre demi-précieuse; achates,
A c A T E , acatesse : Fidèle ami , amie ; ^Achates , nom propre du compagnon d*Enée , son confident et son ami.
AcATER, acaptery aciuuerj achep^ ter : Acheter , accepter un mardié » faire un échange ; acceptare; en bas. lat. accaptare,
AcATERE, acateres, acaterres, aca- leur y acaùercs , acator : Acquéreur , acheteur; à^ acceptare*
Mais se il ne paet faire joair, a! reatOM U domage à Vacateur.
Cota, de Beauvoùis, cA. 34.
AcAUDRE : Assaillir, faire rébel- lion.
AcAUTER : Heurter , frapper an coté ; de costa ; s'accouder , s'ai>- puyer sur les coudes ; de cubitus,
AcGARATioN : Coufroutatiou de té« moins ; acarratio.
AccARBR , accarser : Confronter ^ mettre en face , eu présence ; de carusp visage.
Accé , accée : Bécasse , sorte d'oi- seau de passage ; acceia.
AccEDiARRE : Archidiacre , snpé« rieur ecclésiastique ; archidiaconuSm
AccÉMEif T, accéementy acéement : Ornemens , parures , atours. Voyez Agrément et Acesner.
Parcevax psgarde la damoîséla Et la Toit tant bêle , Et si li plot tant et abeli , Par le grant acéement qu'il Toît en 12.
CraaL
AccENSK , adcense : Héritage, fer- me , bien qu'on tient à cens et à ren- tes , ou à prix d'argent ; accensa.
AccENsÈ : Huissier , officier d'un magistrat ; accouor^ accensus^
13 À C C
AccEifSEMENT , acceitsissement » urensement y adcensement : Accion de louer à cens.
AccEivsER : AfTennrr , donner à cens ; ce mot est pris aussi pour al- lumer ; à^accendere.
Ar.cEif sei;r , €iccnseur, adccnseur: Celui qui prcnoit ou doiinoit une terre à louage ; acccnsator,
Acc/ifsiSMEs : Nous primes à cens, À fermage.
AccKiiTOKES , accendones : On nommoit ainsi , ceux qui animoient les gladiateurs dans Tarénc.
AcGEPTioïf de succession : Accep- tation ; acrept/o.
AccEARA , acerratc : Petit autel sur lequel on brùloit de Tencens et du parfum, auprès d'un mort; acerra ; en bas. lat. acccpturaria , navette à mettre Tencens.
AccESSKUR : Assesseur , celui qui aide un juge dans ses fonctions , offi- cier de ville ; asscssor,
AccESsiouN : Encan , vente pu- blique , addition, acceptation , pré- férence ; accessio.
AccESsouARE : Accessoire , grand danger , incident , conjoncture , em- barras ; iïacccderc , accidcrc,
AcciDES : Nom d'un peuple, em- ployé dans les Chroniques de S. De- nis, pour désigner les assassins, les «ujets du vieil de la Montagne , roi des Accides ; occidcntcs,
Accim-LER : Mettre des surs acides dans que](|ue jus ou sauce ; iVan'dus.
AcciE , asciez : Qui a les dents agacées.
AcciPER , accipcir : Prendre , esca- moter, recevoir; €ict'ipi'rv.
AccLiNER. l'oyez Acliner.
Arci.oRE , acciosaç^irr : Clore , en- fermer de murs ou de liaies ; acclu^ eittre.
A ce
AccoiL , accuel : Accnell , bonne réception. Foy, Accuellir.
AccoiLLiR : Accueillir, bien rece<- voir ; de colligere.
AcGoiifciET : Suivi , poursuivi.
AccoiNORE , accointre : Amènera Forez Accointer.
AccoiNT : Qui est familier.
AccoiicTABLE : Gmcicux , accès- sible.
Accoiif TAGE , accointa nceyaccouin^ tance : Familiarité , commerce , so- <:iété , compagnie , bon accueil 3 de c.onsnetudo,
AccoiKTAiRE : Vaisseau pour aller à la découverte et avertir de ce qui se passe.
Accointé , accotante : Lié , uni , attaché à quelque chose, à queJqu'iin«
Accointer : Se familiariser avec quelqu'un , le voir souvent , entrer en liaison , faire société.
Damr perDIex mrrclii , to» pri qu*à tos mô veuiIU'7. accointer ( m'uuir à vous).
Ce mot veut dire encore donner avis, envoyer à la découverte , mettre de» espions ; consuescere. Ménage le dé^ rive d^adcornitare,
AccoisKMKNT : Calmc , tranquil<-> lité , repos ; de qides,
AccoiSER,/7rco) •#?/', achoiscr^ nchoi^ sicr y acoisir , acoysier , acquoisir , aquayser : Adoucir , api)aiser , cal- mer, reposer, éteindre ; de quiescere»
AcGoiT , ac/ioit : Achat , acquêt ^ accepiio.
AcGOL , accolade , accolée , acco^ lement y accoleryv : liaiser cjue rece- Toit sur la joue gauche celui qu*on ordonnoit chevalier ; il se disoit aussi du coup d'épée qu'il recevoit sur les épaules; de colium,
AccoLKiv : Embrasser, caresser.
AccoMF.MF.R , accomic/ier y acctym muschier , acomuncr , acumcnvr , akoumunier : Ueccvoir la commu-
ACC
MÎon, communier; €idcommunicare. Ces mots signifient encore : manger ensemble , de la même miche 9 du même pain.
Et fit le roi dire grand plante de messe, ^oar nccomiekcrctiÊX qui dévotion en ayoient.
Froissart,
AccoMMUNEK : S*assocîer avec quel- qu'un , faire quelque chose en société ; mdcornmunicare ; en ancien Prov. ûcomunalar, faire part , participer.
AccoMODATioN .' Accord fait à Tamiable , accomodatio.
Accompagner, accompaigner (s*): Vivre en société , s'accoster de quel- qu'un. Voyez CoMPAiir.
AccoxPAiGicEMENT : Règlement , statut , convention faite entre amis.
AccoMPA&AGER, accompagîer, ac- comparer y acomparagir : Comparer, faire le parallèle , mettre en compa- Fiison ; comparare.
AccoM PT , part. : Compté, calculé ; ce mot est substantif dans compte \ tomputurn,
AccoxsEiT, accomsict : Poursuivi 9 suivi 9 recherché ; secutus , de ^e-
AccoivisoN : Accusation , plainte , blâme ; â*actio pour accusatio.
Accoics : Compte , action , acte ; muio.
iLccoTfsi'EVK'E^ acconsuivre : Attein- ère , rejoindre , suivre de près , imi- ter , accompagner , attraper ; co/i" êequi»
AccoPER , acouper : S'équiper , Bettre sa cuirasse. Voy, Adouber.
AccoPKTOT : Appui, soutien; de
AccomDJLiiT : Qui est conforme , d*accord ; en bas. lat. accordare , et ca bas Bret. accordi,
AGGoaj>uxnT| accçrdanc€j^acçiH^
ACC iJ
dison : Convention , accord ; en bas. lat. accorda rnen tu m y de chorda,
AcGORT : Adroit , subtil , civil 9 complaisant.
AccossoLDAHOES i Couscillcrs d*uno cour de justice.
AccosTUMANGE , accostumanchc ^ acostumance , acoustumance : Habi- tude que l'on contracte en réitérant plusieurs fois la même action; as^ suetuilo.
Crans péris est assi «roîr si acconstnm^tt bataille encontre la Toisouteit et la botsie dei Diaulc cui no ne poTons veor, et cui sa naturo ke si est subtil et si longe acostumance de son xnalice a fait trop voiiious.
Serm. de S. Bernard, /al. x3o, if^*
ACCOUBLER. P^Ojr. AcOUBLER.
AccouER : S'attacher l'un à l'autreii approcher.
AccouLAisTRE ,<'co/aj^/ie : Ecolier, étudiant qui fait ses exercices ; scho^ laster.
AccoupLAGE : Accouplement; ca* pulatio.
Accoupler : Attacher, unir, join* dre. F'oj'cz Acoupler.
Accours : Afduence, foule ; accur* sus. Accours d' advenant ^ terme do chasse ; accursus. Voy. Accordant.
Accourse : La crue subite d'un fleuve , d'une rivière , torrent , af- fluence; de cursus,
AcGouRSER : Joindre, serrer, unir. Voyez Accoupler.
AccouBsiER , acçoursin : Favori d*un grand seigneur , acheteur d'ha- bitude à la même boutique, chaland, pratique.
AccousiNER : Traiter de cousin « d'allié, d'ami.
O tu cité très-noble et ancienne , Qui jadis fut fondée de Remas ; Uems t*appcUa de son nom Ranciennt « Home fonda »e» frères Romulas ,
t4 AC £
Le tênit t^aceousina, •
£t ton confort requist et demanda.
Eust, Deschamps, foi yj , coL 4.
AccouTER : Ecouter, faire atten- tion ; auscukare^
Accoutrer : Ajuster, vêtir, orner, parer; en bas Bret. accoulri,
AccoUTUMAïf CE , accoustumancc , accoustumanche : Habitude , cou- tume ; assuetudo. Le troisième de ces mots est encore très en usage dans le Beauvoisis en Picardie : on dit itkécXi^xïie accoustumanche ^i^ouT mau« Taise habitude.
Accra VANTER , accravantier , ag* gra%*anter : Ecraser, bris(*r , accabler, succomber sous un poids ; aggra\>are.
Accroire. Voyez Acroire.
AccROUÉ : Courbé , accroupi ; ac-
€U9VatUS.
AccuEL : Accueil , traitement , ré- ception.
AccuELLiR , accoillir, accuUry ac- queillir, aquilUr : Recevoir d*un air prévenant, engageant, amasser, ras- sembler, pousser, exciter, accepter, mettre en mouvement, associer ; ad" coUigerc , accolUgct-e, JccuelUr la semonce, c'est recevoir en bonne part Tavis , la réprimande.
AccuiT : Acquit , quittance ; ac^ quisitum,
AcGVLiTE : Récolte , revenu , pro- duit ; de collecta.
AccusAToiRE : Qui accuse , qui concerne Tacciisation ; accusatorius,
AcGusEMEKT , accusîon , ancusc' ment : Accusation , reproche , révé- lation ; aceusati'o,
AccusERES, accuseircSy accusieres, «ccif^or: Espèce d*officier ou sergent.
AccusEUR : Accusateur \ accu-- saton
A CE : Pendant. ,
A CE DIE , aceide, asside : Paresse; acedia.
ACE
AcEE : La bécasse; aceeia, aeeiag accela ; en Ital. acegia,
AcÉEMEMT, accéement y accenyentp acesmementy aces mes, achemes y as* chênes, aschesmes: Ornemens, atours, parures de femmes. Vof. Acesmer.
Quand la déesse eut mit bas set habitx et achemes , qu^elle eut deffeublé coiffe , gninv pie f attour , et antre accoustremeut de teste; fermaillets , cliaînes , anneaux , bulletet et tissus, jufcqn*aux galoches dorées , demeurant tocquée sans plus de riche couvre dief.
Jean Lemaire , illustr, des Gaules.
AcELÉE : En cachette , secrète- ment ; cclatim.
Agence : Assentiment, consente- ment , aveu ; assensio.
Agekbr : Joindre , placer, viser 9 adresser , mirer. Fojez Agertai««
NER.
AcENSiE ( r ) : Le prix d*un bail à cens, droit de cens; accensatio. Voy.
AcCElfSER.
Acerbe : Aigre ^revéche; acerhus.
AcRRBER : Aigrir, irriter, couper ^ ^acerhare et sarpere.
AcERTAiMER , acertencir: Assurer, certifier, donner avis ; certiorare.
AcERTENEz : Certain d*une chosCy. bien instruit.
AcERTEs , acertement, adv. : As* sûrement , sérieusement , certaine- ment.
Agertez , adcertes : Alors , certes , même , au reste , d'ailleurs ; de cœ^ teroy ccrtè; en anc. Prov. acertas.
Acerure. Voyez Agherure.
Aces , acex, aches , assées, assés^ axcés : Accès , abord , approche , at- teinte , blessure; de cœdere, au supr cœsum,
AcESiMi : Mot qucf Borel cite et qui n'a pas existé ; il dcvoit lire acesmé , embeQi , paré , orné , particip. do Ycrbe acesmen
ACH
tjimE 9 acesmaer , tuhesmtr , T : Orner , parer , équiper , ', embellir; decomcre ou co- en bas. lat. acosmarcj acemare» AcizxEKT.
■ant beauté eft certes acesmée, por qui met ciaert e«t si soprii. Casse Brulej,
ftnt acesmé bel et cortoi>ement« es dra* de »oye furent lor garnement. Homan de Florence de Borne,
:sMxa£ftSE : Femme qui habille^ ne , femjae-de-cbambre , coîf-
:SMES 9 acesrnéement, acesmies.
, ACÉEMENT.
ET ABU LE : Espèce de plante ap- cotylédon ou nombril de Vé- aceiahulum. U se disoit aussi sorte de petite mesure ; aceta-
ETEUii^ : L'oseille , plante pota-
acetosa.
B , atch : Ah ! exclamation , cri uleur; ah !
HABLEE : Frapper , blesser avec ton , avec une corde ; de chabk,
, câble.
HAisoN , ach(HSon , acoison , son : Occasion , cause , fait , rai- accusation ; accusatio , occasio; ts. lat. acheso.
Vons ne Toodrîea
unays trourer nulle achoisofS k Tenir boire en ma maison , >r 7 burez-Tous cesle fois.
Patheîin.
:HAisoHNé : Vexé, poursuivi, iété; accusattts.
CBAisoNNEE : Vcxcr, inquiéter, ser, contester la propriété d'un , citer en justice j accusare; en lat. achoisonare, J0BAHAO, achaneau, chanel, che- chenau : Conduit d'eau , canal, :rc , fosse , rigole j canaU^f,
ACH i5
AcHAPXR : Echapper , se soiu- traire , éviter.
AcHAPiT : Echalas pour les vignes^ bâton propre à se défendre.
AcHATER , achapter : Acheter , ac- cepter un marché ; acceptare.
AcHELER : Escalader, grimper par- dessus un mur avec ou sans échelle^ de scala*
AcHELETTE , cschelette ^ hoclette i Clochette , sonnette.
Saint Martin
Bfonlt liez et moult forment joieqs ^ Del salner fu convoiteux « S^esckeiette soue trois cos.
FabL de la Court de ParatBu
AcBERiN : Ferme , constant , iné« branlable; agacer.
Acre EURE , acerure :■ Action de souder de l'acier sur le fer.
AcHESMANT : Hounétc, poli, conb^ plaisant.
ACHESUER. Vofez ACESUER.
AcHESMURE : Parure, ornement*
Fojr* ACESMER,
AcHEsoN : Droit injustement exî* gé ; à' accusatio. Voy. Aghaison*
ACHESONNER. VojT' ACHAISONRBK»
AcHET, achest, acquaste, acquise^ acquittance , agais : Acquisition ^ achat ; acceptatio , acquisition
Acheteurs de Gages : Grens qui s'obligeoient à payer une certaine somme , pour empêcher le transport d'effets saisis ; acceptor.
AcHETiFVER ^adieidver^achetiver, achoitiver : Captiver , retenir par force , rendre malheureux \ de cap^ tivare,
AcHiER : Fer, acier; à*euxes ; en bas. lat. aciarium* Il se disoit aussi d'un endroit où Ton remise du bois y et du lieu où se posent/les ruches def abeilles^ ^apiarium.
AcHiOER , achaifver^ achevir, aehU verj aç/ui'ier, aci^ver,^ oAUver ; Ache*
tS AC K
Ter , finir , conclure , c'est venir à chief y voyez ce mot j parvenir au terme, obtenir.
AcHoiSE, accoison , achaison , acheisony achoison, enchaisoun, en- chcison , encheisun , ochLson , ochoi" son y oquoison : Occasion heureuse , loisir , sujet , cause de bonheur , des- sein , espérance , plainte , querelle , dispute ; occasio , accusatio.
Par moult poi d^ayantore est une ame féale , Et par poi à'achoison c»t une ame perie.
Roman du Rou,
AcHoisER , achoisier : Appaiser , tranquilliser^
AcHoisoNK : Soupçonné , accusé; en bas. lat. achesonatus,
AcHOPAiL : Achoppement, empê- chement à quelque chose qu*on a entrepris , occasion de faute.
AcHOPPKR, aco/>er, acouper, ascou- pcr, eschoper : Arrêter, surprendre, interrompre.
AcuoKÉ : Affligé , abattu de tris- tesse ; d'ac/iores , achorutn.
AcHou , aicfiQu : Petite hache; as- €Îa ; en Langued. aissaudou.
AcHRKME , achroume : Vieillard qui tousse habituellement ; peut-être ii*est-ce qu'une allusion au nom de Chrêmes , personnage d'un vieillard de Térence.
Aci pour Ici ; hic.
Acide : Ennui, tristesse, dégoût; d*acidum> Foyez Ace ides.
AciK , aciece : Agacé ; dents acie- ces y dents agacées ; d^ncer, acris.
AciÉ : Acier, aciiwium ; d* actes.
AciERJÊ : Equipé , revêtu d'une armure.
Acjv kC'ÊL ^assinage : Espèce de sa- bre pointu , piquant ; d^acinaticum,
AciNT : Enceint, enclos; de cinc- tus , participe de cingere,
Acis : Ais , planche ; axa,
Accft^ ; Acre 9 mesure d'environ
ACO
deux arpens de terre. On se sert en-* core de ce mot dans différens pays , pour désigner une mesure quelcon- que ; acra.
AcLiN , acUnant : Soumis , penché, prosterné ; acclinis,
AcLiNER : Saluer, s'incliner, se pencher , se prosterner , baisser les yeux ; acclinare.
Par le vcrgier s*en vont le pas , Mes il tlut moult la chiere encline. Et la borgoise un puu kocUiie, Par sous le ciiaperon Tosgarde , De traïson se donc garde, Si conut bien et aperçoit, CVst son mari qui la déçoit.
Fabt, de Borgoise d*Oriient,
AcLiNouER : Lit de repos , canapé; acclinatorium,
AcLoois ( j* ) : Je fermois.
AcLORE : Fermer, se fermer; acclu" dere. Voyez Clore les Veiitres.
Car Dien out clos tons 1er rentres de U maisouu Abimclech , por Sam la femme Abraham. Traduct. de la Bible, Genèse,
chap, ao, i^ers, x8.
AcLosTÂis : Petit endroit fermé de tous côtés , où Ton meltoit un en- fant i une brebis ; d^acclusio»
AcLouET : Le fer d*une aiguillette, la pointe d*un éperon ; aculeus ; eu bas Brct. acclaoetenn.
Acné , acquené: Ane, sot , hébété ^ asinus,
AciBMETE , akoumate : Qui ne se couche jamais ; acœmetus ; du Grec acoirnetos.
AcoiER. Voyez Achoiser.
AcoiNT , acointe : Lié d'amitié , familier, fréquentation , liaison. Foy.
ACOUINTER.
Acoi STABLE : Gracieux, aimable. AcoiNTANCE : Amitié. Voyez Ac-
COIKTAGE.
Acointe : Société, amitié.
ACOINTEMENT, JVoy, ACGOJNTÀCE et ACOlXfTAKClL.
A C O
A.eoiir^sm , acoinder : Accueillir , fréquenter, rencontrer, avertir.
AcoiNTiEm ^a^/y. : A la rencontre , à la première Yue. Fojr, AgcdiKtba.
Acoiixa : Appaiser. Fojrez Ac- coxaxa.
Car Uenjnc t'ococie , qui nng petit la grate. * Test, de Jehan de Meung, 'ven 844.
AcoiTÂR : Se hâter , se dépécher.
Acotcii , acolcie : Alité , qui est au lit ; de caicitra,
AcoLE : Aïeule, grand*mère.
AcoLER : Embrasser , se jeter Au toi de quelqu'un ; de coUunt,
J'eatcndi bien la Bergiere , K*ele me Teat eschaper; Molt U fia longe proiere , Maia n*i pnce rien eonqueater ; Jjo>t% la pria i acoler, Hx. ele giete un graud cri.
Chtau. dm rt>i de Navarre ^ 4o.
AcotLis : Embrasseikient , coup for le col ; de coUum.
A1CÔMBLEMENT : Augmentation , anrcroit; de cumulus,
%3t li tanaltltodine fie la mercit c*un lor 1 aofttreit , ne lor torst à la parsomroe en acom- èSemefte de droitnriere dampnaliun.
Serm, de S, Bernard, JbL a53.
AcoMMiCHKR. Foy, AcrOMKNIEE. ACOMMUNER. Foy, ACCOMMUNER.
AcoMPAiGHBR { Marier , joindre , s*nnir, coucher avec quelcfu'un.
ACOMPARAOIR* VOjfCt ACCOMPA- RACER.
AcoMPERER : Comparer, mettre en comparaison ; acomparare^
Acompte R : Estimer , faire cas.
AcoMUNALAR .* Faire part , parti- cq>er.
AcoNCEPTOiR : Rejoindre « rattra- per, atteindre; adconcipere,
AcoircNiEiTTUEE .* Sédiment , sa- kté , ordure ; de congacatus»
AcoKs : Bachot, petite barque.
Acovsuiyaut : Accompagnant. 1.
ACO 17
AcONStJlVEE. Foy. AcCOlfSIEURE.
AcoifTER : Raconter , narrer, pas- ser en compte , compter ; compu^ tare.
ACOPER. Voyez ACAUTER.
Acopi , acoupi , acoupie , acoupis : Cocu. Foyez Coquillart.
AcoRCHiER : Ecorcher, déchirer* AcoRGiER : Acourcir, abréger.
Car mains acorcent bien lor vie , Ainz que Tumor soit defaiHie.
* Roman de la Rose, vers lyA^j.
AcoROÂNCE : Accord , convention ; en bas. lat. aeordia > acordum»
Et qu^t nous eut ce recordé , Sftns luy noua arons acordé , Si trouvons en nostre acordance^ Que fanlx-semblant et abstineuce. Avec tons ceolx de lenr baniere Assauidront la porte derrière.
Roman de la Rose , vers 1 1 29 1 .
AcoRDER (s*) : Se livrer, se don- ner , faire marché, convention.
Une famé t^aeorda k denx Ribaux que il ochiroient (tneroieut) son Baron ; ce que Ils firent, et puis ele leva le cri ef. cria, iurou, hareu, Ten m*a tuyé mon Baron.
CotUtune de Beauvoisit.
AcoRER : Arracher le cœur, les entrailles, faire mourir; de cor. AcoRT : Accorde , consent. AcoRT : Convention , pacte.
Chapitre tindrent lendemain , Et s'accordent à tel acort , Que jamais nus âme n*aport , Qui de vilain sera issne, I*fe puet estre quVlle ne pne, Alnsint s*4CCorderent jadis , Qu'à enfer ne en paradis Ne puet entrer vilain saoa doute , Oa avez la raison toute.
. Fabl. dou Pet au yilain,
AcoRus : La plante nommée calan* gue; du Grec acoron; en Lat. acoros, acorus,
AcoRVE : Prêt , en état de faira quelque chose.
î8 ACO
AcossELR : Secrètement , en si- lence , tout bas. Voyez Conseiller.
AcosTER : Atteindre, toucher, frap- per; acostare, Voy. Acgonsieiire.
Agotkpot : Accoudoir , appui ; de cubitus.
AcoTEER , acostrer : Habiller , vê- tir, parer, équiper, coudre ensem- ble ; en anc. Prov. acotrar, de con- suere y au part, consutum,
Acou : Pierre à aiguiser ; cos.
AcouARDi : Timide, lâche , mou , paresseux , abattu , lent , las.
AcouARniR , acouarder : Rendre lâche, poltron. Voyez Coârs.
AcouBLER : Empiéger un eheval , lui attacher ensemble deux jambes pour l'empêcher de s'éloigner ; de copuîare,
AcoucHER : Se mettre au lit , se coucher; accuhare,
AcoucHER - Malade , acolchier , acolcier, ucoucier : Tomber malade , être alité ; de cuhare»
Ll cuens Amaurris de Montfort , qui fa délivrés de pritou, s^en retourna par noume pour TÎsIter les sains apostres Saint Père et baint Poul , mes ilnec acoucha malade et iDoorust,
Ann, de S, tq^s,
AcouDRE. Voyez Accoupler.
AcouiKTER : Fréquenter quel* qu'un, raconter une nouvelle , aver- tir. Voyez AccoiiCTER.
AcouLPER : Accuser , gronder , déclarer coupable ; culpare,
AcoupAuoiR : débaucher la femme d'un autre.
AcouPER , acauter, acopir. Voyez AcoupiR.
Acoupi. Voyez Acopi.
AcoupiE : Femme dont le mari est infidèle.
Acovvi^y accouppaudir : Commet- tre une infidélité pendant l'état de mariage ; curucare»
ACQ
AcouPLER : Approcher , joindre 9 lier, unir, marier; copuîare.
Or serra roon mari à mot acouplé, porceo- que je lui ai enfaunté trois fils.
Traducté de la Bible, Genèse, vers. 39.
Agourer , acorer : Arracher les entrailles, donner la curée aux chiens; de cor»
AcouRSER : Accourcir , abréger , retrancher ; de curtart ; acoursent $ ils abrègent.
AcouRT : Durant, dans le cours, pendant ; de cursus,
Acourt de celui diner : Pendant ce dîner.
AcousTRÉE : Mariage dissous par la mort d'un des deux époux.
AcousTREMEKT : Habillement , pa- rure ; de consucrc , au part, co/i- sutuin,
AcousTR^s : Habillés , équipés.
A cou TÉ : Placé à côté de quelqu'un,' de quelque chose ; de costa.
AcouTER : S'appuyer sur les cou- des , se prosterner ; de cubitus,
Bèsa ladite tombe et i atoucha ses ieax et ê^acouta delez celé tombe.
Miracles de S, Louis,
AcouTER : Ecouter, faire atten- tion ; auscultare,
AcouvERTER : Omcr, couvrir de tapisseries ou couvertures ; de coo^ perire.
AcouvETER : Remplir, combler.
AcoYS : Appui , arc-boutant , épe- ron. Voyez AccoPETOT.
AcQ : Acquit, quittance ; acquisitio*
AcQUAisTEiR, acquesir, acqueter, acquetir : Acquérir, gagner, acheter^ conquérir, acquitter , payer ; acquie" tare , adquœsitare , acquirere,
AcQUAisTER : Saisir, arrêter par ordre de justice.
AcQUAisTERiE : Officc dc Sergent y de Messier.
AcQUAzsTOUR *. Sergent , huissier.
A es
XcQVASTB. Voyez Aghkt*
AcQUE , aucque : Quelque chose.
AcQUER^E : Acquérir , gagner » acheter , conquérir ; acquirere,
AcQUEET , aques , aquez : Acqui- iition, gain, profit , ayantage , sceau ; ^éÊcquisido , quœstus»
AcQUKURRR : Accourir, venir .en diligence ; accurrere.
Acquis : Acquis , gagné , tran- quille , rassis; de quietus.
Acquise : Confiscation , saisie. Voyez AcHET.
AcQUiTTAN CE : Délaissement, a ban< don , droit de se faire décharger par loe autre demande ; acquisido. Voy.
(
AcRABiLLER , ocramier , aeramil- 1er : Confondre , mélanger , entor- tiller.
AcRACHBR : Engraisser, graisser; de crasstu.
ACR AILLER. Voyez AORAILLER.
AcRAHTEMEirr : Assurance. Voyez Craitt et Cranter.
AcRAKTER , acréanter , acranteir: Ecrire , promettre , assurer , passer écrit pardevant notaire; àecredete; en bat. lat. creantare. Voy. Cranter.
ACRASSER , acresser : Agacer , pro- voquer, invectiver, attaquer ; d'ûcer.
AcRAVANTER : Ecrascr , briser.
Acre , acron : Mesure d'environ deux arpens. Voyez Acrre.
AcRÉER : Croire , Taire crédit , prê- ter; cretlere.
AcaïPiR, acréchir : S'acroupir; de cuntire.
Acre USE : Enchère.
AcRoiRE , accroire, acrouere : Prê- ter quelque chose, créditer , donner i crédit ; credere ; en bas. lat. oc- credere.
Or, regnîe je bien! s! j^acc^DÛ ]>« r«iuice drap. Hd»! quel malade.
PathêUm,
A C U ig
AcROiRE : Devoir.
Si rVftt de Bel*acaeil damalgea. Qui aeas nena aeroire eat en gaigea .
* Roman de la Ros9 , vers 12&%S,
AcRoissEUX : Qui enchérit sur quel- qu'un dans une vente; d^accrescere.
AcROPETON , acroupetouns : Mis en tas, en monceau, croupe. Ménage le fait venir d^ouropygium , croupe.
AcROU, acrouse : Chose dégoû- tante, hideuse , qui fait détourner lorsqu'on Tapperçoit.
AcTARER : Achever, mettre à mort.
AcTAiNDRE : Obtenir , atteindre , parvenir à la connoissance de ce que l'on cherche ; attingere,
AcTBMPER : Entreprendre , pro- jeter.
AcTENo : Délai , relard.
AcTi^ONiSER : Faire comard. ,
AcTiLLEMENT : Activité à pour- suivre les délinquans , découverte en fait de contravention ; acu'vitas.
Actionner : Intenter un procès ^ d^actio,
AcTiRANT : Attrayant , flatteur ; d'attrahere.
AcToaNÉ , actoumé , actourneur :^ Procureur, homme de justice; ac- . tornatus.
AcToUR , acteur^ etour : Auteur » celui qui invente, qui compose , avo- cat , intendant , receveur ; actor et auctor,
AcTOUR : Demandeur en justice » médiateur; actor.
AcTous, aAtuz : Mesure de cent vingt pieds.
Actuaire : Fournisseur de vivres d'une armée , commis au pain.
Actuaute : Acte , action , exécu- tion ; d*actus,
AcTURER ( s' ) : Se rapetisser , se raccourcir.
AcuBiToiRE : Salle à manger des anciens ; cubitorium»
a
M A D A
AcuEiLLAGE : Louage 9 engage* ment , association ; d*accolligere,
AcuEUEEE : Oter le cœur, décou- rager y arracher les entrailles , don- ner la curée ; de cor,
Acui : A qui, auquel.
AcuiLLiE : Prendre sur soi , faire son affaire d'une chose , s*en char- ger; œcolligere. '
AcuiT : Quitte, acquitté. Fbj'ez Acquit.
Acuité : Pointe , subtilité ; d'ocii- tus,
AcuL : Lieu étroit et bouché où Ton réduit le gibier.
AcuMEKiEMEKT : Communion ; eommunio,
AcT : Au cas , supposé que.
AcT-BiEif : Egalement , aussi bien.
Ad : Préposition latine , dont on a fait la pr^osition française à.
Adâéeains : Le dernier ; enfin. Voyez DâÂEAiif.
Adagàîae : Un diseur de proyer- bes , de bons mots ; à*adagium,
Adagiâl : Un homme plaisant et facétieux ; d^adagium,
Adaignee , adagner f adagnier , adaingnier : Aimer , complaire , faire la volonté de quelqu'un , favoriser , respecter , estimer, regarder comme ; de dignare,
AoAiir : Aile. Mot cité par Borel : je ue l'ai trouvé dans aucun autre auteur.
Adalit : Sec , exténué , foible.
Adalonc. Voyez Adoun.
Adamagier , adamer : Endomma- ger , ruiner , détruire ; de detmnum, perte , dommage.
Chiiu ( celni ) qui te scet adamagier. Te saura bien aâsoiuigier.
Distiques de Colon,
Adaxant : Diamant ; adamas, Adah s I adant , adtns : Adorant ,
A DE
prosterné , le visage contre lenre ; d*adorare,
Adartiee , adenter : Enchâsser une pièce de bois dans une autre.
Adaptation : L'action d'adapter , d'ajuster; d'adaptare.
Adarge : Espèce de coton qui s'at* tache aux roseaux dans les temps de sécheresse ; adarca*
AuAKhE^adarlé, adaumé, daume: Niais , étourdi , qui ne sait ce qu'il fait , à qui la tète tourne.
Adaet : Appentis , avant-toit , où Ton jette à la hâte dans un moment pressé.
Adavihem EN t : Augure , diyina<« tion ; divinatio,
A«AyiRiEE , adavineur y adviner , advineur : Devin , prophète ; divi^ naior,
Adatee : Irriter, mettre en colère } diîriuci,
Adcase : A cause ; de causa.
Ad ce : a ce , à cette , à celui-là ^ ' celle-là.
Au ce que : Afin que.
Adceetener : Assurer , justifier» Voyez Acertenez.
Adceetes , adecertes : Alors. Voy, Acertes.
AucoRT : Accord. Voyez AccoE'*
DEMENT.
Addevineir : Provoquer quel- qu'un, deviner, prophétiser.
AdditeVi : Ajouter, fournir, terme de procédure ; addere, au supin a^ ditum.
Adebon , lisez à-de-bon : Sérieu- sement , tout de bon.
Adebonaieie : Rendre débon- naire.
AnéciB , adesse : Toujours. Voy. Adés.
Adeignee : Convenir , être pro* pre à quelque chose.
Cette çuLiion m tm «id9ign4 (coavital)
AIDE
% roê est nos et notre manoir^ Toft me deres les des ■Toir.
Fkè, du FUain qui cftnquUt ParatËt,
Patadb ne tos aiBeit mie , AîBs ket TQs et TO»tre maooîr, IV*en devez pM les des ■toît.
* Même Fabliau et même citation.
Adsis : Déjà.
Adembittsil (s*) : Perdre l'esprit, la raison » être en démence ; de de^
AoEMKTTEE : Décliner , baisser ; de demittere ; ayancer tète babsée ; ^adtninere.
Adkmisb : Démission faite entre les mains de quelqu*un ; de de^ missio*
AoEMNEua : Nuisible , qui porte domniage.
Ademplie : Accomplir, eiécoter.
Aden AN : Désormais , à l*àYenir«
Adek AS , adennes : Le^ glandes du eol , les amygdales ; du Grec adenes.
Adeh G : À présent ; nunc.
Aden ERER ^adenierer : Apprécier en argent , vendre , convertir en de* niers,. du bien ou des marchandises;
Adbns, adûnz, adtnt : Sar tes dents , renversé , courbé.
Xi TÎex chastelaîn est tôt <uiSrif( courbé).
Adehter : Prosterner, adorer, tomber en bas , renverser le visage contre terre , faire mordre la pous- sière. Voyez Adawtier.
Adeitti : Livré , asservi , attaché , limé à prix d*argentv
Adkquer : Ajuster, égaler, ren- dre pareil; adcequare.
Adsr , aders : Un oiseau.
ADÉmi : Tout de suite j ea Pror. itdéré ; en Espag. arreo*
Anis , adés y adez , adèz, adiès, mdes, andès ; Dès , toujours, dès ce poment , à présent , sans cesse , in- fOBlînent , aussi- i6t » entsèremaot ,
À D E ir
tellement , tout à l'heure. Ce mot vient du verbe adhœrere , au part. adhœsum, duquel verbe sont venus les mots adesery adoiser. Les Italiens disent pour la même signification , adesso ; et les Provençaux , odes , udes-aro, M. de Sainte-Palaye croit que le mot adiès vient de tota diet.
Je n*ai autre retenance , F.n ainors fors de mon chant» Et d'une doice C9>p^rance , Qui odes me Tient devant^
jidanu U Bocut^
Adesa : Se joignit.
Adese : Qui est atteint de ma* hidie.
Adesee : Toucher , attoucher , at- teindre une chose élevée et hors de portée ; adhœrere ; en Prov. adeza.
Abeser ^^adesier,^ adestrer, adoi- ser : Joindre , s'attacher , allei: au secours de quelqu'un, Taider > le panser, le toucher; adesse.
Là sont les pncdes vennea , Sons la sale sont descendues Desous un pin eu un praid. Du pin descendent dut oisel , Qui les pnceles adestrrrent ,, A. mont el palais les menèrent Là ou ti Diex d*ïmors estoit.
Fab. dujitgement d'AmorK
Adeseure : Au-dessous. AuES-soiR ;. Tous les soirs«.
Et feist si froid en esteit, qa*il conrenoZ^ adès-soir au feu aangier.
Adesxre, adcrtre^adistre: Adroit, industrieux; dextcr»
Adevaler : Descendre; ad val" lem ire,
Adeviitatlee , adevinans j ade* vine y advinementj adeviniaus ; même signification que A de vin al.
Adevinal : Enigme, chose obs-. cure , conjecture , soupçon ; ^/«cV natio».
Ai>ETTSE : Ecrit , conTention » dis- tribution , partage ; dwisio.
Adextre , adestre : Favorable 9 adroit , vif, prompt ; de dextcr, dont on a fait adextrer , rendre adroit » propre , habile.
AoHEEDAifT : Adhérent, qui est joint , contigu ; adhœrens,
Adherdee : Adhérer. Voy* Ahee-
BER.
AnniRiTANCE : Investiture , in- féodation, ensaisinement ; hœreditas.
Adhériter , adhireter : Faire hé- ritier , saisir , investir ; adhœredare.
Adicte : Enoncé , stipulé ; dictas.
AnicTER : Stipuler, énoncer; die-^ tare,
Adigtioun : Indiction ; indicùo» Ly trazeime adictioun : La treizième indiction.
Adieu - coum and : Compliment dont on se servoit pour prendre congé de quelqu'un.
Adinerer , adenerier : Mettre quelque chose à prix; de denarius. "Voyez Denerée.
AoiNvENTioN : Mensonge , calom- nie ; adinventio.
Adipiscer : Acquérir ; adipisci^ Adiré : Egaré, perdu, maltraité; ndiratus.
Moalt ay le coear du ventre yré y Dont j*iiy Bel-acueil adiré,
Bjoman de la Rose, i>ers 3852,
Adirer , adirier : Déchirer, prier, conjurer, manquer, égarer ; axiirare; les rames de la barque étoient adi- rées ( égarées ). Il s*est dit aussi pour rayer ; son nom est adiré de la liste des officiers. La Coutume de Berri , titre 9 , art. a 8 , emploie ce mot pour signifier déchirer. On lit dans le Code marchand, titre 5, art. 18 et 19, lêttres-4c-change adirées (perdues^.
Adirer ouergni ; Perdre tt gftlt^
A D M
Adis : Egaré , perdu.
Adit : Au dire. Adit le vignour : An rapport , au dire du maître des vignerons.
Adjacen CE , adjancement : Chose qui touche à une autre , lieux adja- cens ; il se prend aussi pour ajuste- ment , arrangement ; adjacentia,
Adjacier : Etre d'accord, avoir des liaisons étroites , ajouter , aug- menter; adjicere y adjacere,
Adjecement , adjeiement : Aug- mentation , surcroit , accroissement; adjectio
AnjEUNER : Faire jeûner, jeûner, affoiblir ; jejunare,
Adjoub : Champ de genêts.
Adjournay : Ajourné , fixé , ar* rété , conclu.
AuJouRNER , V, n, : Faire jour; d'où est venu ajournement. Ce mot est formé de la prépos. ad, et de dies, ,dont on a fait diurnus, et de celui-ci, jour ; en Ital. giorno.
Adjoustk , adjoustement : Addi- tion , assemblage.
AnjousTKR , adjouarter , adjuster f, ajoster : Approcher , se mesurer , unir, assembler ; adjungere. Nicot le tire des deux prcposit. ad ei/uxta^ en bas. lat. adjoustare , adjustare,
AnjouTACE , adjonction : Union , alliance , conformité ; adjunctio.
AnjuRL : Adjoint; adjuncttts,
Adjulatoire : Aide, secours; ad- jutorium.
Adjuré : Qui est lié par serment; adjuratus.
Adjure MENT : Conjuration , in- vocation des démons ; adjuratio.
Adjurer : Jurer , faire serment , conjurer, prier; adjurarc.
Adjutoire, adj avance , aidance , ajuctoire : Aide , secours , secoura- ble ; culjutoriurn.
ADM4LIE& ; Appeler en justice %
/^
A D M ADO a3
accuser de mal , assigner ; admaUare. instruire , remontrer , prévenir ; ad- - Admaiveis : Amoindri, diminué ; monere , au supin admonitum,
Admonesteur , admonestor y ad^ monesteresse , admonestrercsse : Ce- lui ou celle qui donne des avis , qui fait des remontrances ; adrnonitor, Admont : Plus haut ; ad montem, Admonter : Amonceler, entasser;
de minuere.
Admenace : Voiture , Taction d'a- mener, de conduire; de tninare,
Admesuee : Fait, action , délit.
AoMEsuEEMEKT : Règlement , fixa- tion.
Adminicule : Aide, appui ; admi" en bas. lat. admontare.
mcuium, Admouzeréir : Affermer , cngran-
Administraresse , administrâtes ger, moissonner, donner à l)ail. FojTm
rttse : Administratrice , femme char- Accenser et Aomouier.
gée de conduire une maison , un Adxouzenour : Un fermier,
bien ; administra. Admuidier : Traiter , convenir ^
Adm I NisTR E R , admenestrieresy ad' s*accommoder ; de modius, vwusireury amenistreor, amenisireur. Adhérer .* Apprécier, mettre à amnester , amoditUeia; : Fermier , prix d'argent ; de denarius* régisseur d'un bien de campagne , Ai^net, adenet : Petit Adam, en- ministre ; à* administer ; en bas. lat. faut d'Adam. adminîculatory adminiculus*
Chémblo , ce dl«t U Profète , esleTent (sont
è^»oot ) et ne soyent mies toit sunt ,
mmenistreor espirit por ceos ki dolent re- ceoÎTTe réritaige de saWetelt.
Serm. de S, Bernard, fol, 3a4*
Adnichiler , anicfùler : Réduire à rien , détruire ; adnihilare,
Adnoncer , anoncer , anonzcr ^ anuncer : Annoncer ; adnundarc. On trouve dans les Sermons de S. Ber- nard \ anoncievet , anuncievct, il an- Admirable : Extraordinaire ; ad- nonçoit ; anomal , il annonce. mirabilis. Adnullier , annuUr , anuUier :
Admittrr : Recevoir, admettre ; Rendre nul, détruire, décourager; admittere. de nullus.
Admodier , admoiseneir, admois- . Adobado : Ajusté , paré. Moner, amoder, amodier, amoier , Adobamen : Accommodement, sa-^ amoyer : Donner une terre à ferme , tisfaction ; adaptatio. moyennant une redevance de cer- Adobar : Satisfaire , accorder , laine quantité de grains. Ces mots payer, armer un chevalier ; «r/rt/?r«rer. signifient aussi façonner , préparer , Adorer. Voyez Adouber. déposer , modérer , borner , s'adon- Adolé , adoulé ^riste , affligé ; ner , restreindre ; admotUare , de dolendus. ▼
modus , mode , façon , et rnodius , Adolenté : Tourmenté, passionné.
muid, boisseau.
Admoneste : Instruit, averti , pré- Tenu , rjîpris ; admonitus.
Admonestemewt , admonestiez ment , admonition , amonition : Avis, avertissement , instruction , admo- Kno'L^^^adoloreryadouleryadueil^ iUtio. 1er : Affliger, chagriner quelqu'un j.
Admor^stir: Avertir, reprendre, de dolor.
Par Les giex tôt le mont espuisent Por lor usure adofentc , Meinent gicves cresticnté £n fors anneax et en fors buies.
* Sainte Lcocade , Sy^.
a4 ADO
AnoMAicii : Endommagé, qui A souffert du dommage ; de la bas. lat. dornagium.
Adombrer, aombrer y aumbrer y enomhrer : Ombrager , obscurcir , couvrir, cacher, mettre à couvert ; adumhrare,
Adomer : Entamer, endommager; de dainnum agere,
AuoMKSTiQUÊ : Qui vit avec quel- qn'iiii , commensal , homme qui est nttn(-l*(^ à une maison; en bas. lat.
iloi/ii\st(CUS,
A MOM KSTiQUER, adomeschcr i S*at- tîichrr , s'adonner particulièrement à uiM* iiiiiîv)" » à quelqu'un, devenir pri's y ; de domu.s, C'est ainsi que de cQq::ina , on a fait s'accoquiner.
Adominf.r : Maîtriser, tenir sous aes loix : de dominarL
A DON : Don , présent ; de donum^
A DONC , adhonc, ndonchy adorées y adonk , adont , adunc : Bf)n , alors ; ad tnnc. En anc. Proy. adoncs.
AnoNiKS, ado(ùdie y adoniez : So- lemnités lugubres. Chez les Lacédé- moniens adonie étpit un air qui se jouoit sur les flûtes embatériennes , lorsqu'ils marchoient au combat ; chez les Oyecs , adonie , adonidie , ^roit une chanson consacrée à la mé« moire à! Adonis,
AitoifQUEs , ad,oncques y adonhes y pduncqucsy aoncq y aonques : Ainsi, donc , alors ; ad tune,
^DOPT^kTiw^adqpty adqpds ; Adop- lif ; adoptivits ^§doptadvus.
Ai>oROEMAR : Destiner, détermi- ner , résoudre ; ordinari,
Adorivement, ahornementy ahoitr- rtement , aornement , aournement : Parure , habillement , joyaux , orne- nient ; adomamenUim, Voyez Acci^-
WiJLVT,
A cel jor oitera nostre seîgoor les akouT' nemens dt chaaceoret , et chemise* et orfreia ,
ADO
et firmaoz et Braceroles, et mltrei » et les nhomemcns de testes , et cheines d*or et d*ar- geot , et boîstes od oignemens et ahoume" mens endorez des bras et les akournemens des Ofls, et aneux, et gemmes, pendants es frounts, et eschaange de robes et pailles et Itncens » et aghoiUes et mirours et sendals et bendes de rebetes , et pnor ert suef odour et por un cent la quorrolt , et por cfaeTtux re- certillez calvesce et por la bende du pis la heere.
Bible hist. Isaie, chap, 3, 'v, x8.
/m die Uia auferet dominus omamentum Cidceatnentorum , et lunulas et torques et mo- nilia et armillas et mitras et discriminalia et perîscelidas et murenulas et olfactorioia , et in aitres et annulas et gemmas infrontepen' dentés et mutatoria et palliola , et hntea mina et acus , et spécula et sindones et 'vitras et theristra , et erit pro suavi odorefœtor et prozona funiculus et pro crispanti crine cal' vitiuin et pro fascia pectorali cicilium.
AooRSÉ , adottrsé : Attaqué , sur- pris , assailli ; adorsus,
Adorser , adorzer : S*adosser , ap- puyer le dos , se jeter dessus ; de dorsum. Il signifie aussi attaquer » surprendre ; adoriri,
Adoubage : Raccommodage, a jus- tement , satisfaction ; adaptatio ; ea Prov. adobdrnën.
Adoubé (chevalier) : Chevalier re- vêtu de son armure par son parrain d'armes, qui étoit censé Tadopter ; adaptatus ; en Prov. adobddo.
Adouber : Accommoder, boucher , radouber , ajuster , orner , parer , Jiabiller, p^-éparer, armer des véte- mens et fermes de la chevalerie ; adap- tare; en bas. lat, ofiobtire ; en sluc, Prov. adobar.
Malt se liasterent pour lor raaus anemis , Baoul V adoube qui estoJt ses amis. Premiers li chauce ses espérons roassis « Et puis 11 a le branc ou costcl mis , En çol le ^ert, si com il ot apris.
Roman d'Auberî,
Adoucer , adouchier y adoucfUr ^ adouciery adouicer : Tr^cjuillisçr ^
AD A
piclfier, caresser, adoucir, rendre doux ; de duleis^
Adoul , adeuiUé y adeulé, adoulé, adoulié , adueiiié : Chagrin , trbte , dolent , nonchalant ; détendus,
Adoulsr , eidolorerj adouiourer, adueilier : Chagriner , faire ' de la peine à quelqu*un ; de doior,
AnouLoiR : Se chagriner, se livrer 1 la douleur ; doiere.
Adoumplul : Accomplir , tenir sa promesse.
Aoouir, adaionc: Pour lors, alors, en ce temps-la ; ad tune, AoouaER : Adorer ; adomre. AnouaiR (cours) : Ouvrir les plaids, *^es tribunaux , les audiences ; du ^erbe adorior,
Adourner. Voyez Aourner.
Adquiescer , acquiescer: Céder, déférer ; adquiescere , acquiescere.
A DR ACIER : Régler, mettre le bon ordre , le rétablir , réparer les torts , redresser ; en bas. lat. adrechurare. On le dérive de dextcr, mais il vient de dirigere. Voyez Adressier.
Adras, adres , eUtiras : Amende que dévoient les fermiers qui ne pa joient pas aux termes prescrits ; elle ëtoit ordinairement , à 3Ietz , de cinq sols Messins par chaque année d*anrérage. Voyez Estâtes.
AnaAS : Estimation de dommages et intérêts.
Adrecr , adresce : Chemin de tra- verse ; directio.
KTi%.%ct.'yL?.iHT ^adercement y adres- cemeni : Réparation , instruction , droit , justice ; directio.
Là rerge , U ceptres df ton règne, t que tu bas et ctuittie* ceb que ta eimes, est rerge À^adreeement,
Comm. sur le Soutier, Ps, 44 , v, 7.
AornECKiER : Arrêter , mettre la mw tnr quelqu'un.
ÀDU
a5
Adressea , adrener: Tenir un che* Tal par les rênes.
Adressier , adercer , tiderchier , aderâery adrecer, adrecfter, adr^ chier, adrecier, adreçoiery adrescer, adresier, adressier y adretcTy adrezier^ edresser : Diriger , et au figuré , re- dresser, reconstruire, corriger, ré- parer , rétablir , faire réussir , par- venir; de dirigcre; en bas. lat. addrt* tiare y addressare y adresciare»
Et adre<x met en dreit sentier.
Comtn. sur ie Saucier, Ps, 26, nf, xi«
Et se il a le tort , bien li adreeera, Haatement en sa court, si com il U plein.
Roman de Perceval.
Les tortes royes seront adressiées, li Rois doÎTent être pardessus pour adrechier lee torz fés. Coutume de Bemwoisis.
AoREXTRER .* Marcher à la droite de quelqu'un ; de de.rter.
Adroit : Jugement, sentence; di» rectio.
Adroit , adroite : Convenable f directe ; directus,
A loz adroit cop et adroite saison. An temps et à la saison qui leur conyieiineBt*
Adueill^, Voyez Adoul. Adueiller. Voy, Adoler , ADOir<*
LER.
Aduit , Accoutumé , porté , en- clin. M. de Sainte-Palaye Texplique par , induit , instruit.
Li graindre aneml Diex si snnt li renoi^. Quant il sunt à mal faire aduit et aroié.
* Test, de Jehan de Meung, vers €4x«
Advlater : Flatter ; adulari, Adulatif , adulativeur : Flatteur, complaisant outré, homme dont le caractère est le fléau de la société ; adttlator.
Adultérer , advoultrer : Com- mettre un adultère , dénaturer \ à^adukcnum} en bas* lat. adulterare.
%6 A D V
M. de Sainle-Palaye le fait venir de ad alterum ire , ce qui ne paroitroit "vraisemblable ; car les faux - mon- noyeurs sont nommés dans les Char- tres , adulter solidorum»
Adulterie , adortire, adoutrerie, adulteire , adulteri, adultire , advol- tire, advoultrerie, advoultrise , atlvou- tire , avoitisse , avoltire , avoultrie , ai'ouitnse, avoutere, avouterie, avou- trie y avuUerie : Adultère , infidélité ; adulteriurn,
Adum oirs : Annexons , joignons , unissons.
AnuNE : n réunit , il rassemble ; réunion , assemblée.
AuuNER , aduneir : Réunir, ras- sembler , ramasser en un tas , parta- ger , mesurer ; adunare. C'est de ce mot qu'est venu auner , en retran- chant le d,
Adur , adârë : Amener, conduire, faire venir , apporter ; inducere.
AouRCHiR : P2ndurcir , durcir , devenir dur; durescere,
AouRiî : Endurci, durci ^ duraius, AnuRER , adurrer : Amener , con- duire, apporter, aller chercher, cô- toyer, aborder, échouer; adurare. 11 se dit aussi de rendre dur , flétrir , ternir, noircir; adurere.
Adusté : Brûlé , liâlé ; adustus. Adustion : Inflammation , brû- lure , cuisson ; adustio.
AnuzALATioN : Adulation , com- plaisance injuste ; adulatio,
Advaluement : Evaluation , esti- mation , appréciation ; de vcdor,
Advéemeiït : Agrément , consen- tement d'un supérieur ; advcntus.
AovEiLLKR : Etre dolent, malade, attaqué d'insomnie ; de vigilia.
Adveiiage : Droit payable en avoine ; à^avena.
Advenamment, advenamentf ave- nament j avenamnent , avenaument :
A D V
Inopinément , par aventure , conve- nablement , agréablement , événe- ment ; (ïaihendtiHm.
Advenance , avcnance, avenancie, avcnandis€y avenantise : Convenance, proportion , décence , bienséance ; advenUùum ; en bas. lat. adyenantia.
Advenant : Poli , courtois , gra- cieux; adveniens.
Advenant (son) : Sa compétence . sa portion.
Adven AS : Paille d'avoine; à^avenc*
Advenir : Arriver , venir , surve- nir; advenirc,
Advent , avent : Venue , arrivée; adventus» Voyez Avens.
Adventif , adventice , aventif , aventiz : Etranger, qui vient d'ail- leurs ; adventitius,
Adventurer , avanturer, auven^ tarer : Faire naufrage , échouer , s'aventurer , hasarder ; advcntiirare^
Adventures , aventre : Accident > fortune , hasard ; dCadvcntorius,
Forment doiens doteir ke celé borible maU dîsous , kc li profète prict uc chacet ( tombe J ^rad^enture sor nozdeTignent,dist-U,sî cum li foens des toiz.
Serm, de S. Bernard, foL i3a.
Adventureux, avantureulx y aven-- turcus : Audacieux , qui vient sou- vent, qui survient, hasardeux, hardi, éventuel ; adventor.
Advenue , iiyenue : Evénement , approche , aventure , arrivée ; ad- ventus. S'informer de V advenue , c'est s'enquérir de l'événement , de ce qui est arrivé.
Adveques, advecques : Avec.
Advers , adversiaire, adversieres, avery averse , averser, aversier^ avrc^ sier y avresse : Opposé , contraire ; adversus, adversarius. Voyez Aver-»-
SAIRE.
Adversains ( draps) : Draps croi- sés , petits draps ; à' adversus.
A D V A D V a7
Advektakcb , ad^rtence y'aver- r<^flcxîon , examen de ce qu'il con-
tenee : Avertissement , a\is , instruc- vient de faire ; d'advisus ; et esprit ,
tion , attention , notificaiion ; d'ad- jugement , vision , apparition , idée,
•'*^'*^'*** fantaisie, songe. M. de Sainte-Palayc
AnvERTiB : Démence; adversatus. dérive cette seconde acception de la
îcriaî êtoit entaché d'une maladie d'avertie pfép. ad et de w'sio, La citation sui-
•e la teate. jyétor des CMartres de i4a5. vante qu'il rapporte , semble le COn-
ADVKRTiif , advorten : Giprice , firmer :
fantaisie , boutade , homme qui a I** *ngl« D^u ▼înt à Seynt Heleyne en avision,
P^rdu Tusage de la raison; adver^ HUt. de Samte'Croix,mss,/6L 17,
*^^tus. Advoateur : Voleur de bestiaux ,
Advertir : Tourner vers, faire «^ celui qui réclame ou reconnoît
attention , réfléchir , penser , apper- quelque chose qui lui appartient de
cevoir , aviser ; advertere, droit ; advocator,
Advespremert : Le temps de vé- Advocation , advocacie , adpo-
près , la soirée , raprés-midi ; cuives-- cassage , advoctisserie , advocade ,
perum. Voyez Vespree. avocassaige , avocassie : Profession
Advest , advesture, avesittre, ape- d'avocat , protection ; advocatio, tare : Investiture , admission dans Anvoi , advoué , avoé : Protec- une communauté , vêtement. Ces teur, avocat , avoué , reconnu ; ad- mets signifient aussi fruits pendans voccuus.
par les racines, récolte sur pied; ADvoiERiE,<z^t'o/>o/î: Bail, garde.
advesUtus, ^oy, Afpicavace et Accensemewt.
Advestir , adviestir, aviesdr : Vé^ Advoierie , advoerie , advoeson ,
tir , revêtir , investir. advoison , €ulvouerie, avoiison, at^ow-
Adviller : Abaisser , avilir. son : Ressort de la justice d'un avoué;
Adtiher : Deviner. Voyez Ada- advocamentum , eulvocatio,
▼iifiEa. Advolé : Etranger venu sans
Advineur : Qui devine. Voyez qu'on l'attende ; iπidvolare.
AuAviNiER. Advoler : Aller vite , faire dili«
Advis : Sentiment , opinion , con- gence ; advolare ; cacher , dérober »
•«il , vue , idée ; mot substantif qui couvrir d'un voile ; adveiare,
est toujours joint avec un autre. Advoquer , atlvouer , avochier^
Jd,'is m'estoit, il me sembloit , me paroissoiti ovoier, avoquer, avouer, avuer : Evo-
Vousfmt advis, U ▼ou» sembla, voiu parut ; quer, confirmer, approuver, avouer,
Ar ni est advis, il me lemble, me parolt; reconnoitre , se déclarer vassal ; ad'
// m est advis, je crois , je fuis de ce sentiment.
* • ^ vocare,
Adviséement , advisement , advi- Advortew : Boutade, mouvement
seyement , adv. : Séparément , en d'humeur qui ne dure pas. Voyez
face, prudemment , sagement, à des- Advertik.
aein ; advisatè, Aovouateur ; Qui reconnoît et
Adviser , advisier : Faire savoir , avoue de bonne foi un délit commis
délibérer , consulter , avoir égard , par ses gens ou par ses bestiaux ;
regarder, avertir ; en b. lat. udvisare^ advocatus , aclvorntor,
Advision, advisement, advisioun^ AovouLTEa : Avorter, Voy. Avo^
tubst. : Avis , consultation , opinion, Tia«f
^s8 AER
Adtottltoh : ÀTorton , qni est né ayant le temps ; abortivus.
Advoultee : Bâtard. Voyez Ayo-
TIRE.
ADYOULTKEa. Voyet Adulteeer.
Adwouson d'église : Patronage d*ane église. Ce mot yient ô^advoca'^ do • parce que anciennement les avo- cats ou avoués des églises , étoient chargés d'en défendre les causes aux plaids du comte , dans le district du- quel elles se trou voient situées ; ce mot veut dire aussi , droit de présen- tation à un bénéfice.
AilzExpLÉ : Bagage , ou le mulet qui le porte.
Aé : Age , vie de l'homme ; œtas*
Boue amors fine et reraie , Serviroit tôt mon aé.
Gosse Brûles.
Aeditue : Sacristin ; œdituiis, Aeois : £gide , bouclier ; œ^s, Aeisemens , aiescment : A Taise , aisance ; acentia; du Grec aizios, AËL : Aïeul , grand-père. Aemere : Ecrit sans date , qui n'a point de jour ; du Grec étfiéra, jour , précédé d'<i ; 'i alif.
Aemplir , aampUr ^ adëmpUr : Bemplir , accomplir , combler , em- plir; adimplere»
(%asciine justice doit mettre peine qne les f ettamens qoi ttf&t droU faU , soient tenus et mempUs.
Coût, de Beauvoisis.
Aenage : I)roit d'ainesse.
Aeneus : Aine y plus âgé.
Aente , lises à ente : Gravé , in- culqué dans l'esprit ; ii m* est à ente, j'ai cela gravé dans le cœur, je ne peux l'oublier ; manet alta mente repostum ; gésir à ente , être couché près d'une personne , élre pour ainsi dire collé, joint,
Ab& : Combat.. Fojrez ABAviEt
AER
Axa, aeir, aier, aire, airs, ar, ors, ayre : L'air, élément, respira- tion , haleine ; aer.
Sire, el ciel est ta miséricorde , et ta Terîtes en jokk'à nues, appressanz par ton jagemcnt tote U terre et les pooesteiz de Vtùrt.
• Serm. de S, Bernard, foL laS.
Aekdre, aarder, acrder, akerdre, aherder : Attacher , joindre , saisir , enlever ; adfiœrere.
A Tarbre vint isnelement ,
A srs deux mains Vaert et prend.
FahUau de VUnicome et du Serpent»
Aerdresse : Acceptation du duel» en prenant le gage du défi , adhé- rence ; adhœsio,
Ktf^i. , aérée , cèrien , aërin, aë^ reu.T : Aérien , qui appartient à l'air ; à'aereus , aerius.
Puis accidttnt en ses bateaulx marins
ï'ait tresbnolûer plusieurs gens et périr,
En exitaut hideux rens aërins
Ou Tnng ne peut à Tautre secourir ;
Et autrement il en fait tant morir
Par mer, par terre , en rilles , et en champs ,
De nobles gens, gens dVglIse et marchaus,
Qu'il n*est virant qui en pensa le nombre ;
£t plusenrs fois meurent matx et mescbaiu
Ceux qui ont par accident encombre.
La Dance aux Aveugles,
Aerxit, arain', enzin : Airain, cui- vre ; œs, œris,
Aernovel : Le mois d'août ; aer novus. Le Glossaire de M. de Sainte- Palaye récrit aernmouet.
Aerole : Cruche, fiole.
Aeronancien : Espèce de devin par le moyen de l'air.
Aeromantie , keromantie : Divi- nation prise de l'impression de l'air ; du Grrc aér^ air ; et de mantéia , di- vinatioTt,
Aerpenis ; Demi-arpent de terre ; ^arapennis.
Aers : Joint , saisi , attaché ; div Terbe aerdre^
A. EU
Akat : S'attache , se saisit ; du ▼erbe aerdre.
Aeeter : Arrêter, retenir; re^
. Abeugiheux : Rouillé , qui a du vert-de-gris ; œruginosus,
Aes , adebts, adebtZf adexy adexs: Abeille , mouche à miel ; apis.
Aes : Ais, petite planche; axis , assis.
Aescheri : Peu aimé, chéri de peu de monde ; de carus.
Aeschié : Enveloppé, amorcé.
Aeschier : Faire prendre , faire goûter; à*esca, amorce.
Aesiee : Se divertir, se réjouir, se mettre à son aise. Fojr. Aaisans.
Aesle : Aile d*oiseau ; ala,
Aesmance , easrnemeni : Opinion, estime , avis , pensée , réputation , estimation , prisée , valeur , prix ; œsdmàdo ; en anc. Prov. aesmansa,
AJssMER , aasrner, aemer, aumer, easmer : Juger, estimer, comparer, croire , penser, être d*avis ; en anc. Prov. aèsmar, azesmar et adesmar; à'œstimare. Ces mots ont été aussi employés comme neutres , dans le sens de présumer, conjecturer. On trouve dans Ville-Uardouin , ils oêy- merent qu'il pooit i avoir quatre cens chevaliers.
Ja, par I Vswart dfl remeîde, aasme la mer- v2Uoa&« graode&ce île roun péril.
Serm, de S, Bernard, foL i47>
Aesnie : Aînesse; œsnecia, œneia; usante natus.
A ESPLoiT : A propos.
Aestee : Taon , grosse mouche.
A EST aïs : A propos , à Tinstant.
Aeulee , aeuiller, aeuller : Rem- plir entièrement un tonneau , jus- qu'au bondon.
Abueee : Prier, intercéder, ado- rer , honorer ^ orare, adonuv»
A F A s^
Aez : Bon, facile , prompt à ëmon- voir, à attendrir.
Afaineue, iifanour: En anc. ProY. itfanador, qfenador ; ouvrier, cor« donnier, tanneur; a^actator^ qffac^ tor. Ces mots étoient encore pris pour manœuvre, salaire d*un journalier 9 alors ils viennent d'affanare, qffa» nagium,
Afais , avais : Oiseau ; d'aw.
Afaissae : Charger , accabler, af- fabser. *
Afaitexent : Enseignement, a^ fectation à parler , Faction de s'ha- biller, s'ajuster; affcctado et af^ fecdo.
A.rAiTZfij qfaider, afeider, etfeter, afetier, t^aicter, affaictier, qff aider ^ affeceter: Réparer, entretenir, s'ha- biller , se parer avec affectation , dis-< poser , arranger , apprivoiser , dres~ ser , préparer, raccommoder; itffèc» tare ; eu Espag. afeytar.
Et loi demandes de ce cuir quM'emporte, et TOUS dira qii*il en reut aei soliera affaitkr^ quand ils seroient dépeciés. MeritM.
Amor tet afiùùer Ces qui U font ligance.
Gosse Brtdet.
Ce mot a aussi signifié, s^instruire» ôtre instruit , savoir.
Seiguor , or fetet pais , un petit tous teaîes * S*orez bona rers nouTiaux, car U autres sont
vies, Jelians H Iilirelont fut moult bien afetiex. La Fengeance de la mort tt Alexandre g. par Jehans li Nivelons,
kYkiTii , iifedéf a/ffaicdé, affecdé : luslruit , savant , poli , ajusté ; ^ fectus.
Afanadob , qfenador : Tonte es- pèce d'ouvrier, hôtelier qui loge les muletiers et les mulets. Fo/ez Afai-
KBUR.
Afaict : Angoisse , enfant ; d'iiH fans.
3o AFP
Afàitl : Bouchon de taverne, en- seigne de cal>aret.
Afautrer : Harnacher, habiller. Voyez FÀUTEE,
Afebloiance , afflehoiement , af- foihUment : Affoiblissement ^ flexi^ bilitas.
Afebloier , afaihUdery afehloyery itfeibliry aff ailler , qffeblier , cffei- bioier^ qfflavilier : Aifoibiir , dimi- nuer , 8*affoiblir ; adflexlhilem sta- tum venire ; flectere»
Et dist qu*!l est etsonïez , Car vieux est et afebloiez»
Rpinan de Dolopatot,
Afeltre , aff autre. Voyez Af au- tre a.
Afemmir : Devenir féminin ; de /emina.
Afkrir , iifferir, i0îerir : Conve- nir , appartenir à quelque chose , im- porter , alléguer , proposer ; à^etf" ferre.
Affiert moût que les riches homs apregnent lettres. Assises de Jérusalem , chap, 5.
Aferisint : Convenant , propo- sant , alléguant.
Afermer. Voyez Affermer.
Afester : Donner une fête, un festin, régaler; àefestum,
Afetardir : Ralentir, retarder, devenir plus lent , amollir, énerver; de tardere,
Afeuber , afeublen Voyez Af-
FEUBER.
Afeuler, qffuler^ iifuleri Coiffer, mettre sur la tète quelqu*espèce de coiffure ; dUnfula. Voy. Afublbr.
Afeurer. Voyez Affeurkr.
Affaictement : Enseignement ; fffectaùo. Voy. Afaitement.
Affainhur , ajfanour : Manœu- vre, ouvrier. Voyez Afaineur.
Affaiteur : Flatteur , affecté , liorome qui vit aux dépens de celui <|ui l^écoute 3 qffectaior. •
AFF
AsFAiTii , affaitiés : Instruit, fin , rusé. Voy, Afaitie.
Affaitier. Voyez Afaiter.
Aff AN : Intelligence, entente, pei- ne, chagrin , fatigue , travail , effort. Voyez Au AV.
Affar : Ferme, métairie; affarium.
KvtkKts : Dépendances d'un fief, redevances en grains ; de/'ar, Aff^ AGE : Démembrement d'un fîcf.
Affeager : Donner à féage , en fief; inféoder ;yîV/e//i agere,
Affebloyer. Voyez Afebloier.
Affectiohement : Attachement , inclination ; affectio,
Affectionnement , adv. : Avec amitié , affectueusement.
Affeloner , affellonery etffollonir: Fâcher , irriter , mettre en courroux. Voyez Fel,
Affi^rage : Prix de marchandises fixé par une autorité supérieure.
Afferance : Rapport , produit.
Afférente (part) : Part qui re- vient à chaque héritier.
Afferer , ciferer y ajferir : Etre sortabie , convenir , appartenir , res- sembler , être conforme ; à^affere , affïrere ; il qffîert^ il convient ; d'où est venu , affaire.
Affermance : Assertion , affer- missement , affirmation ; affirmation
Affermer , aframer : Appuyer , étayer, consolider, affermir, affir- mer; affirmare.
Et Oride même afferme ^
Par sentence e&prouvée et ferme.
Boman de la Rose,
Li Sarrazin requistrent tantost le Roi Loya qn^il affermât les trires qu*il avoit ^rizes au Sondant.
Ann, de S, Loys.
Afferue : Proportion , ordre , règle.
Affessir : Se lasser, s'appesantir; àefessus, las, fatigué.
ATT
AwrvràiWfj remuant, turbulent, alerte ; affectatus.
Affster : Fouler, mettre les draps en presse \ affeciare,
Affeuber , qfeuhlery afibler : Se couTrir , se revêtir d*habits ; qffïhu- lare; c*étoit mettre une sorte d^habit ou manteau qui s'attacboit avec une boucle ou une a-grafe^/ïàula , comme iont Ifs chappes d*ëglise.
Affeueage. Voyez Affor.
Affeurer, i^orer, aforer: Taxer, estimer , mettre à prix ; de forum ^ raarcbé ; dans Cotgrave il signifie , fournir de paille.
Afpiàce : Assurance , confiance , sûreté ; qffirmatio.
Affi AILLE, affiance : Fiançailles, promesse de s'épouser , foi , con- fiance ; d^i^dare,
Afficâvage : Certain bail à cens ; afficavagium. En Italie on affiche les maisons par ces mots casa a affitar, Toy. AccE2isEMEifT et Advoierie.
Affiche , ajfihley f^ficluiily affic- que : Epingle, boucle , agrafe \fibula; en bas. \slK. fur.ula.
Afficher , affichiery tifflxer, af" fnuchier : Affirmer, certifier, s'ap- pliquer , se confier ; affirmare. Ces mots signifient aussi ficher , planter, clouer , fixer , arrêter , appuyer, po- ser , affermir , graver , imprimer , appliquer; à^a/fïgere*
Gans à brochet de fer , li fist on apporter, Kt rîchcs bacincts U fi«t on pour jouster Es estrieri %* affiche, bien se fist regarder.
yie de Bertnmd du Guesclin.
Affictement : Bail à cens, louage, fermage. Voyez Accewsement et Afaitement.
Affictions : Affiches , publica- tions par écrit. Voyez Afficher.
>^FFIENSSER : Fumcr les terres.
ArrisR : Compter sur quelqu'un.
AFF 8i
promettre , assurer , toucher , inté- rosser, fiancer , épouser , donner sa io\\fidem qfftnnare, c^darcyfUlere} cela m'affiert : cela me touche.
Salehadins li rrspondî. Bues , TOUS le me aferez Sur Tostre foi que revenrex.
Ordène de Chevalerie,
Apfierer une femtne : La bien habiller , la parer ; il signifie aussi atteindre, comparer. Voy, Afferer.
Affiert : Il aj.parlient, il con- vient, il faut. Voyez Afferer.
n offert qn^il y ait paix et union entre U Roj d Angleterre et moi.
Jpinville, Fie de S. Louis,
Affi^s : Parens, amis, étrangers qui prêtent foi et serment à un autre prince que celui dont ils sont nés su- jets; affidad.
Affin : Voisin , parent , allié ; affinis.
Affih , conjonc, et adv. : Totale- ment , en entier.
Affin , subst. : Fin , terme ; a^ finem , affinis.
Affiner : Joiiidre , unir, exami- ner, finir de compte, terminer une affaire ; il signifie aussi faire taire , fermer la bouche à quelqu'un , as- surer « soutenir , affirmer , duper ; finire.
Affiner , affinir : Blesser , tuer , mettre fin à la vie , livrer , abandon- ner ; finire,
Aohiles le prenx combatablcs, Avoit esté si destines Qu'il ne pooit estre affinez. Fors par la plante seulement.
Ovide , mu.
Affinas : Semblable, pareil, con- forme.
Affinir : Terminer une chose quelconque ; adfinem venire,
Affins : A la fin; adfinemn Voy. Affii^s.
32 A F *•
ÀFriQUE : Boucle, agrafe , anneau , affiche ; fibula,
Affiquets : Chiffons, parure de femmes,
Affistolee : Tromper , piper , être rempli d*orgueiI ; de fîstula , flûte , pipeau , sifflet. Les Italiens ont dit au même sens fistola , d*où le ■verbe composé affistoler ^ propre- ment , piper, contrefaire avec un ap- peau , sorte de sifflet , la voix des oiseaux , pour les faire tomber dans les filets. Af. de Sainte-PtUaye.
Jffistolerdi signifié dépuis : Se parer^ ae mettre en habit àes dimanches.
Affistolkz , affUtoleur : Persif- fleur, railleur, trompeur ; et depuis, un orgueilleux , un homme vain.
Afflat : Souffle ; qffTatus,
Afflater : Caresser, aduler, fa- Toriser , souffler ; offTare.
Afflavilikr : Affoiblir , rendre foible y devenir foible. Voyez Afe-
SLOIEE.
Estre ensoiniet cntor U ciuuuuod de ion cffiwiliet cors.
Serm. de S. Bernard , fil, xgo.
Affli , affUct , qffUs , affUsc , 4xfiU , asflU : Affligé , abattu , ren- versé ; affUctus,
Affije , qffUery affluer : Abattre , accabler , chagriner , inquiéter , châ- tier , punir ; qff'ligere et qfftere,
Cum longement «erat-je tormentf ii en tra- vail , eu dulor et affiiez de mort tote jor.
Serin, de S. Bernard, fal. 189.
Afflixion , affliction , a/licion , aflicdon : Génuflexion ; de/lejcio.
Doit ettre vestu coui.Diaque,U teste det-
dievelée et là ft*apoië en afflixiont
jusque» a tant qae le Te Deum laudanuu soit diaiité. Jdf». de Jérusalem , foi 190.
Après li est cène ( tombée ) as pléi Moalt crémeuse de ses peldés ; Après li fait affliction, lU^quiert U m Benichon.
yiu des Saintt,/ôL 6s«
A F F
Affoee : Faire du feu ; qffocare* Affole , affolié, qffoUé : Biesié« meurtri, estropié.
Qui haut a pfise sa rolée, £t qui u'a l'oele affolée. Se doit tellement maintenir Pour sa Iiautesce retenir.
Le Die de r Aigle , par Jehdn de Condeit,
Affolée , qffoà'er, affoler, qffol- ^^9 offoloicTy qffouler, afolaàr, qfo- 1er y afoletir : Blesser le cœur, devenir presque fou d*amour , rendre paar sionné , perdre Tesprit , le sens.
Dictes hardiment que XaffoUe, &• je dj huy autre parole.
Pathelin,
Ce mot signifie encore faire enrager, nuire à quelqu*un , causer quelque dommage, détruire, perdre.
Qui narre autrui ou affole , il lui doit ren- dre ses damages.
Coutume de Beauvoisis, ckap, 3o.
Enfin ce mot veut dire estropier , blesser de manière à ne jamais pou- voir parfaitement guérir. Les loixpu- nissoient bien plus sévèrement ceux qui €iff'oloient que ceux qui blessoient; en bas. lat. iiffolare. Ce mot , selon M. de Sainte-Palaye , pourroil venir de Fancien Gaulois , folUs. Voyez DucAifGE , Gloss» Lat,
Affoleuee , affolure : Blessure , meurtrissure ; au figuré une amou* rette.
Affollonniee : Irriter , mettre en courroux. Voyez Affolée.
Affou DRER , affonder, afondrer : Plonger, enfoncer dans Teau , absor* ber, couler à fond ; Aefundus.
Moult Teissiei liamas floter , Homes noier et afondrer.
Roman du Boa,
Affor , affeurage , ajfeuraige , tjffoir, affaire, qfforage, afforaige.
I
ùffbrv, ijffbrt : Droit quW seîgttenir mettoit sur les boissons et les antres denrées, fixation dn prix des denrées; 4iffbtagiufn ; dt/brum,
Affo&ain : Étranger; Ûe/bni.
Afforant * Appartenant.
Afforcer , wfforùer : Renforcer, faire effort , forcer.
Afforexent : Estimation de tk- leur , augmentation de -valeur ; de forum, Yoyex Affor.
Afforer , qffeurer, qfuere .* Jfet- tre à flenr et à prix , taxer, acheter ; et percer , mettre en perce ; en hAs. lat. qffbrare.
Affouage, cffouti^ment^ e^outd- ge : Droit de prendre du bois dans une forêt pour son usage ; qffbca^ gium; de/bcus,
Affovaiûer : Marquer le bois qui doit être coupé ; en bas. lat. qffbgare,
AFFOucnixa. Voyez Afficher.
Affoochis : Solle de chasse aux oiseaux , qui se fait la nuit à la clarté du feu.
Affoukr , affouir^ affbuyér î S*en- fnir , abattre , accabler , accourir , Tenir protoptement; d'affluere^ tif" flere.
Affouer^ affoer^ afoier t Faire du fea^ rallumer ; affocare; àe/ocus,
AFFOtJLER D*ENFAHT. FoyCt KyOh TIRE.
AffotbIoter : AffoibUf. Voyez Afebloier.
Affots t Promesse , engagement ; de fides.
AFFmAXCdiR : Donner un état libre, rompre les fers ; vincula/rangere; de- là les mots franc et franchise , formés dtfractutn , participe de frangere,
Affratriment : Stipulation qui règle les partages entre les enfans nés de différens mariages , comme s* ils étoient du même lit.
Affrs , qfrt, kqfre, offre : Epou- I.
kiPV 33
Tante, effroi, terreur; en bas. lat. qffraiamentum; et criminel, brigand ; i^er, africus ; en Angl. t^raid, qui a peur. M. de Sainte - Palaye croit que ce mot est l'expression imita tive du son fre , produit par le mouve- ment naturel qu'on fait dans le fria- son , le frémissement.
Affréer : Effrayeif, frémir, faire du bruit en frémissant ; ûffremeré.
Affrester : Tenir à un frès » lier, attacher, équiper, former une entre- * prise.
AFFlitCAirT , affreqUan , aufrican , aufriquant : Africain , qui est d^ Afri- que ; a/er, africus, africanus ; au féminin ces mots signifioient bêtes féroces , tigre , léopard , panthère.
Affrioler : Attirer par de douces paroles , de beaux discours , de belles promesses. Voyez AffIstolèr.
Affronter : Blesser, Casser, rom- pre , briser entièrement , assommei*} choquer, hetirtef ; à'àffrangere.
Haucf Teipée et paît fiert Honte « Tel oop qn*è poi qa*il ne Vafrontê f Honte en fu trestote estordie.
* Roman de la Rose, vers i5gi^,
AFFROiftER 9 affronteut :. Effronté f fourbe , insolent ^ trompeur.
AFFUBLi^Ek : Cacher sa tête sous un voile , coiffer, couvrir > infulare; en bas. lat* affibulart,
Affvblement : Habit, vêtement, voUe de religieuse ; in/ula,
Affuir , affouir : Accourir, se ré- fugier, fuir, s enfuir; d*affluere et de fugere,
Affuitier : Construire, bâtir; de /ustis , bots.
Affuste , afustis : Mis à l'affût , à la découverte ; de fustum,
Affuster , affusester , afuster : Présenter un bâton ou une arme à quelqu'un pour se battre avec; lui ; le r<\ffuster, c*est le battre , mettre à
6
Î4 ^ FR
Taffût , mirer , viser , ignster ; de /ustum,
Affutaigie : Ce qa*an compagnon payoît aux maîtres on à ses cama- rades pour sa bien-venue.
Affûteurs : Témoins.
Affutiau : Bagatelle , chose de peu de conséquence.
Arf T 9 €^i , qfis : Confiance , assu- rance , fief ; 4^ fides,
Afi .; II affirme , il assure, il té- moigne.
Afiblkr. Voyez Affeuber. Aficser , cfichier. Voyez Affi -
Afidàe : Prêter serment de fidé- lité \fidere^
Aftee : Affirmer , assurer , certi* fier ; je vous qfie , je vous assure. Voyez Affiee.
Afilhàmevs : Adoption y choix ^ action de recevoir ou de prendre par adoption \ ^^Jllius.
Af]isqueu& : Celui qui anime une personne à faire quelque chose.
Aflac :'£n abondance, à foison.
Afoer , qfouager, Voj. Affouai-
Afoi : Ma foi ; de fides.
Afolee. Voyez Affoler*
Afollaxen : Détriment , dom- mage y préjudice.
Afouder , tfondre» Voyet Af- roniHiLER.
AFRANQtfiR : Affranchir, donner la liberté , rendre libre ; àefirangere WFicula. Voyez Affranchir.
Afre : Frayeur , épouvante \ ef- froi.
Afre , afrou : Laid , affreux, épou- vantable. Voyez Affre et Haffrb.
AFRiàvoLiTS,^;^'^'''^^ ' Affoiblî.
Afriee , Aiffrique , Aufrique : Afrique , du mot tcnhe aphroÂ- , sé- parer i etk Lat. Africa^
A G A
Afrit : Ardent, acharné , avide.
Afruiter : Fructifier, rapporter^ produire du fruit \ àefi'uctificare.
Afublé , tifeuhlé y qfible , qfulé : Gi^rni d*Hne agrafe , couvert, revêtu, coiffé ; de fibula.
Afubler , afeiiler^ c^èubler, cffu" 1er : Agrafer , attacher , fixer , vêtir, couvrir, revêtir, habiller, coiffer^ ty^bulare , de fibula ; en anc. Prov. %^€ifusta y s'ajuster , se parer , se ma- niérer.
Afubleure, affeublage^ affublage, eiffublement , (rfulcure : Manteau., vêtement , coiffure de femme ; df fibula ou àHnfula.
Afuhder : Tarir, épuiser»
Par Bw lobe entasse et amasse Cranx trésors en tas et en masse, Qai ne pnet por riens afunder,
* Roman de la Rose, i^ers x i987«
A«A , agua : Voyez un peu , re- gardes ; du Grée agao ; en Prov» agacha.
Et qn*est cecj? est-ce à meshny (malheor)^ Dysîble y ait part î ùga mit\ prendre?
PaihelÎM^
AoACE , agacette , agaeke, agaciep agasse , aiguesse , aiquiaisse , aj'ace r Espèce de pie qui a les plumes plua noires que les autres. Gesner, dan» son Histoire des- Animaux , le dérive du Grec aigastra; en bas. lat. aigaiia;, ^ en bas Bret. tigaez; en Ital. gazza ; en Prov. et en Langued. agasso ; eu ^ Poitou Ojace^^ et en Picardie agadic
Agacer , agacier, agasser, aga^ ^
tier, agaser, é gazer ^ esgacer : Que- ^
relier, exciter à badiner ou à que- |i,
relier , provoquer, harceler, piquer, ^
irriter , aiguillonner ; à^aeuere, ^
Agacies, agachies : Religieux dont
rhabit étoit blanc et noir , par allu* f
sîon a la pie qui est de cette cou- v
leur. Le pape Grégoire > dans tùk «
ÀG A.
tenn à Lyon en 1273, snp-
•or ordennnent par le conseil des • et frères meneurs » si corne li frères et U frères ans sacs , et tuît li ly^tre »ient rente.
■on. àe France , citées par Ducange , au mot Fratres Pyes.
[:tKs 9 agaciSf tigassinsj Cors
!nnent aux pieds , durillon ,
é.
15. Voyez Achats.
iT 1 agaist , agaitance, agttaît,
, aguet y aguez p aweit: Sublh-
rprise , artifice , pi^g<^ 9 embû-
; âne. Prov. agcUt, embûches.
t qui furent anuyes d*esrre illuec en tst si lon^aement , tssirrnt hors. n-ad. de GuiiL de Tyrjol, 36, 1»°.
fTER , agaister y agkaister ^ rr, aguestrr : Examiner a^ec >n pour surprendre , tendre n^es , en vouloir à quelqu'un , 'r, épier; à^acaere. . : Canal , conduit ; à^aqua. .1 : Devenu dur , calleux ; de durillon , callosité. .lE» : Aiguillicr , faiseur d*é- ou d'aiguilles ; à\tcus, acuitts. .LocHR : Bois d'aloès » bois rant ; agaUochwn. f : Encan , lieu où Ton vcnd^ lement ; de quantum. >u , agqual : Canal , conduite fontaine , égout , abreuvoir, ►ir ; aqualis , sîve aquarium, nAifciK , agalancié : Rosier e , églantier.
açoniiEE : Traiter quelqu'un *on au sens de débauché , de f^ofez Garcbon. ED , agarde , égard , egarz ,
VoveZ ESGAE.
KDEE , awarder , ebbarder,
ESCAEOEE.
&DS : Observé , examiné , vu.
ESCABDCR.
AGE 35
AcASSE : La pie , oiseau connu par son babil. Koyez Agace.
Agassi N , agassis. Voyez Agaciks.
Ag ASTER , agasder, agastir : Dé-^ vaster, ravager, piller, saccager, dé- soler, endommager, g&ter, corrom- pre ; en bas. lat. guasiare, de vastare,-
Agastis , agads : Dégât , dom- mage fait ou causé par des bétes ^ vastado.
Age , nage , aaige, aé, aez, aie, aige , oiVe , eage, ecdge : Eau , aqtiai d'où est venu, je suis tout eh €ige, et non pas tout en nage, pour expri- mer qu'on a très -chaud. Ces mots signifient aussi , temps ,' siècle , âge , durée de la vie , jeunesse , majorité , vieillesse ; à^œvum et œtàs; vivre peur aage, vivre longuement; -vivre aages, parvenir à l*âge d'homme ; qige ber^ niïy âge viril ; œtas viiiîis; àige en^ tendauie y Tâge de majorité i ' ((i^ff enfandly l'enfance ; estre en son aage^ être majeur ; edge leal , légidme , plein, piaffait, de difcrédon; plàin aage, Tâgc mûr. Voyez Eau,
D'une part II tint la coronne
Li ror» Henryi par son lioinmage.
Et criuit TÎrez par aage (longuement).
GuiU. Gaiart, /oLiS.-v^. paHùdLdu couronnement de Phitippe-Af^t^te.
AcEER , aager , aagier , eager r Emanciper, déclarer majeur.
Agencement : Le douaire d'une femme à la mort de son laari ; en bas. lat. agendamentum. Se dit aussi de » proportion , convenance , agréaient , grâce.
Agbver , agehir : Gêner*, être k charge , offenser , insulter , mettre à la gène.
Agenoiajlleement , €igeloignQns p agenoîdUons : Prosterné , à genoux , suppliant ; geniculatus,
Ag enoiller, adgeloingner , âge . loigner, ageiougner, ngehoilUef :St^
36 A G II AGI
mettre à genoux , tomber à genoux ; qu*à telle époque on livrera sa niar«
en bas. lat. a^eniculare. chandise , et Tacquëreur son argent;
Agensee , iuUancer , ageancer , et si Tun des deux manquoit , Tau-
agencer, agencier, agensir, ajanctr: trc peut avoir recours à la justice.
Arranger , unir , joindre , placer , pour faire tenir le» conditions du.
poser , ajuster , composer , disposer « marché.
préparer , accommoder. Martinius le Agr aï steb , agheiter : Faire acquit»
dérive de jticere. observer le jour du terme convenu
AoENTia : Rendre gentil , embel- entre les parties pour livrer , et ne
lir, parer, orner. pas le laisser écouler, pour ne pas
Agée , aggere , agrere , agrier : perdre son recours ; â^acquirere.
Droit de champart , ter rage , champ. Agi aux , agiauLx , agios , agiots ,
terre labourable , rempart , digue , agyos : Joyaux , bijoux , colifichets «
levée ; âgrr, agger, choses de peu de valeur , commo*
Ages : Chemins , détours , pont ; dites , aises , démonstrations de piété»
agea , ageia, d'amitié , exclamations , reliques ou
AoESiE : Accoucher. Voy. Gesie. ornemens d*église. M. de Sainte-Pa-
Agglutinée : Enduire de glu, col- laye , et avant lui le Duchat , tirent
1er ensemble , joindre , unir , atta- ce mot de Thymne Agios 6 Theos,
cher ; aggiutinare. Agie : fiois , forêt , haie , branche ,
AooRAiER , agréantir, agreveir : pieu ; en bas. lat. agia.
Agréer , consentir , accorder. Aoii, : Agé , qui a l'âge , majeur^
Aggeappee , aggrapiller^ tigrap^ très- vieux \ à^œgiado , majorité ; for»
peir, agripper : Prendre avec force mé à'œvitas.
et vivacité, accrocher, saisir, agrafer. DoncnepotToîtnnUdire.t«ntf«.teiiUiig«gî«,
Si auçoM g«il wîf'nnent à oU por ol». à En com grant redeyance liomt estoit «igagiex,
Soscorre*, sî plongent enacmble ok , ceo» k'il* ^ar de cent mUe mondes n en paiast les a^i,
puyent agrappeif, ^« *« ^ ^»*« mëisme ne s i fnst ostagiec.
Semu de S. Bernard, fil. a. * ^^'^' ^ •^•^^^ ^ ^«mg.
Voyez pag. 9 de ce toI. la méaie citation y
A^OEEAlfT : Consentant. telle qu'eUe se trouve dans le Codicile éi
AOGEESSB , adgresion , aggresse^ ^«'«n de Meung , publié par Lenglet Dn-
ment, aggresseure , aggression : As- ^''V"?y-J?°.*»* ^'* 'n>ét^ '*^*'^"; "^"«^
^^ ' > t>o •11- ▼o»*' l» diffirence qu d y a entre celle d«
saut, action d assailUr ; aggressto ; en Lenglet Ddfrespoy , et celle de M. M • • •.
bas. lat. aggressura, " a T>t
^° Agibes : Déii'agemens , issnes i
kooK^y%K,agrav€r, agréger, ogre- ^^^^g^^^^g ^ * '
gier, agréger, agriever : Appesantir , 1^„„^ ^ j^,,, ^^,,^ dehors ,
charger, surcharger, accabler, fâ< agiter ; /Victo/Y-.
cher , peser , casser, rompre ,bnser, ^^^^.^^^ ^^ ^^^ ^ , ^^^
engraver; de gra^u s en bas. kt. ^rand-père; d'apu. et avitus.
aggravare» Acieonke : Environner. Fojrez
Li corps qnî comunpanles est , agrievei aiai AcAl NnEE.
rAiurme €t si la fait laisse et perexouae. *AciTATEUE : Commandant d'un
Serm. de S. Bernard, fiL a6i. régiment , conducteur ; agitator.
Agh Aïs : Acquit , acquisition faire Agiz : Tours et détours d*un«
mn sutrché à aghais, c*e9t convenir maison j[ en bas. lat. ageap
AGR
ir ; Gland , fruit du diéne » i mer , poisson ; glans. IITHIE& : Eglantier , arbris- »sier sauvage.
TBK : Suspendre , accroclier. I* y agnels, agruel, aigneax, ainel, aingnel , aingniau ^ anel : Un agneau ; agnelius , )n disoit au plurier, aigneujc, c , des agneaux.
one amie ot le prettre, Testoit et bien et bel, ;ote ot et bon mautel, eus peliçons bons et bians » Vftcoirex, Tautre à^aingniaus, i riche toitsu d*argent , lasez parloieot la gent. bL du Prestre qui ot mère à farce,
L, : André , nom propre ; il aussi , d*une petite monnoie
frappée sous S. Louis , et 'ésente un agneau. LE a , aingneler : Mettre bas :au; en Prov. agnela* LET : Anneau que Ton met ;t , petite bague , animlus ; neau , agnelius, XIV. Voyez Aignelins. ÎBS : Nqm propre , chaste ,
du Grec agnos ; en Latin
A : Rigole pour l'écoulement
L ; aquarium,
ST , €igalf agot, agout, agout-
yuje y aigout : Canal > évier ,
^gout ; en bas. lat. agotum,
rsTAL : Vaisseau à puiser de
n bas. lat. agotaUum.
7STER , agouter , agoutter :
3uler Teau , dessécher , faire
r; agoiare ; en Prov. agouta.
fSTKB : Goûter, prendre goût
hose; de gustus.
7STER , agouter , agoutter :
ter , faire dégoutter , faire
r ; de gutta»
kC0ia , agrachier : Rçndre
AGR 37
agréable, perfectionner, gratifier, récompenser, obliger ; graificiurL Ag&agier : Blesser. Voyez Acaa«
TAHTEE.
Ageailir , agrelir, agreUer, €tgres^ lier y agresUr : Rendre ^éle 9 fin , menu , délié , affoiblir , diminuer ; àm gracilis.
A grailler , acraiUer : EraiUer , étendre , rendre fin , effilé , délicat.
AoRAiNEia : Bien rapporter, pro- duire beaucoup , bien grainer ; de granum, *
Agraphivbr : Prendre, saisir, ac- crocher ; de graphium.
Agrassolier : Groseiller ; en Prov. agrassoulié,
Agr AYANT : Renversé , jeté bas , appesanti ; aggravatus.
Agravaicter , accraffonter, accre~ vanter , eiggravanter , agraventer : Agraver , renverser , abattre , jeter bas , ruiner , détruire ; aggravare.
Agréante R .: Agréer , plaire , être au gré de quelqu'un.
Agreation : L'action d'agréer, agrément , approbation , consente- ment ; de gratum,
Agrecement , agressement : Sai- sie , vexation ; aggressio,
Agrefper : Prendre , se saisir. Voyez Agraphiner.
Agregier , agreigier : S'appesan- tir sur quelque chose , se trouver plus mal , supporter avec peine ; ag- gravare ; en ancien Prov. agreviar , agreujher.
Ta Teangheance est tigregiie «ur mei. Comm, sur le Sautier, Pi. 3i , 'verset 4-
La croix estoit mite derant son lit et deyant SCS euK ; laquele i fu mise par le «ommande- ment du sainct Roys méesmes , quant il com- mença à agregier ( à se trourer plus mal ).
Joinville, Vie de S, Louis,
Agrehikr, agrelier, agrelir, agret- lir, agreslier : Atténuer, affoiblir»
3.
38 A G A
rendre grêle et menu , diminuer ; gracilescere.
Agubiânsa : Aigreur « irritation ; acritas. Voyez Agrestie. - Ageemeht : Vivement, fortement, firdemment , vigoureusement , rude- ment; acriter.
Cette char nele de pechiet, et en
pechiet iinrie est moU plot comimpae
par sa malTaiie costume. De cea vient cea k*ele si agrément encurist (convoite, conçu- piscit) en contre respîrit.
Sermons de S. Bernard, foL 3ag.
Agbbmie : Bruire , appréhender , redouter, craindre; tremere,
Ageeke : Petite prune sauvage, ou prunelle.
Ageeiiet : Aigrelet , âpre , pi- quant; acer, acris*
Ageeou : Èrief , sujet de plainte , aigreur ; acritas,
Ageee , agrere , agrier : Cham- part , terrage , espèce de rente ali- mentaire ; agrariurn. Voyez Agée.
Agreste , agrieste : Rustique » rude , grossier , âpre ; agrestis.
Agrestie , agrieste : Rusticité, ru- desse ; didgresta , acritas,
Agrestissement : Affoiblissement,
Âgrevee : Fouler , abattre , gre- ver , presser , faire tort ; en Prov. agreviar; à^aggravare.
Car bien le scevent tos K sagea
Qu*il (l*us«rier) se norrist 4*otruI domages.
Dont ocun agrévé en est.
Le second Renard.
Agricole : Laboureur ; agricola.
Ageiee (droit d') : Droit de ter- rage ; jus agri; en bas. lat. agrarium.
Age 1 ES té : Dureté , âpreté ; agrestis y acritas.
Ageivee : Etendre les griffes, égra* tigner , enlever de force ; en bas. lat. agrifare ; de graphium,
Ageimensation : Arpentement , .mesurage ; agrùnensatio.
A GIT
AokixKvsEujL : Arpenteur, homme qui mesure les terres ; agrimensor.
AGRiifCEE (i*) : $*ennuyer; œgrè se habere,
Ageipade : Une poignée , un coup de poing.
Agri PEUR , agrippeur : Mâtin , gros chien ; au figuré , un homme qui dérobe.
Agruter : Oter, ravir; en Prov. agruta.
Agu , agus , csgu : Aigu , pointu » affilé , perçant ; acutus ; en Prov. aguzo y agus ojrls , yeux perçans.
Agu AIT, agaist y aguayty aguet, aguiet : Piège , embûche , subtilité'; agtiaitum y gueda y gueta ; d*acuitas,
Sos plantera est proprement li ttguez qv« Tcn fet az pies de l*oine por Inl fere cheeir.
Comm, sur le Soutier, Ps. 36, verset 5i •
Aguchee , aigucher: Rendre poin- tu , affilé , perçant ; acuere.
Ague ; Homme subtil , fin ; acutus.
Aoué : Un auvent de boutique.
AouEROCREE , ogorùcher : Cha9* ser, expulser.
Agi; ET, estre d*aguet ou en aguet : Se tenir